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À Auxerre, Delphine Batho veut remettre l’écologie dans la vraie vie

À Auxerre, Delphine Batho veut remettre l’écologie dans la vraie vie

Emma Miredin8 septembre 2026

Crédit photo : Emma Miredin

Pas d’estrade ni de grand meeting. C’est dans l’ambiance chaleureuse et feutrée du bar La Boussole, rue d’Egleny, que Delphine Batho a présenté lundi soir son livre La politique de la beauté. Une nouvelle écologie. Une trentaine de personnes étaient venues l’écouter et échanger avec elle.

Accueillie et accompagnée par Valentin Andry, conseiller municipal d’opposition à Auxerre engagé dans l’écologie politique, la députée des Deux-Sèvres se montre simple et facile d’accès. Elle écoute, répond, développe. Mais derrière cette proximité apparaît vite une femme de convictions, ancrée dans le réel et déterminée à défendre sa vision.

« Notre société, notre civilisation, notre économie se sont développées dans un climat tempéré et ce climat est en train de disparaître. » Le constat est posé. Pour autant, la « beauté » qui donne son titre à l’ouvrage ne se résume pas aux paysages. Elle englobe les solidarités, la vie associative, le sport, la culture, la musique et tout ce qui contribue, selon elle, à rendre la vie meilleure.

Une écologie au présent

Delphine Batho pointe un fossé entre une vie politique parisienne qu’elle juge de plus en plus éloignée des préoccupations des Français et ce qui se passe partout ailleurs. Des élus, des associations ou des entrepreneurs agissent déjà sur l’eau, l’alimentation, l’école ou les conséquences du changement climatique. Elle dit en avoir rencontré plusieurs exemples dans l’Yonne.

Crédit photo : Emma Miredin

Son message tient en quelques mots : arrêter de parler uniquement de demain. Les fortes chaleurs dans les écoles, les logements difficiles à rafraîchir, la sécheresse ou les difficultés des agriculteurs sont des réalités immédiates.

Et lorsqu’on lui oppose le coût des transformations nécessaires, elle répond : « Ce qui coûte cher, c’est ce qu’on est en train de vivre. »

Sur l’agriculture, elle réclame surtout de la cohérence. Interdire un produit aux exploitants français tout en important des denrées produites selon des règles différentes lui paraît injustifiable. Elle défend une lutte ferme contre la concurrence déloyale et remet au centre deux enjeux : le revenu des agriculteurs et l’accès de tous à une alimentation de qualité.

Elle plaide également pour davantage de stabilité dans l’action publique. Isolation des logements, aides aux entreprises, investissements des collectivités : les changements incessants de dispositifs empêchent, selon elle, de construire dans la durée. Sa proposition : une « règle d’or de stabilité » sur certaines politiques publiques pendant cinq ans.

Ruralité, sécurité et souveraineté

La candidate ne contourne pas non plus les sujets qui l’éloignent d’une partie de la famille écologiste. Laïcité, sécurité, défense nationale : elle estime que certaines positions prises par Les Verts ont été perçues comme trop éloignées des attentes d’une partie de la population.

Élue d’une circonscription rurale, elle entend aussi porter la voix de cette France qu’elle estime insuffisamment entendue. Pour elle, protéger l’environnement rejoint d’ailleurs une notion plus large de sécurité : celle de pouvoir disposer d’eau potable, de nourriture et de préserver la souveraineté du pays.

Même réserve face à l’intelligence artificielle. Delphine Batho s’inquiète d’une dépendance croissante aux technologies américaines et chinoises et de ses conséquences sociales. Elle prend notamment l’exemple d’un magazine qui pourrait remplacer tout ou partie de sa rédaction par l’IA. Sa priorité : retrouver une souveraineté numérique.

2027 est déjà là

Car derrière la présentation du livre, la présidentielle se dessine forcément. Delphine Batho est candidate et ne s’en cache pas. Son programme doit être présenté en novembre, avant un chiffrage annoncé pour décembre ou janvier. Elle promet un projet ambitieux tout en reconnaissant la situation budgétaire difficile de la France.

Reste la question des 500 parrainages. Là encore, pas de certitude affichée : « Ce n’est pas gagné d’avance, mais ça progresse. »

Elle compte beaucoup sur les maires et les élus de proximité. « La démocratie la plus vivante en France existe à l’échelle des communes », affirme-t-elle, plaidant pour leur redonner davantage de liberté face à un État qu’elle juge trop présent dans les décisions locales.

Dans la lumière tamisée de La Boussole, la rencontre aura finalement ressemblé à celle qui était venue y défendre son livre : sans grand apparat, directe et accessible. Mais derrière le ton posé, les convictions sont bien installées. Et à quelques mois de 2027, Delphine Batho n’est manifestement pas venue à Auxerre uniquement pour parler littérature.

Emma Miredin

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