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BREXIT : « Waterloo morne plaine » le désaveu de Theresa MAY

7 octobre 2018

432 voix contre pour 202 avis favorables. Net et sans appel : le verdict est tombé des urnes du Parlement de la « Perfide Albion » en début de semaine. Une véritable gifle pour celle qui incarne les rênes du pouvoir suprême en Grande-Bretagne. Jamais parmi les nombreuses péripéties historiques qui jalonnent l’existence du Royaume-Uni, un vote n’aura autant désavoué un Premier ministre en exercice. Terrible, le camouflet subi par Theresa MAY ressemble à s’y méprendre à une gigantesque claque qui laissera des traces indélébiles, non pas sur son visage diaphane, mais dans sa carrière politique lorsque surviendra l’heure du bilan.

Celui-ci aurait d’ailleurs pu être tiré, de manière définitive, vingt-quatre heures après le désaveu à l’accord de divorce de la Grande-Bretagne avec l’Union européenne. Déposée par l’opposition, et sa tête de file travailliste du Labour, le véhément Jérémy CORBIN, une motion de censure visant à renverser la Première dame échoua de fort peu, soit de 19 voix.

Le boulet de la honte a donc frôlé de très près Theresa MAY pour l’a balayé de la scène politique. Elle qui porte depuis des mois ce délicat dossier du BREXIT, devenu aujourd’hui le talon d’Achille de sa vie publique. Ce rejet en masse, celui de l’accord initial signé avec la commission européenne chargée de la mise en forme de cette désunion majeure, a été catégorique. Et plutôt surprenant, en termes d’analyses et d’observations. Puisque, une large proportion des alliés naturels de Theresa MAY ont fait volte-face quant à leurs choix décisionnaires.

Dans le détail, ce vote du refus et de la contestation aura vu 118 députés conservateurs rejeté tout de go l’accord actuel du BREXIT. Prétextant que la Grande-Bretagne y laisserait des plumes en cas d’application.

Face à cette défaite catastrophique, Theresa MAY ne possède d’autres alternatives désormais que celles de proposer un plan B. Seule ombre au tableau, mais elle est de taille en pareille circonstance, il lui est demandé de faire très vite. En effet, la responsable du gouvernement britannique ne dispose que de quelques jours pour tenter d’arrondir les angles. Et de trouver une porte de sortie honorable qui lui soit favorable mais aussi au partenaire européen. Elle devra représenter une nouvelle feuille de route dès la semaine prochaine. Après l’avoir avalisée auprès du Parlement.

De leurs côtés, les chefs d’Etat de l’Union n’ont pas tardé à réagir face à l’improbable scrutin. Devant l’amertume et l’atermoiement de bon nombre des acteurs continentaux, le risque d’une sortie de la Grande-Bretagne de la sphère européenne sans accord s’est accentué. Avec toutes les dérives possibles et inimaginables que cela pourrait entraîner, tant au plan économique que sociétal.

Ce jour amer pour l’Europe peut encore être digeste. Si Theresa MAY trouve la formule magique pour faire accepter au Parlement les modalités pratiques de cet accord ô combien nécessaire pour ne pénaliser personne in fine.

Vu de France, les réactions ont été très claires. Celles du président Emmanuel MACRON, en particulier. Ce dernier a estimé que le référendum britannique à l’origine du BREXIT avait été « manipulé » par une frange de la classe politique. Plaçant aujourd’hui le Royaume-Uni dans une véritable ornière.

« Ils ont menti aux gens, devait-il déclarer à la presse qui l’interrogeait à la veille du lancement du Grand Débat national dans l’Eure, les « fake news » sont responsables du résultat de ce référendum… ».

Un procédé démocratique dont le président des Français avoue qu’il n’est pas friand à l’usage.

Quant au responsable du gouvernement, Edouard PHILIPPE, il est entré dans le jeu à l’issue de ce vote improbable en déclenchant un plan spécifique pour faire face à un BREXIT obtenu sans accord.

Mesurant les conséquences pour l’Hexagone, le Premier ministre souhaite que notre pays soit prêt pour y faire face et que les intérêts de nos concitoyens soient préservés.

Dans l’absolu, cinq ordonnances devraient être adoptées d’ici quelques semaines afin de renforcer les mesures législatives et juridiques visant à ce qu’il n’y ait point d’interruption des droits et des protections pour les citoyens français et les entreprises.

En outre, une enveloppe budgétaire de 50 millions d’euros sera injectée dans les ports et aéroports pour faire face aux problématiques qui ne manqueront pas, nombreuses, d’interférer dans leur mode opératoire. De quoi se prémunir contre les risques tangibles d’un divorce consenti de manière peu amiable.

Quant à Theresa MAY, il lui faudra sortir la tête hors de l’eau mouvementée du Channel et du brouillard londonien pour trouver les mots justes et des solutions acceptables par les parlementaires.

Cependant, il reste encore deux solutions à la crise actuelle. Suspendre de manière provisoire la date de sortie de la Grande-Bretagne, initialement prévue le 29 mars 2018, aux calendes grecques. Afin d’y voir un peu plus clair dans l’exécutif chez nos voisins d’Outre-Manche. Ou bien procéder à un nouveau référendum populaire qui permettrait à chacun des sujets de sa Très Gracieuse Majesté qui n’y entravent plus que « couic » aujourd’hui dans ce foutras de revoir leur position sur cet enjeu capital pour leur avenir.

En attendant, pour la locataire du « 10 Downing Street », c’est « Waterloo morne plaine » !

Thierry BRET

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