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Agriculture : le préfet de l’Yonne prend le pouls de la filière avant les annonces tant attendues

Agriculture : le préfet de l’Yonne prend le pouls de la filière avant les annonces tant attendues

Thierry Bret9 septembre 2026

@Thierry Bret

Petite pochette verte à la main, le nouveau préfet de l’Yonne, Jean Salomon, a réservé sa première « visite périodique agricole » comme il s’est plu à la définir face aux médias, dans la commune de Thury, au cœur de la Puisaye, ce mardi 01er septembre. Alors que le monde agricole souffre des effets pernicieux de la sécheresse et des épisodes caniculaires à répétition qui impactent le mental, le représentant de l’Etat a souhaité inaugurer son premier cycle de rencontres, une réunion prévue toutes les six semaines, avec les professionnels de l’agriculture.

Outre le préfet, les représentants des organisations professionnelles agricoles, des services de l’Etat, des services vétérinaires, de la MSA ou de la Chambre d’agriculture de l’Yonne avaient mis le cap vers la salle communale de la petite bourgade de Thury en ce milieu de matinée pour prendre part à cette réunion de découverte pour le haut fonctionnaire. L’objectif avoué de ce premier contact, outre les présentations de circonstance – Jean Salomon a quitté Tarbes fin août pour débuter sa nouvelle mission préfectorale dans l’Yonne le 24 de ce mois – était de procéder à un point d’actualité ô combien important et nécessaire. D’autant que le monde agricole était toujours dans l’attente de décisions importantes en provenance du ministère. Celles-ci devaient être annoncées par Annie Genevard le 03 septembre et reportées à la semaine prochaine, initialement…Depuis, nous en connaissons désormais les contours et nous y reviendrons !

Le dialogue et l’écoute : le credo de Jean Salomon

Au menu du copieux programme de la visite préfectorale en terre de Puisaye : la mise en paiement de la PAC, la mise en paiement des aides, les demandes de dérogation et modalités pratiques, des sujets ayant nécessité une intervention du préfet durant une bonne demi-heure. Puis, il y eut un temps d’échange entre les différents intervenants – l’ensemble des syndicats agricoles avait répondu présent à l’invitation préfectorale -, afin de prendre le pouls du terrain. Une réunion se voulant être très simple et pragmatique pour que chacun de ses participants comprennent bien la démarche du préfet et de ses services, dans un souci d’efficacité.

Le préfet devait le rappeler : « la communication doit être au service d’une action ! ». Puis de poursuivre : « notre objectif est de construire l’action et la pédagogie l’accompagne ensuite auprès des agriculteurs ». D’où la volonté du nouveau locataire de l’hôtel de la préfecture de travailler en confiance avec ses interlocuteurs, en prônant le dialogue et…l’écoute.

Une présentation générale de l’agriculture icaunaise fut ainsi faite durant ce long échange autour de la table. « A titre personnel, confia Jean Salomon, c’est plus intéressant de recevoir ces informations sur le terrain plutôt que de lire un dossier dans son bureau…je souhaitai privilégier le temps d’échange de manière concrète ». Un exercice de communication qu’affecte le nouveau préfet de l’Yonne, basé sur la transparence et l’expression directe.

@Service presse de la préfecture.

L’Etat doit être présent en cas de crise…

Après la Corse du Sud, les Landes et les Hautes-Pyrénées, le représentant de l’Etat a ainsi pu s’immerger dans les vraies réalités économiques de l’agriculture de la Bourgogne septentrionale. « Il y a des traits communs entre ces territoires, précisa-t-il, les crises se succèdent à un rythme assez soutenu et les trésoreries se tendent de plus en plus… ».

Soutenir les filières agricoles par la manière que l’on consomme les produits est aussi l’un des leitmotivs préférentiels du haut fonctionnaire. A propos de la loi Egalim, le préfet a sa petite idée derrière la tête : « ce qui est important dans ce texte de loi, c’est comment les collectivités donnent envie aux gens de le faire, le souci de manger mieux au quotidien, en regardant ce qu’il y a sur les étiquettes… et en privilégiant l’achat de produits locaux ».

Rappelant à l’assistance que l’Etat se devait d’être présent lorsque survenait une crise particulière, Jean Salomon insista toutefois sur le fait que tout ne pouvait pas fonctionner grâce aux aides de l’Etat. « Il en va des revenus décents, rappela-t-il. Aucun des agriculteurs que j’ai rencontrés ce matin ne souhaitent vivre des subsides de l’Etat. Ils veulent vivre par leur travail et qu’il soit bien rémunéré… ».

Un travail pourtant mis à mal avec la sécheresse persistante qui bouleverse la donne des filières agricoles. « Les rendements sont mauvais, poursuit Jean Salomon, mais il faut anticiper ces crises et faire en sorte que demain on doit s’adapter à ces phénomènes de sécheresse qui peuvent se répéter… ».

Bref, demain, selon le préfet, il sera question de valoriser les produits locaux le plus possible pour permettre la limitation du plus grand nombre d’intermédiaires et faire en sorte que la plus grosse partie de la marge revienne aux producteurs. Si l’équation est désormais posée par le représentant de l’Etat, il faudra en revanche très vite trouver les bonnes inconnues pour tenter de la résoudre positivement pour que les professionnels de ces filières agricoles en plein doute et en totale souffrance entrevoient enfin le bout du tunnel…

Thierry Bret

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