Au 01er février, la valse des étiquettes est venue nous rappeler à son bon souvenir. Avec son lot de désagréments inévitables pour notre portefeuille. On en finirait presque de haïr chaque début de mois, synonyme d’une kyrielle de hausses inéluctables dont nul ne peut s’affranchir. Et cette fois-ci, ce n’est pas l’augmentation du coût des carburants qui tient la corde. Mais, bel et bien celle des produits alimentaires et de la sempiternelle envolée des tarifs autoroutiers. Un véritable marronnier inflationniste annuel qui afflige les automobilistes à pareille époque.
Bref, alors que l’Hexagone est suspendu aux futures décisions inhérentes au Grand Débat national souhaité par le président de la République ; la courbe ascendante des prix se poursuit, quant à elle, à son rythme naturel et progressif. Sans que cela ne vienne pour autant perturber le quotidien de l’exécutif. Donc, à l’ouest rien de nouveau comme l’écrivait si bien l’auteur Erich Maria REMARQUE !
Pourtant, à force de tirer sur le fil d’Ariane qui maintient encore un peu ce pays en état d’équilibre précaire, ces coups de boutoir successifs et maladroits contre le pouvoir d’achat de nos concitoyens risquent tôt ou tard de nous entraîner vers des dérapages plus ou moins incontrôlés.
Prenons l’exemple de la sacro-sainte augmentation des péages autoroutiers. A l’identique des feuilles qui tombent des arbres dès les premiers frimas de l’automne. Il ne s’écoule pas une année depuis tant de décennies sans que les prix de ces péages ne cessent de croître à un rythme soutenu (près de 2 %, bien au-delà des rendements atones servis sur le Livret A !). Impactant comme à son habitude les vaches à lait d’automobilistes que nous sommes tous ou presque. A l’exception de quelques métropolitains chanceux et privilégiés qui peuvent aisément remiser leur véhicule aux oubliettes en profitant à outrance des transports en commun fonctionnels.
Prenons donc cette hausse supplémentaire qui oscille entre 1,8 et 1,9 % selon les réseaux avec candeur et philosophie en attendant la prochaine poussée de fièvre. Date est d’ores et déjà biffée dans les agendas : ce sera pour le premier février 2020 !
Toutefois, soyons magnanimes dans notre malheur ! Cette année, du fait de la lourde insistance du gouvernement, les dirigeants de ces quelques groupes qui se partagent ce succulent gâteau lucratif ont eu la condescendance et la bonté de pratiquer un geste commercial symbolique à destination de leurs usagers.
Des réductions allant jusqu’à moins 30 % concernent environ un million de personnes. Ce sont celles et ceux qui utilisent le réseau autoroutier en effectuant plus de dix allers-retours par mois sur le même itinéraire. Une paille dans une meule de foin ! A défaut de pouvoir goûter une part de ce gâteau, la majeure partie des automobilistes, eux, n’en obtiendront aucune miette. Ils devront même payer pour les autres !
Mais, la pire des nouvelles nous vient de la consommation de produits alimentaires même s’ils n’intègrent pas les codes de la première nécessité. Dans l’absolu, 500 produits sur environ 13 000 commercialisés dans les supermarchés et 800 produits sur une base de 20 000 articles proposés dans les hypermarchés subissent depuis ce fatidique 01er février une hausse de leurs tarifs dans le cadre de la loi EGAlim. Ce texte prévoit le relèvement de 10 % du SRP (Seuil de revente à perte) de la distribution.
Pour faire simple, les circuits habituels de la GMS ne pourront désormais plus vendre à perte les produits d’appel sur lesquels ils réalisaient bon nombre d’opérations de marketing alléchantes.
Partant du postulat, que ces produits devront être vendus au minimum 10 % plus cher qu’ils n’ont été achetés, la gouvernance étatique table sur une meilleure rémunération des producteurs par ce biais. Un renvoi de l’ascenseur qui pourrait toutefois s’avérer hasardeux si les professionnels de la grande distribution omettaient par exemple d’appliquer les règles du jeu…
Comme le subodorent déjà les syndicats agricoles, Confédération Paysanne, Jeunes Agriculteurs et Fédération nationale des syndicats d’exploitants (FNSEA) en parfaite harmonie sur ce point de vue contestataire.
Quant aux consommateurs, ils n’y trouveront pas leur compte, évidemment. Entre les biscottes, les spaghettis, les crèmes dessert, les sodas, les céréales, le café ou les apéritifs dont les prix à l’achat vont grimper en flèche !
La hausse s’étalonnera entre 2 % et 9 %. Les plus significatives se rapportant aux pâtes à tartiner et aux sodas qui ont été particulièrement visés par cette surenchère des étiquettes !
COCA-COLA et NUTELLA, deux marques emblématiques et préférées de nos adolescents en culotte courte, vont devenir indigestes pour le budget de la ménagère.
Que les jeunes gourmands se rassurent ! Leurs parents, amateurs de liquide fortement anisé (RICARD), devront eux-aussi débourser davantage par bouteille pour étancher leur soif !
Pour que cette revalorisation légitime des revenus agricoles se fasse en toute objectivité et de manière indolore pour les consommateurs, le gouvernement aurait dû imposer un certain nombre de garde-fous vis-à-vis des distributeurs. Afin que ces derniers acceptent, dans l’esprit citoyen du Grand Débat national, de mieux rémunérer les fournisseurs et producteurs sur la très grande majorité des produits sans toutefois augmenter les prix auprès des consommateurs.
Comme d’ordinaire, et on en a l’habitude dans ce pays, ce sera un vœu pieu ! Puisque ce sont ces derniers, dindons de la farce à jamais dans cette tartufferie, qui supporteront la hausse des prix imposée par cette nouvelle disposition législative…Consommateurs, préparez vos euros et sortez vos mouchoirs pour pleurer !
Thierry BRET