
La récente disparition du sénateur de Côte d’Or aura provoqué une onde de choc dans le microcosme politique régional. Que dis-je, un véritable séisme ! Tant la personnalité de cet amoureux de la nature et du vélo aura marqué les esprits de celles et ceux qui ont eu un jour le privilège de le croiser ou de le côtoyer ; que l’on soit de sa famille politique – socialiste à l’origine avant sérieusement de bifurquer vers un centre mi-droite, mi-gauche parfois à la limite de la confusion qui allait donner naissance au macronisme quelques années plus tard – ou que l’on soit parmi ses plus virulents détracteurs et réfractaires au personnage…
François Patriat n’est plus. Une triste nouvelle, une de plus, tombée comme cela, au cœur de cet été 2026 ayant vu les épisodes caniculaires se succéder, plombant sous la forme d’une léthargie quasi létale toute l’actualité du moment. Entre incendies difficilement maîtrisables et crises énergétiques à répétition, imputables aux soubresauts de la géopolitique du Moyen-Orient.
A 83 ans, l’ancien président du Conseil régional de Bourgogne a donc tiré sa révérence alors que chantaient les cigales, au grand dam de tous ses suiveurs et amis. Un décès survenu le 19 août dernier, au centre hospitalier de Dijon, des suites d’un grave accident de bicyclette qui l’avait conduit un mois plus tôt vers l’hospitalisation. Un destin rattrapé par sa passion absolue pour la pratique de la « petite reine » et ses innombrables dangers sur les routes.
Régulièrement, de par ses différentes fonctions politiques nationales et régionales – il fut secrétaire d’Etat aux Petites et Moyennes Entreprises, au Commerce et à l’Artisanat et à la Consommation sous l’ère de Lionel Jospin (entre 2000 et 2002), puis ministre de l’Agriculture et de la Pêche durant une courte période de 2002 au sein du gouvernement socialiste de Lionel Jospin -, François Patriat, surnommé affectueusement « Fanfan » par ses aficionados, promenait sa silhouette reconnaissable sur le territoire le plus septentrional de notre région, l’Yonne. Un homme empli de convictions et de charme, qui usait de son oralité pour faire passer ses idées et ses…projets.
Comme celui en 2016 d’être l’un des principaux instigateurs et soutiens du futur mouvement politique d’un jeune loup aux dents acérés, un certain Emmanuel Macron, qui a la tête d’En Marche, allait bouleverser l’échiquier politique durant la décennie qui allait suivre. Aux côtés de son ami, Gérard Collomb, ancien ministre lyonnais, la destinée de l’ancien ministre de François Hollande allait donc prendre une tout autre dimension hexagonale…on connaît la suite, à l’aune de la présidentielle de 2027. Un pensionnaire de l’Elysée, ému et bien présent, lors de la cérémonie funéraire accueillie en l’église de Semur-en-Auxois. L’ultime hommage d’un président de la République à l’un de ses mentors dans la sobriété et la tristesse. La fin d’une époque ?
Thierry BRET

