Le label « Ville et métiers d’art » ne s’affiche pas sur les vitrines, mais il transforme profondément la vie des ateliers. Confirmé pour six ans, il fédère plus de 70 artisans et donne un véritable coup d’accélérateur aux savoir-faire du territoire.
Légende : Créatrice de bijoux depuis 2016, Charlotte Blazy, alias Charlie O’Plumes, est aujourd’hui installée à Louesmes. Crédit : Ethan Bickle
En Puisaye-Forterre, l’histoire du label remonte au début des années 1990, d’abord autour de Saint-Amand-en-Puisaye, avant une extension progressive à l’ensemble de la communauté de communes. Confirmé pour six ans, il inscrit aujourd’hui le territoire dans un réseau national de 610 communes et intercommunalités. Localement, plus de 70 artisans d’art, répartis dans une vingtaine de communes, sont concernés, de la céramique au textile, en passant par le verre, le cuir, le métal ou la restauration du patrimoine. Le renouvellement du label « Ville et métiers d’art » ne change pas l’enseigne des ateliers, mais il modifie en profondeur l’environnement dans lequel travaillent les artisans. Car ici, ce ne sont pas les professionnels qui sont labellisés individuellement, mais la collectivité qui s’engage à structurer et soutenir la filière.
Concrètement, cela signifie davantage de moyens pour organiser des expositions, des salons et des événements collectifs. Le label facilite aussi la mobilisation de lieux adaptés à la médiation et à la rencontre avec le public.
Un coup de projecteur… et un vrai soutien
Pour les plus de 70 artisans d’art répartis dans une vingtaine de communes, l’enjeu est d’abord celui de la visibilité. Être intégré à un réseau national de 610 collectivités permet un référencement structuré, une communication coordonnée et une identification plus claire du territoire comme terre de métiers d’art. Pour des professionnels souvent installés en milieu rural, cette mise en lumière est loin d’être anodine. « Quand je vois comment on est référencé sur le site, je me dis que c’est cool », souligne Charlotte Blazy, alias Charlie O Plumes, créatrice de bijoux à partir de matériaux recyclés.
Le label agit également comme un accélérateur de mise en réseau. Expositions collectives, concours régionaux ou nationaux, boutiques éphémères, rencontres avec des acteurs du patrimoine ou de la culture, les occasions de sortir de son atelier se multiplient. « C’est un dispositif institutionnel, qui apporte des moyens, des lieux, parfois des subventions », souligne Ale Casanovas, représentante régionale d’Ateliers d’Art de France.
Au-delà de l’aspect événementiel, la démarche renforce la professionnalisation. Les quatre critères d’attribution — développement économique, valorisation touristique, médiation patrimoniale et transmission — encouragent la collectivité à inscrire les métiers d’art dans une stratégie durable.
Ethan Bickle

