Le SRAS nous avait donné le stress. Une trouille bleue qui avait provoqué un vent de panique incommensurable à l’échelle de la planète, digne d’un scénario cinématographique de la pire mouture.
Loin du contenu indigeste de ces « nanars » de série B dont on pourrait sourire avec désinvolture, il semblerait que l’émergence du nouveau coronavirus en provenance de Chine soit de la même veine. Une souche mutante dont les porteurs originels pourraient être selon les premières observations émises par les scientifiques, les chauves-souris, voire les serpents.
Il est vrai qu’au pays de l’ex-Empire du Milieu, on n’ergote pas avec ce qui remplit l’assiette alimentaire du quotidien ! La chauve-souris se déguste dans son jus, un vrai bouillon de onze heures d’une opacité rare et peu ragoûtante ; tandis que les filets de serpent dont se délectent les habitants des grandes métropoles chinoises fleurissent sur la carte des menus des estaminets locaux.
Ne parlons pas de l’hippocampe séché, du serpent frit dans une mixture à base d’huile et d’aromates ou des morceaux les plus tendres de chiots servis avec leurs légumineuses !
Bref : alors que le MICHELIN décerne par chez nous ses légendaires accessits en forme d’étoiles (voire les supprime à bon escient contre vents et marées aussi même pour d’illustres établissements), vous aurez compris que la nourriture typiquement chinoise laisse quelque peu à désirer pour les amateurs de bonne chère que nous sommes !
Hormis cette boutade purement gastronomique, la prolifération galopante de cette nouvelle pandémie peut nous couper l’appétit. Déjà localisé en Chine lors de la précédente crise planétaire, le SRAS avait pris tout le monde de court par sa vitesse de propagation autour du globe.
Mêmes causes, mêmes effets pourrait-on raisonnablement penser dans ce dossier qui offre une arborescence identique au précédent coup de boutoir sanitaire ? Peut-être.
Un pays où règne encore l’insalubrité dans les coins reculés…
Le premier problème provient de l’insalubrité notoire dans lequel vit ce pays. Si la pollution demeure, et de très loin, un risque majeur pour l’homme (Pékin est une capitale nimbée en quasi permanence d’un nuage toxique qui oblige ses habitants à porter de manière continuelle un masque protecteur), que dire du ban et de l’arrière-ban de ce pays continent, c’est-à-dire les zones de campagne.
Plusieurs séjours au cœur de cette puissante économique mondiale sans pareil démontrent que la nation n’évolue pas à la même vitesse de croisière vers le modernisme et le confort.
Les zones campagnardes, au centre, nous renvoient à quelques cinquante années en arrière (si ce n’est pas plus) où dans certains villages, plutôt reculés, les animaux de la basse-cour partagent leur existence avec les hommes dans la même pièce en terre battue faisant office de lieu d’habitation !
Que dire des embarcations emplies de touristes qui flânent sur les eaux limoneuses du Yang Tsé Kiang, l’un des plus longs fleuves de la planète. A bord, il est chose courante que les cuisiniers servant des mets à leurs hôtes étrangers nettoient leurs victuailles (poissons crus, poulets, légumes…) avec l’eau saumâtre puisée du fleuve « Jaune » !
Un bout de tissu comme protection ultime…
Pourtant, l’épicentre de ce nouveau fléau sanitaire ne se situe pas en rase campagne ; Wuhan est une mégalopole de plus de onze millions d’habitants. Mais, l’histoire qui se répète comme l’a écrit un jour le poète Jean COCTEAU nous replonge il y a quelques années en arrière.
Le SRAS avait causé la disparition de nombreuses victimes. Tel un fléau irréversible comparable à la peste ou au choléra s’abattant sur ses proies.
La France avait pris ses précautions. On se souvient encore des fameuses protections respiratoires dont la ministre de la Santé de l’époque, une certaine Roselyne BACHELOT, avait fait usage pour mieux nous protéger.
Va-t-on revivre le même cauchemar (celui de la crainte de cette mystérieuse pandémie qui ne pourrait se juguler) et cette pantalonnade qui s’en suivit avec la gestion abracadabrante de ces bouts de tissu efflorant le nez que l’on nous avait vendus pour la solution miraculeuse ?
Pour l’heure, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) se veut rassurante. Ou plutôt, malgré la trentaine de décès déjà avérés et la présence du virus aux quatre coins du globe, n’ose pas encore évoquer le cas d’une nouvelle pandémie. Faute d’expertise aguerrie sur le dossier. Et sans doute par frilosité à vouloir effrayer trop vite la population.
Une chose est sûre qui traduit bien l’inquiétude et la non-maîtrise du dossier par la Chine : Pékin a décidé de construire à la hâte un hôpital sous dix jours pour y entasser celles et ceux qui seraient porteurs du virus. Quant au périmètre autour de la zone initiale de contamination, il est bouclé et placé en quarantaine jusqu’à nouvel ordre. Malheur à ceux qui tenteraient de s’en exfiltrer…
Thierry BRET