Celles et ceux qui ne travaillent pas avec les services de Pôle Emploi ne les connaissent pas ! Alors, sur quels critères légitimes peuvent-ils indubitablement juger de la qualité et de la pertinence de leurs prestations ? Cette question en forme de pirouette intellectuelle nourrit à l’heure actuelle la réflexion des observateurs, après la publication cette semaine des derniers chiffres qui traduisent l’évolution du chômage en France.
Premier constat : le nombre de demandeurs d’emploi régresse de manière significative dans notre pays. Cela concerne surtout les personnes répertoriées dans la catégorie A ; c’est-à-dire celle qui regroupe l’ensemble des individus n’ayant plus aucune activité professionnelle à leur actif depuis un bail. Une conjoncture économique relativement favorable - elle est vérifiable depuis le second semestre de 2018 – et une embellie mondiale sur les marchés de la consommation représentent ces multiples causes qui engendrent de nombreux effets positifs par simple ricochet.
Deuxième analyse : Pôle Emploi vit une profonde mutation en interne. Un changement de cap drastique qui pousse l’organisme d’Etat à se moderniser, à amplifier ses capacités d’accueil et de suivi auprès des demandeurs d’emploi (on devrait par ailleurs les nommés les chercheurs d’emploi) plus en phase avec leurs besoins vitaux de reconnaissance humaine.
Si la perception de ce service public pâtit d’une certaine cote affective parmi la population, il n’y a rien de plus logique en somme. Cet état de fait n’enlève en rien ni le professionnalisme ni le sérieux et l’implication de ces milliers de femmes et d’hommes qui exercent leur savoir-faire en assurant la gestion de leur portefeuille.
Perdre son emploi n’est guère facile à vivre au quotidien. D’autant, qu’une forte majorité de nos concitoyens non diplômés peuvent rester sur le bord du chemin durant de longues périodes.
De facto, on ne se rend jamais à Pôle Emploi pour le simple plaisir. Et ce, dès le moment de l’inscription où il s’agira de constituer l’indispensable dossier qui ouvrira la porte des indemnités.
Mais, hormis ce point de détail, il n’y a désormais plus rien de comparable aujourd’hui avec ce que les demandeurs d’emploi ont pu connaître à une époque plus lointaine et totalement révolue. Celle de feu, l’antédiluvienne ANPE !
L’organisme a su s’adapter au fil des ans à son contexte environnemental. Modifiant les paradigmes de son mode opérationnel, pourtant vertueux. Un système basé sur la proximité, la psychologie à l’autre et l’écoute.
Mieux, Pôle Emploi ne rebute plus ses bénéficiaires. Malgré un contexte sociétal, toujours très complexe à appréhender et qui se fragilise au moindre soubresaut social et économique. Le service public se donne de nouveaux challenges stratégiques qui sont en passe d’être réussie. Grâce à l’abnégation de ses composantes. Par le biais, d’idées novatrices et adaptables à la réalité de la situation.
Le traitement du chômage avec des méthodes à la « papa » est donc bel et bien terminé. La volonté de la maison est tout autre. Tout d’abord, au niveau de la ressource humaine. La structure a renforcé son front office. Optimisant ainsi les velléités de conseillers véloces qui consacrent davantage de temps à la relation directe avec les demandeurs d’emploi. Remettant une sérieuse dose d’humanité, grâce à ces échanges qui doivent être nourris et constructifs pour les deux partis, dans ce jeu relationnel étroit.
Retrouver le chemin de l’emploi représente le motif de satisfaction suprême pour la personne qui ne dépend que des indemnités chômage. L’aider à y parvenir, avec sérénité et sans misérabilisme, représente plus qu’une vocation pour le conseiller à l’estampille de Pôle Emploi. C’est un sacerdoce.
C’est dans cet état d’esprit forgé autour des fondements de l’envie et de l’enthousiasme que se gèrent ces relations si spécifiques entre celui qui est en quête d’un travail et ce spécialiste de la bonne méthodologie technique pour atteindre cet objectif.
Les entrepreneurs, mais surtout les fédérations professionnelles, ne s’y point trompés. Eux qui boudaient hier encore le Pôle Emploi et ses services, les jugeant parfois trop éloignés de la réalité économique, signent dorénavant moult partenariats construits sur le partage, la concertation, l’échange et la réciprocité.
L’UIMM (Union des industries des métiers de la métallurgie), FFB (Fédération française du bâtiment) ou FDSEA (Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles) ont opéré un rapprochement significatif avec le service de l’Etat. Une osmose parfaite qui a su porter ses fruits, engrangeant d’excellents résultats.
La perception des demandeurs d’emploi n’est plus la même que par le passé. 70 % d’entre eux possèdent une image positive et saine de l’institution. Y compris de celle de leur conseiller attitré. C’est un grand pas en avant qui induit de la confiance entre les deux parties en présence, le cherchant et l’aidant.
Elevé, ce degré de satisfaction prouve que la mutation de Pôle Emploi est devenue une réussite à bien des égards. Et nul ne peut l’ignorer. Le service public est parfois décrié par la vindicte populaire ; il n’en devient pas pour autant plus mauvais. Avec sa façon de faire, Pôle Emploi démontre que le virage emprunté il y a quelques années en arrière, cette nécessaire fusion entre UNEDIC et ANPE et la modernisation qui en découla, a remis en selle un organisme indissociable de la recherche à l’emploi et à l’intégration dans la vie active. Il ne faut jamais l’oublier…
Thierry BRET