Chiots à la mode et achats impulsifs : les refuges, comme la SPA de Nailly, font face à une hausse continue des abandons d’animaux de compagnie.
La France reste l’un des pays les plus touchés par l’abandon d’animaux de compagnie. En 2021, on en comptait déjà plus de 300.000, majoritairement des chats. Depuis la crise Covid, la situation s’est aggravée : dans les 345.000 abandons par an selon les estimations récentes, tandis que les adoptions ralentissent. Un phénomène de plus en plus massif, alors même que le bien-être animal progresse dans la société, notamment depuis la reconnaissance des animaux comme êtres vivants doués de sensibilité dans le Code civil en 2015, et malgré un nombre accru de campagnes de prévention.
Une SPA débordée
Directrice de la SPA de l’Yonne, Coralie Chameroy se réjouit toujours de voir partir ses petits protégés dans de nouvelles familles. Elle estime le nombre d’adoptions entre 450 et 700 par an. Mais comme la plupart des refuges et associations du département, l’établissement sature en raison d’une hausse de 50% des abandons sur le territoire en un an : « il n’y a pas une journée sans un appel pour un abandon. Il n’y a plus de période estivale comme avant, c’est toute l’année ».
Le refuge suit la tendance nationale avec en tête des abandons les chats, dont la reproduction n’est toujours pas maîtrisée, ainsi que des chiens de type « molosses, des malinois, des chiens difficilement adoptables ». Pour Coralie Chameroy, le phénomène est dû à une demande accrue de chiots, achetés notamment sur des sites de petites annonces comme Leboncoin, des espèces qui nécessitent une bonne éducation, de l’espace et beaucoup d’activités. Un constat préoccupant pour les refuges, confrontés à une saturation désormais permanente.
Floriane Boivin

SPA de l’Yonne, Nailly
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SPA de l’Yonne, Nailly

Philippe, employé de la SPA de l’Yonne à Nailly, et Coralie Chameroy, directrice.
