Et encore une de plus à ajouter au compteur. La belle affaire, me direz-vous. Cela nous rappelle que le temps file à une vitesse folle, qu’il est inaltérable et que rien ne peut y changer. Dans quelques heures, le monde basculera en l’an 2023. Dans la liesse, la joie et l’allégresse, selon la formule consacrée. Un mouvement de masse ponctué de réveillons qui seront copieusement arrosés ou abondamment garnis de victuailles, riches et succulentes à déguster. Modération sur la boisson, comme le répète si bien la Sécurité Routière…
Enfin, cela se fêtera presque partout sur la planète. Là où les libertés individuelles ne sont pas encore bafouées. Là où la libre pensée s’exerce au quotidien, évoquant le poids incommensurable des démocraties qui le permettent et l’autorisent parce que le peuple en a décidé ainsi. Même si le jeu électoral est perfectible dans bien des domaines en matière de représentativité, il reste cependant le socle affirmé de ces valeurs intrinsèques qui ne peuvent être remises en question.
Des valeurs de fraternité et de partage. Des valeurs d’altruisme et de solidarité. Des valeurs où la parité est de règle, quel que soit la nature de son sexe, le coloris de sa peau, son appartenance religieuse, l’âge de ses artères ou son positionnement politique.
De gauche, de droite, du centre – des centres devrait-on dire tant ils sont multiples et variés -, des extrêmes, de l’apolitisme, aussi, ou de la société civile. Celle qui devrait avoir voix au chapitre beaucoup plus souvent dans les décisions fondamentales prises par l’Etat, où que l’on soit à travers le globe, par le biais d’outils référendaires ayant fait par le passé leurs preuves. Depuis l’Antiquité et les sociétés grecques et romaines, à titre d’exemples.

La chance qu’ont les Français de pouvoir respirer pleinement l’air de la liberté…
C’est de cela que l’on parle quand l’on est un démocrate vertueux jusqu’au bout des ongles. Un fervent défenseur de cette liberté à laquelle on aspire tous pour mieux asseoir le dessein qui est le nôtre. Celui d’exister dans un environnement de plus en plus tortueux et complexe ; notre monde qui ne cesse de se métamorphoser à la vitesse du temps qui passe.
Mesure-t-on vraiment la chance que nous avons tous, nous autres Occidentaux – et Français de surcroît – à respirer cette liberté à pleins poumons dans chacune de nos décisions et actes qui nous engagent avec le quotidien ?
Pas toujours, effectivement. Combien de peuples martyrs, combien de millions d’humains aimeraient, un tant soit peu, endosser notre rôle et vivre ce que nous avons la faculté de décliner au jour le jour, sans trop nous soucier finalement du lendemain à venir ? Parce qu’il y aura toujours la retraite, la sécurité sociale, les allocations chômage, le RSA, les remboursements en termes de soins, les associations qui viennent en aide aux plus précaires…
Même si le contexte conjoncturel s’est singulièrement abimé depuis près de trois ans en Europe, avec son lot de crises sanitaires à répétition, de crises sociétales, de crises énergétiques, de baisse de pouvoir d’achat, de difficultés existentielles dans les familles ou les couples, d’autres ne perçoivent pas la vie tels que nous la voyons. Quid de leur avenir ? Qui de leurs projets et ambitions ?
Bien sûr, 2022 se présentait sous de bons auspices sur le papier, avec sa multiplicité de ce chiffre 2, plutôt aguicheur puisqu’en termes de numérologie il se rapporte avant toute chose à la communication, l’échange, la dualité, le partage.
Les oiseaux de mauvais augure lisant l’avenir dans le marc de café ou assurant de manière péremptoire de grandes informations prédictives avaient eux pencher à l’époque – nous étions alors en décembre 2021 – sur le versant plus négatif de cette accumulation de chiffres, prétextes au négativisme et à l’obscurantisme.
Ils n’auront pas été déçus puisque le 2 correspondait selon eux à la séparation, la violence, la désunion, le conflit.

Ne pas laisser libre court à l’obscurantisme séculaire…
Force est de constater que dès le 24 février 2022, avec l’entrée en guerre de la Russie – sa fameuse opération militaire spéciale - bombardant de manière systématique l’Ukraine sans la moindre déclaration officielle, selon les us et coutumes des actes belliqueux qui possèdent là-aussi leurs droits, ces pseudos devins étaient donc dans le vrai.
Sécheresse et réchauffement climatique, été caniculaire, catastrophes naturelles répétitives, tensions géopolitiques accrues – la tentative d’intimidation de la Chine sur l’île voisine de Taïwan -, poussées de fièvre entre la Serbie et le Kosovo, rixes meurtrières entre l’Inde et la Chine, répressions infernales en Iran, la servitude éhontée des femmes en Afghanistan sous le joug des talibans, le retour de la COVID et de ses énièmes variants, hausse des prix et inflation ultra galopante…auront émaillé entre autres l’actualité de cette année 2022 qui ne restera pas malheureusement dans les annales pour ses bienfaits et sa recrudescence d’amour entre les peuples.
Une année que beaucoup tenteront d’oublier de leur mémoire parce que réellement mauvaise, à bien des égards. Notamment parce c’est réchauffée de façon bouillonnante que ce que l’on croyait être un film de science-fiction édulcoré, la « guerre froide ».
Exit James BOND et la sempiternelle lutte contre les méchants et les forces du Mal ; bonjour l’actualité morose et anxiogène de cette année 2022, avec ses frappes de missiles assassines régulières, ses massacres à l’aveugle sur les populations civiles, ses exactions, ses crimes de guerre,…son génocide mené en règle depuis Moscou. Son chantage récurrent aussi sur les Occidentaux, avec la prolifération de menaces nucléaires à qui mieux mieux, et la privation de ressources énergétiques.
Désormais, ces forces du Mal se dévoilent au grand jour, agissent en pleine lumière et portent les visages des dirigeants de Russie, Corée du Nord, Iran, Biélorussie…
Que des régimes autocratiques à la tête de pays où l’on aimerait passer des vacances et vivre un réveillon du Nouvel An, entre amis ou en famille, sous des cotillons multicolores et des pétards de joie.
Il y a quelques jours, un média de l’Hexagone abordait les perspectives de 2023 en titrant son sujet de la sorte, 2023, année de terreur ou bien de paix ?
Nous autres, Occidentaux, aimerions tant que les choses perdurent avec le contexte de sociabilité et de fraternité que nous connaissons depuis tant d’années. Depuis 1945. Mais, ailleurs, chez certains esprits chagrin et nostalgiques d’un impérialisme ancestral révolu, il serait tellement plus louable de tout chambouler et provoquer le chaos pour que règne enfin une ère nouvelle. Au nom de la privation des libertés et de la libre pensée. Que 2023 vous apporte bonheur, espérance, réflexions et surtout discernement...
Thierry BRET