Force est de constater que les COP se suivent et se ressemblent d’une année à l’autre aux quatre coins de la planète. Avec toujours, in fine, un bilan famélique et indigeste à présenter aux citoyens du monde lorsqu’il s’agit de la conclusion de ces travaux. Alors que les scientifiques ne cessent de brandir à bout de bras le spectre de l’Apocalypse, dossiers explicatifs à l’appui, qui nous attend dans un avenir proche, rien n’y fait du côté des états. Leurs dirigeants demeurent stériles et obtus quant à l’efficacité de leurs politiques en matière de préservation de la nature et de protection de l’environnement.
Malheureusement, le rendez-vous polonais de Katowice n’aura pas dérogé à la sempiternelle règle de l’échec perpétuel. Un de plus, me direz-vous ! Au moment même où les mesures incitatives en faveur de la transition énergétique, voulues par la France, ont volé en éclat, et ce de la manière la plus radicale possible, impulsée par le mouvement des « Gilets jaunes ».
A l’est d’Eden, quoi de novateur ? Peu de choses de palpable, en vérité ! Quelques décisions ont bien été décidées lors de ce symposium international qui réunissait la bagatelle de deux cents pays. C’est-à-dire la quasi-totalité de notre monde dit moderne et civilisé. Mais, au bout du compte, et après deux semaines d’intenses négociations et de maux de tête évidents, la vingt-quatrième édition de la COP s’identifie à une montagne ayant accouché d’une pauvre souris.
Pourtant, plusieurs délégataires souhaitaient de nouveaux engagements en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Mais, le flux imposant de réunions s’est transformé en rendez-vous soporifique où les bureaucrates de tout poil s’en sont donnés à cœur joie dans leurs attendus techniques définitifs.
Que retiendra le citoyen lambda de ces pérégrinations intellectuelles qui leur passent au-delà de la tête ? A coup sûr, à peu près rien. Les tergiversations subtiles sur le mode applicatif des fameux « Accords de Paris », arrachés de main de maître par notre président de la République, s’engluent autour de sabirs administratifs et technocratiques incompréhensibles pour le commun des mortels.
Laconiques, les instances suprêmes de la Convention des Nations Unies ont même déclaré en substance au terme de ces travaux que « des détails devaient être encore finalisés, voire améliorés, avant de pouvoir mettre en application lesdits accords… ». Sic !
Pendant ce temps-là, la Terre se meurt. Se consumant à petit feu. Un état de fait allègrement entretenu par des pyromanes, clairement identifiés qui agissent en dépit de tout discernement et de raison gardée. La Chine, par exemple, représente à elle seule 28 % des émissions mondiale de Co2. Les Etats-Unis caracolent dans le peloton de tête avec ses 15 % de rejets de gaz néfastes à la santé de notre monde. L’Inde avec son milliard et demi d’habitants tutoie les 7 % de pollution régulière. Quant aux vertus engagées par l »Europe, enfin, elles n’ont d’innocentes que le mot. Le Vieux continent rejette plus de 11 % de gaz assassins dans l’atmosphère.
Deux cents nations, nous l’avons dit, prennent part aux travaux réguliers de ces COP qui ont au moins le préalable d’exister. Même, si, sur le fond, elles ne servent pas à grand-chose. Or, seulement 16 pays tentent d’appliquer des mesures protectrices à l’environnement et en faveur de l’humanité. La France intègre ce club très hermétique où peu d’états aiment à se retrouver.
Cependant, une interrogation se fait jour alors à nos esprits bienveillants : que faut-il faire réellement pour que davantage de nations rejoignent enfin le concert de ces pays, soucieux de sauvegarder notre environnement naturel ?
Est-ce que la parole de la jeune adolescente, originaire de Suède, du haut de ses 15 ans, Greta THUNBERG, militante écologique dans l’âme, servira enfin de détonateur auprès des chefs d’Etat pour enrayer la spirale infernale ?
Son intervention, à la limite du courroux à la tribune de cette 24ème COP, demeurera à jamais dans les annales de cet évènement planétaire. Et un exemple de rébellion à diffuser parmi tous les cénacles de la politique politicienne.
Accusatrice, faisant abstraction de toute indulgence envers ces adultes irresponsables que sont les chefs d’Etat et les puissants lobbyistes d’un ultra capitalisme devenu dangereux pour la survie de la planète, la jeune fille a jeté son fiel amer sur ces femmes et ces hommes, puissants et coupables à ses yeux, des pires dégâts occasionnés à notre globe depuis plusieurs décades.
Le message de la jeune scandinave s’est dilué largement par le biais des sacro-saints réseaux sociaux auprès de toutes les couches générationnelles qui se revendiquent de ce combat utile. Faisant mouche à chaque fois, au vu du nombre d’internautes ayant boosté sa publication.
Mais, cette lutte pour la préservation de la nature (et celle des espèces animales, végétales et humaines) fourbit d’autres armes, dorénavant, à de multiples associations de protection de l’environnement et à des ONG.
Quatre d’entre elles, c’est un cas de jurisprudence unique dans l’histoire de notre pays, viennent par ailleurs de porter plainte contre l’Etat français pour inaction face à la menace engendrée par le réchauffement climatique !
Les consciences, petit à petit, progressent face à l’inertie politicienne qui demeure stoïque sur son pré carré alors que l’inéluctable compte à rebours pour sauver la planète Terre est désormais amorcé…
Thierry BRET