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Brésil : carton rouge au pays du football…

7 octobre 2018

Insultes et noms d’oiseaux en rafales ont parsemé l’actualité concomitante du récent G7 de Biarritz. Tels des chiffonniers qui se disputeraient un vulgaire morceau d’étoffe rapiécé et miteux aux abords d’un quelconque marché aux puces, les grands de ce monde se sont rappelés à notre bon souvenir par leurs comportements futiles et déplacés.

Celui de l’incivilité et de l’irrespect, de la suffisance et de l’arrogance, de la médiocrité pure et simple, et au final de la bêtise humaine la plus élémentaire. Dire que les instituteurs réprimandent pour beaucoup moins que ça les garnements en culotte courte qui se chamaillent pour des broutilles sous les préaux des écoles !

« Crétin », « idiot », « menteur », « colonialiste »…la logorrhée des chefs d’Etats ne peut manquer de nous surprendre par ses aspects bruts de décoffrage et sans fioritures, nous autres adorateurs du verbe et de la parole vertueuse.

Désormais, c’est à celui qui a l’invective la plus saillante, la plus directe et la plus rapide qui s’illustre ! En tentant de faire mouche à tous les coups, là où cela fait mal, évidemment…avec l’aide complice des réseaux sociaux.

Un sérieux prétendant au Top 5 de l’incongruité politique mondiale…

Tel un « Lucky Luke » qui tirerait beaucoup plus vite que son ombre, mais avec la sympathie du légendaire cow-boy en moins, le nouvel homme fort du pays des cariocas semble avoir pris ses marques avec aisance, quelques mois seulement après son accession au pouvoir, pour figurer sans conteste dans le Top 5 des incongruités politiques de cette planète.

Qu’il soit un populiste primaire, passe encore. On a vu pire sous d’autres cieux et dans d’autres temps, notamment sur le continent européen. Mais là où le singulier personnage se distingue vertement de ses pairs et choque l’opinion publique, y compris celle de son pays, le Brésil, qui ravale avec peine sa honte et se confond d’excuses publiques par voie de presse depuis l’épisode « Brigitte MACRON », c’est qu’il accumule de jours en jour les poncifs navrants !

Phallocrate, misogyne, raciste, homophobe, climato-sceptique…n’en jetez plus, la cour est pleine ! Jaïr BOLSONARO a incontestablement déjà gagné son pari : celui d’être le chef d’Etat avec lequel on n’aimerait nullement partir en vacances ou vivre un agréable moment lors d’un déjeuner.

Pas étonnant que le président de l’Hexagone ne se précipite pas pour lui présenter de fallacieuses excuses que le surprenant individu lui réclame à corps et à cri sous la tutelle de la diplomatie !

Une longue histoire d’amitié entre les deux peuples…

Pourtant, les liens d’amitié avec le Brésil ne sont pas à remettre en cause. Fort heureusement. Les deux cultures s’entendent à merveille, et ce depuis des lustres. Quant à la diaspora française, elle est suffisamment importante et bien intégrée du côté de Rio-de-Janeiro ou de Sao Paulo, voire de Recife et de Brasilia, pour que les choses se fassent de manière naturelle. Sans heurts et sans pression.

Même l’inéluctable Paulo COELHO, prolifique écrivain et ambassadeur de la terre de la bossa-nova, y est allé de son tweet penaud pour demander pardon à ses amis Français. L’auteur de « L’Alchimiste » en connaît un rayon sur la nature humaine. Ne devrait-il pas procédé à une psychanalyse approfondie de son nouveau président ?

Aux insultes grotesques émises par l’homme de Rio (pas Jean-Paul BELMONDO, l’autre !) à son égard, Emmanuel MACRON a simplement rétorqué qu’il était triste pour le peuple brésilien tout entier devant une telle ineptie.

Cela n’a empêché le locataire de l’Elysée de décocher l’une de ses flèches ravageuses dont il a le secret : la pique en pleine face ! Délivrant aux Brésiliens un message sans ambages à celles et ceux qui voudraient l’entendre : son souhait qu’ils puissent avoir prochainement un président digne de cette appellation et de la fonction.

Un coup de grâce jeté en pâture des journalistes de la presse internationale qui depuis a circulé tout autour de la planète.

Mais, à bien y regarder, c’est peut-être le vœu le plus abouti que l’on peut adresser à ce peuple qui ne mérite pas d’être du mauvais côté de la lorgnette médiatique en cette fin du mois d’août, déjà fort de café !

Thierry BRET

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