Le sourire d'une montée historique… et les questions qui vont avec

Hafid Kouider, président du club de basket de Monéteau, affiche sa fierté. Derrière ce sourire, une montée en Nationale 2 méritée — et une équation financière qui reste entière.
C'est une première dans l'histoire du basket monétélien. Le club évoluera la saison prochaine en Nationale 2, troisième échelon du basketball français. Et dans le même temps, l'équipe féminine accède à la Nationale 3. Un double exploit qui résonne bien au-delà des parquets de l'Yonne.
Monéteau n'est pas la première ville du département à défier la logique des grands territoires. L'AJ Auxerre a longtemps incarné ce que le sport français peut produire de plus beau : un club de ville moyenne capable de tenir tête aux géants, de rayonner jusqu'en Coupe d'Europe, de faire vibrer toute une région. Un exploit territorial devenu symbole que la géographie n'est pas une fatalité sportive.
Monéteau s'inscrit dans cette même veine. Pas au football, mais au basket. Avec la même équation impossible sur le papier : des moyens modestes, des ambitions qui grandissent. "Sportivement, on est à notre place. Mais structurellement, on change complètement de dimension", résume Hafid Kouider, président du club.
L'équation financière
Sur le terrain des budgets, le tableau est saisissant. À Montbrison, le soutien municipal dépasse les 100 000 euros. À Feurs, près de 180 000 euros mobilisés. À Aubenas, 50 000 euros. À Monéteau ? 14 000 euros, pour un besoin estimé à 40 000 euros.
"On n'est pas dans une demande… on est dans une mise à niveau." La formule dit tout. La ville affiche son soutien moral, mais les responsabilités financières restent à définir.
La question qui demeure
L'AJA a prouvé qu'une ville à taille humaine peut rayonner nationalement, à condition que tout un territoire se mobilise. Monéteau fait aujourd'hui la même démonstration, dans sa discipline, à son échelle.

Reste une question : le territoire saura-t-il se mobiliser à la hauteur de l'exploit ?
Une montée qui ouvre un nouveau chapitre… et pose la question de la cohérence entre ambition sportive et moyens engagés.
Sarah Milen
