La Convention citoyenne pour le climat vient de remettre le résultat de ses travaux au gouvernement. Après une longue période de tergiversations et d’analyses en tout genre dans le seul but d’élaborer une feuille de route ayant de la prestance.
C’est sûr : après une lecture succincte et en diagonale des 150 propositions retenues par cette commission « Théodule » (une de plus comme le dirait le Général !), il y a matière à réflexion. Et surtout à critiques !
Pour autant, depuis quarante-huit heures, il serait utopique de croire que ce gros pavé dans la mare fait l’unanimité parmi les sphères bien-pensantes de la société française. Les défenseurs de l’environnement n’y trouvent pas leur compte. Les syndicats patronaux poussent déjà des cris d’orfraies rien qu’à l’idée qu’il serait nécessaire de ramener le temps de travail de 35 heures à 28 heures : le contexte économique actuel inhérent à l’épidémie de coronavirus tenterait à démontrer tout l’inverse pour que la relance de notre territoire soit enfin positive.
Quant aux aficionados de belles et grosses cylindrées, ils vitupèrent avec véhémence contre cette proposition de limiter la vitesse à 110 km/h sur les autoroutes ! Une fois de plus, les automobilistes considérés comme les vaches à lait préférées des pouvoirs publics se situeraient en ligne de mire pour l’aspect répréhensif du système.
En outre, quelle légitimité à accorder à cet organe qui n’est représentatif que par la formule d’un simple tirage au sort ?
D’ailleurs, il serait judicieux de connaître le pédigrée de chacune de ces personnes ayant étant désigné par le plus pur des hasards ! Même si l’idée participative se pare de bonnes intentions dans l’absolu, on voit mal comment les Françaises et les Français ne pourraient pas s’interroger sur le fondement de ce procédé. Certes, il leur restera en bout de course l’hypothétique moyen du référendum pour faire connaître leur avis. Si tant est qu’il ait lieu !
Un catalogue fourre-tout faisant office de compilation de vielles idées…
A propos de l’exercice référendaire, plutôt rare dans la pratique de notre démocratie ce qui est regrettable tant les questions cruciales se présentant à nous sont cruciales, on ne voit pas comment l’Etat pourrait l’articuler autour de ce maelström d’informations si denses et hétéroclites.
Devra-t-on répondre à une ou à plusieurs questions si ce référendum voyait le jour à l’issue de cette consultation citoyenne plutôt arbitraire ?
Combien d’entre nous ont-ils été approchés pour intégrer cette Convention citoyenne pour le climat ? Bien évidemment, aucun !
Dans le prolongement des « Grands débats » qu’avaient initiés le président de la République Emmanuel MACRON au printemps 2019, une idée novatrice plutôt plaisante pour l’exercice de la démocratie et de la communication retrouvée, n’aurait-il pas fallu poursuivre en ce sens en créant dès l’automne cette Convention citoyenne à l’échelle d’un territoire régional, voire d’un département pour que personne ne sente lésée en bout de course ?
Alors que bon nombre de nos compatriotes tirent à boulet rouge sur le système jacobin très envahissant de notre pouvoir central, il aurait été judicieux de surcroît de ramener ces propositions de dialogue en les délocalisant en province.
Ce rapport ne serait en fait qu’un catalogue fourre-tout de vielles idées qui traînent dans les alcôves idéologiques depuis fort longtemps. La réduction du temps de travail de 35 heures à 28 heures est purement utopiste ! Au moment où la France doit impérativement produire davantage et remettre ses troupes en ordre de marche dans la bataille de l’emploi et de l’économie pour sortir la tête hors de l’eau. L’idée est plutôt très inattendue dans un tel rapport officiel !
Quant à l’autre mesure phare qui fait déjà la une de l’ensemble des médias par ses aspects critiques (la limitation de la vitesse sur les autoroutes alors que le secteur de l’automobile est à l’agonie au niveau de ses ventes), on peut subodorer que la majorité de nos concitoyens ne se reconnait derrière une telle suggestion !
Alors, rapport de citoyens ou exigence d’experts ?
Telle est la grande interrogation qui pèse au-dessus de nos têtes après le premier jet de ce rapport ambigu.
De l’avis de nombreux observateurs, les citoyens qui se sont prêtés à ce jeu ont dû accepter que les règles changent en cours de route afin de laisser la place à des technocrates plus qualifié qui ont assuré l’essentiel : faire passer leurs envies et leurs exigences en des actes gravés dans le marbre !
Reste enfin le point névralgique de tout ce bel édifice qui est évoqué nulle part : son financement !
Car adopter 150 propositions fussent-elles issues de vingt années de réflexions pseudo-citoyennes suppose un coût. Avec un plan budgétaire détaillé à la clé.
Sans doute, faudra-t-il s’armer encore un peu de patience pour en savoir plus sur les chiffres exacts à mettre en face de chaque suggestion. Avec pourquoi pas, la création d’une nouvelle commission ?!
Mais, pour l’heure, c’est incontestable : la montagne citoyenne a accouché d’une souris ; pendant ce temps-là, la problématique du climat demeure…
Thierry BRET