À travers trois saynètes mêlant musique, écriture et dessin, la santé mentale s’est invitée sur scène, mercredi 7 octobre, à la salle Vaulabelle d’Auxerre. Une soirée de sensibilisation organisée dans le cadre des Semaines d’information sur la santé mentale, placées cette année sous le thème « Pour notre santé mentale, ouvrons-nous aux arts ».

Comment parler de souffrance psychique sans tabou, sans jugement et surtout sans stigmatisation ? À Auxerre, le théâtre a permis d'aborder des réalités parfois difficiles à exprimer. Trois histoires, trois formes artistiques et un même message : derrière les troubles psychiques se trouvent des femmes et des hommes qui ont besoin d'être compris, écoutés et accompagnés.
Quand une rencontre change une vie
La première saynète raconte le quotidien d'une personne souffrant de troubles obsessionnels compulsifs (TOC), victime de harcèlement au travail. Les moqueries, l'incompréhension et le rejet nourrissent progressivement son isolement. Jusqu'à cette rencontre avec une collègue des ressources humaines qui choisit de prendre le temps de l'écouter et de comprendre ses difficultés, sans la juger.
Une relation de confiance se noue, puis une véritable amitié. La musique et le chant accompagnent cette histoire où la bienveillance devient une force capable de rompre la solitude.
Le burn-out, cet engrenage silencieux
La deuxième scène plonge le spectateur dans la spirale de l'épuisement professionnel. Toujours plus de responsabilités, de pression, d'exigences. Jusqu'au moment où le corps et l'esprit ne suivent plus.
Le burn-out s'installe parfois imperceptiblement, jusqu'à bouleverser une existence. Ici, l'écriture apparaît comme un moyen de retrouver sa voix, d'exprimer ses émotions et de commencer à se reconstruire.
Enfin, le dessin offre une autre manière d'exprimer ce qui ne peut être dit. Lorsque les mots manquent, les images permettent de donner forme aux émotions et d'ouvrir un chemin vers l'apaisement.
Un après-midi pour informer et sensibiliser
Avant le théâtre-débat, un forum avait réuni, de 14 h à 17 h, plusieurs acteurs associatifs et médico-sociaux du territoire, parmi lesquels l'Unafam et les PEP CBFC. Stands d'information, animations et ateliers ont permis au public de découvrir les dispositifs d'accompagnement existants.
Point d'orgue de cette journée, la représentation théâtrale, financée par le club Inner Wheel d'Auxerre, témoigne de l'engagement du tissu associatif local en faveur de la santé mentale.

L'art pour libérer la parole et changer les regards
Au-delà des représentations, le théâtre-débat invitait les participants à échanger sur les situations présentées. Sensibiliser à la santé mentale, c'est aussi apprendre à reconnaître les signes de détresse, combattre les préjugés et rappeler que demander de l'aide n'est pas une faiblesse.
Arminda Guiblain, vice-présidente de l'agglomération en charge de la santé, et Marie-Jeanne Richard, présidente de l'Unafam, étaient présentes à cette rencontre, rappelant la place essentielle des proches et des professionnels dans l'accompagnement des personnes en souffrance.
Organisée dans le cadre des Semaines d'information sur la santé mentale, qui se déroulent du 5 au 18 octobre 2026, cette initiative s'inscrit dans les actions du Contrat local de santé Auxerrois-Aillantais-Chablisien, signé le 4 octobre 2023 pour la période 2023-2027. Ce dispositif vise notamment à renforcer la prévention, faciliter l'accès aux soins et améliorer la coordination des acteurs de santé.
Dans une société où la performance et l'urgence occupent une place grandissante, ces scènes rappellent une évidence trop souvent oubliée : la santé mentale nous concerne tous.
Et si l'art ne guérit pas tout, il possède au moins cette force précieuse : celle de faire émerger les mots, les émotions et, parfois, l'espoir.
