Cette Auxerroise – maman de quatre enfants – s’est lancée dans une activité d’assistante sociale indépendante, en parallèle de ses emplois à la clinique de Régennes et au Dispositif d’appui à la coordination de l’Yonne (Dac 89). Un nouveau challenge où elle propose désormais aux particuliers et aux aidants un accompagnement personnalisé pour simplifier les démarches administratives et l'accès aux droits.

À 38 ans, Hayat Chtouki s’est lancée dans une activité peu connue celle d’assistante sociale libérale qu’elle exerce sur le Grand Auxerrois et la Puisaye-Forterre. Crédit : Stanislas Bienvenue.
Depuis janvier 2026, elle s’est lancée dans une aventure inédite : l’exercice libéral de sa profession d’assistante sociale. Installée dans l’Auxerrois, elle est l'une des deux seules professionnelles à proposer ce service indépendant dans le département de l’Yonne. Son objectif est clair : offrir une alternative aux structures institutionnelles classiques pour les usagers qui craignent parfois de s’adresser directement aux organismes officiels comme le conseil départemental.
Une expertise de terrain au service des plus fragiles
Si elle conserve des activités à temps partiel en gérontopsychiatrie à la clinique Régennes et au Dispositif d’appui à la coordination de l’Yonne (Dac 89), où elle gère des situations complexes de rupture ou de refus de soins, elle mène de front cette nouvelle responsabilité qui lui fait arpenter, parfois, les routes de campagne. Qu'il s’agisse de dossiers MDPH, de demandes de logement, d’aide juridictionnelle ou d’accès aux droits (CAF, MSA), elle intervient pour conseiller et orienter ceux qui se sentent perdus dans les méandres administratifs. Contrairement aux services publics souvent saturés, elle privilégie l’écoute pour réaliser une évaluation sociale complète. « Je veux vraiment comprendre et prendre le temps en fait avec la personne. » Pour lever les freins financiers, elle a instauré une tarification solidaire indexée sur le revenu fiscal, oscillant entre 40 et 60 € la prestation.
Révéler la « pauvreté cachée » des campagnes
Le défi est de taille dans un territoire rural où la précarité peut prendre des formes particulières. L’enjeu n’est pas seulement technique, il est d’abord humain puisqu’il s’agit de « briser la glace » avec une population de plus en plus vieillissante et toujours plus isolée. Pour Hayat Chtouki, la réalité du terrain est sans appel ; la détresse en milieu rural est une réalité invisible, souvent masquée par la quiétude de la vie à la campagne. Pour toucher ces publics invisibilisés, elle démarche activement les acteurs de proximité tels que les cabinets infirmiers, les services d’aide à domicile ou les hôpitaux de jour. Une énergie indispensable pour se faire connaître.
Stanislas Bienvenue
Plus d’informations sur hayatchtouki.fr
