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Abondance de homards peut nuire à son image !

7 octobre 2018

Une chose est sûre : la méduse ne sera pas la star animalière de la période estivale. Le homard, ce crustacé décapode dont tout le monde se délecte de sa chair succulente, s’est invité insidieusement à la une de l’actualité. Mais, pas vraiment sur notre table, au côté du traditionnel « melon/porto » ou de la boisson anisée rafraîchissante qui va de pair ! Même si ce n’est pas l’époque !

C’est par une autre lorgnette incisive que ce fruit de mer se rappelle à notre bon souvenir en ce mois de juillet, propice au farniente et au lâcher prise intérieur. Le homard fait son caprice. Il veut qu’on parle de lui et provoque des remous dignes d’un court bouillon porté à forte température parmi les hautes sphères étatiques. Dont le bouc émissaire principal n’est autre que le ministre de la Transition écologique, François de RUGY.

Sans doute, déguster trop de homards en présence de personnalités issues de la société civile et des milieux de l’entrepreneuriat entraîne-t-il des effets secondaires sur le métabolisme autre que la digestion ?

Toujours est-il que désormais les exégètes de la communication s’y reprendront à deux fois pour décortiquer les conséquences gustatives inhérentes à l’appétissant crustacé qui peut nuire à votre image !

La question méritera que l’on y accorde une once d’intérêt avant de se sustenter de ce produit si délicat de par sa texture et si fin au palais.

Il est vrai que la mésaventure vécue par l’ancien président de l’Assemblée nationale et ministre actuel de la Transition écologique figurera sans aucun doute longtemps comme un cas d’école atypique à aborder dans les manuels du savoir-vivre et de la gastronomie à la française.

On le savait déjà : le homard n’est pas bon à prendre avec des pincettes lorsque l’on en consomme un peu trop en société. Au risque de s’éclabousser, voire de tâcher son voisin de table.

La prudence est donc requise pour savourer le succulent fruit de mer sans modération. Car, dans les faits, il n’est peut-être pas bon dans notre pays de faire étalage de notre appétence légitime envers ce prodigieux mets de réveillon.

La preuve nous est venue des médias d’investigation. Pour ne pas le nommer, celui de l’éditorialiste Edwy PLENEL, « Média Part ». Nos confrères se sont intéressés de très près à un sujet pourtant très éloigné des convulsions habituelles et sporadiques de la planète.

Certes, leurs recherches ont été grandement facilitées par l’envoi de sources inestimables pour étayer leurs dires : l’apport de magistrales indiscrétions. C’est-à-dire des visuels montrant l’objet du délit adressés par les smartphones de celles et ceux qui se pâmaient à la table du ministre en s’essuyant les mains dans leurs serviettes.

Ces mêmes personnes qui se réjouissaient en amont de prendre part à ces agapes festives de belle facture dignes de Lucullus et du Roi-Soleil réunis !

Depuis que le monde est monde et que la politique, mais pas seulement, préside à la destinée de notre globe, il n’y a rien de surnaturel pour celles et ceux qui en pratiquent les prébendes de se retrouver autour d’une table copieusement garnie et arrosée pour affaires d’Etat. Ou assurer le développement économique de son entreprise ou de l’organisme que l’on représente.

Donc, pointer un doigt accusateur vers le ministre de la Transition écologique pour ces faits considérés comme de lèse-majesté et de haute trahison envers les Français se justifie-t-il vraiment dans le fonds ?  

Jeter l’opprobre contre lui et le condamner, non pas à la disgrâce honteuse des galères romaines ni à l’exil isolé sur l’île de Guernesey, mais à la démission sine die n’est-il pas un tant soit peu exagéré ?

Quel politicien, entrepreneur, artiste, sportif,…journaliste n’a pas eu un jour ou l’autre à s’assoir à une  table festive pour y déjeuner ou y dîner, parfois de manière fastueuse, avec plus puissant que lui ? Et toujours sous le sceau de la réussite et de la gestion des affaires courantes et de l’entregent.

On l’aura observé, depuis l’éclatement de ce nouveau feuilleton de l’été – celui-ci succède à l’affaire BENALLA qui avait déjà tenu en haleine celles et ceux qui y prêtaient intérêt en 2018 -, François de RUGY ne sait plus à quel saint se vouer.

Accablé, des sanglots dans la voix lors de sa première explication de texte sur les ondes de BFM TV face à Jean-Marc BOURDIN, le chevalier blanc de la cause environnementale a offert à l’auditoire une prestation émotionnelle forte. Sans pour autant se confondre en excuses et en mea culpa.

Poussé dans ses ultimes retranchements, l’ancien candidat à la présidentielle a avoué détester tout ce qui ressemblait de près ou de loin à des crustacés, homards et huîtres compris.

Par ailleurs, les millésimes servis lors de ces repas, s’il en connaissait la provenance (l’excellente cave de l’Assemblée nationale qui n’a rien à envier à celle du Sénat, de plus belle qualité !) ne l’ont pas dérouté de son intransigeance coutumière envers ces produits alcoolisés. Se muant à ne boire que de l’eau à table.

Peut-être François de RUGY est-il allé un peu trop loin dans ce déshabillage médiatique de ses goûts personnels et de ses habitudes consuméristes ne regardant que lui ?

Soucieux de faire toute la lumière sur ce qu’on lui reproche, le ministre de la Transition écologique s’est engagé à rembourser de ses propres deniers le trop d’argent dépensé lors de ces réceptions à l’Etat. Si cela était avéré après enquête.

On l’aura compris : le bras de fer ne fait que commencer. Tandis que l’opposition a trouvé du grain à moudre pour balancer ses flèches acérées. Car, d’autres révélations à charge sont venues déjà s’ajouter à cette crise des homards. Puisque telle est dorénavant son appellation.

Conséquence : juillettistes et aoûtiens auront toute la faculté de pouvoir suivre, entre les étapes du Tour de France et le bulletin météo, leur nouvelle série médiatique depuis le lieu de leur villégiature. Les pieds dans l’eau en mangeant, pourquoi pas, du homard ?   

Thierry BRET

   

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