Etalé sur la table de jeu de votre « Scrabble », le mot pourrait vous rapporter si vous le posez avec astuce un nombre confortable de points. Le combiner en présence d’une case double ou comptant triple serait presque jubilatoire pour terrasser l’adversaire !
Des règles élémentaires dans l’approche de ce jeu cérébral dont il faudra appréhender toutes les finesses et subtilités pour occuper le temps ces prochaines. Car, « confinement », puisque c’est bien de lui dont il s’agit, va devenir désormais un terme très familier à notre mode de vie. A partir de lundi…
Certes, a contrario de nos voisins de Belgique ou d’Italie, il n’est pas encore prononcé de manière ostentatoire par la gouvernance afin de ne pas trop faire peur. Ni faire pousser des cris d’orfraie à celles et ceux qui pourraient en prendre ombrage. Pourtant, à y regarder de plus près, ce qui vient de s’abattre au-dessus de nos têtes après le long exposé de vingt-sept minutes du résident de l’Elysée, y ressemble à s’y méprendre.
La fermeture des crèches, établissements scolaires, collèges, lycées et universités n’est en fait que l’arbre qui cache la forêt. Bon nombre de municipalités ont pris soin d’y ajouter d’autres ingrédients d’un tout autre tonneau moins réducteur.
Le cercle concentrique du nombre de participants aux réunions se réduit…
Il est vrai qu’entre-temps, le Premier ministre Edouard PHILIPPE y a été aussi de sa litote. Le candidat à l’hôtel de ville du Havre nous avait déjà bien préparé le terrain en graduant ses strates de réduction de nos espaces vitaux. Selon la densité des cas de maladie répertoriés aux quatre coins de l’Hexagone.
Des réunions de plus de cinq mille personnes à proscrire au début de cette alerte qui a viré au rouge vif, nous avons très vite basculé au seuil incompressible des mille personnes présentes dans une salle unique.
Ce qui nous a conduits ensuite à circonscrire l’incendie à la seule présence de cent personnes sur le même lieu de réunion. Voire même à l’interdiction des rassemblements de plus de cinquante individus dans le département du Doubs, à titre d’exemple. Un territoire où un établissement accueillant du public de personnes âgées a déjà perdu deux des siens et compte pas moins d’une trentaine de malades du coronavirus.
Question basique : pourquoi le pensionnaire de Matignon n’a pas mis la barre au zéro public dès le commencement de cette crise ?
Personne ne lui en aurait tenu rigueur et nous aurions gagné un temps très précieux en vue de nous organiser. Car, qu’on le veuille ou non, la situation à l’Italienne qui nous pend au nez se préfigure à l’horizon. Préparez vos guitares pour faire que ces latins à l’oreille musicale exacerbée ont réalisé avec beaucoup d’humour vendredi soir à leur fenêtre un petit concert entre voisins dans leur prison dorée !
Comme l’a précisé dans sa longue intervention le pensionnaire de l’Elysée, Emmanuel MACRON, jeudi soir, la France, mais aussi le monde entier à quelques exceptions près que l’on pourrait encore positionnées au beau milieu du Pacifique, connaît une crise sanitaire sans précédent depuis un siècle.
Il est facile pour les férus d’histoire de replacer le curseur temporel sur la triste et fameuse année 1918. Celle où sévit la grippe espagnole qui n’avait d’ibérique que le nom. Puisque déjà originaire de lointaines contrées extrême-orientales.
Une période propice à l’éclosion de nouveaux paradigmes…
Aujourd’hui, on apprend seulement après un siècle de faits dramatiques qui ont décimé les rares survivants du premier conflit mondial que cette pandémie a tué plus de cinquante millions d’âmes sur Terre. Principalement sur le Vieux continent européen.
Pour autant, les épidémiologistes se veulent rassurants. Il n’y a absolument rien de comparable entre ces deux pathologies. Ni sur le contexte environnemental de l’époque. La sortie d’une guerre qui fut un effroyable carnage, visant une population exsangue et affamée. Qui vivait dans des conditions précaires où la salubrité n’existait pas.
Cependant, nos générations, inféodées à leur confort technologique et alimentaire, n’ont jamais vécu une telle problématique. Faisons toutefois abstraction de certaines ethnies asiatiques, sud-américaines et africaines confrontées encore à des maladies connues qui peuvent les perturber dans leur environnement
Face à ce coronavirus qui défraie tant la chronique, il nous faut désormais apprendre à vivre autrement. A bouleverser nos paradigmes et nos méthodes de raisonnement. A revoir, comme l’a d’ailleurs ajouté si bien Emmanuel MACRON, notre modèle économique.
Sans doute, les chantres de l’économie circulaire et des circuits courts voient-ils cela d’un bon œil ! Profitons, peut-être de ce temps de disette personnelle (culture, sports, loisirs, rencontres…) et professionnelle (télétravail à domicile) pour préparer un nouvel avenir à nos futures générations.
Pour que nous ne soyons plus jamais dépendants d’autres pays en matière de ressources, même primaires. Pour, enfin, que nous prenions le temps de vivre, autrement, après cette période de confinement propice à l’éclosion de nouvelles idées…
Thierry BRET