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Saint-Bris-le-Vineux : un ciné-club pour retisser du lien social

Saint-Bris-le-Vineux : un ciné-club pour retisser du lien social

Arthur Londres17 février 2026

Du film Coup de tête de Jean-Jacques Annaud à Gloria Mundi de Robert Guédiguian, Le ciné-club Les Grandes Oreilles propose chaque mois un ciné-débat dans la salle des fêtes du village de Saint-Bris-le-Vineux.

De gauche à droite : Marie Bähr, présidente du ciné-club, Manon Heugel, vice-présidente et Yacine Badday, scénariste du film Sous le soleil d’Alice. (Crédit : Les Grandes Oreilles)

Du cinéma dans un village, l’idée germe pendant le déconfinement dans l’esprit de Marie Bähr, conseillère municipale de Saint-Bris-le-Vineux. « Nous avions organisé avec la municipalité des projections de films en plein air. C’était après la Covid et ça a très bien marché », confie l’intéressée. Emballée par la diffusion d’un film de Cédric Klapisch qui attire près de 300 personnes dans le parc du village, Marie Bähr tente de se rapprocher de l’association Panoramic qui vagabonde de village en village pour projeter des films. Sans succès.

Guy Roux était venu raconter son expérience de conseiller technique sur le film Coup de tête de Jean-Jacques Annaud. (Crédit : Les Grandes Oreilles)

Pendant quelques années, le projet était en gestation « Quand la mairie a dû changer son projecteur vidéo, ils en ont acheté un qui convenait pour projeter des films. » Marie Bähr créée avec deux amis l’association Les Grandes Oreilles. Le projet voit le jour, avec le soutien de la municipalité, un 12 janvier 2024 avec la diffusion du film… Municipale de Thomas Paulot, en présence de l’équipe de tournage. Chaque mois depuis deux ans, ce ne sont pas moins d’une quarantaine de curieux qui poussent les portes de la salle des fêtes de Saint-Bris pour venir assister à une projection, suivie systématiquement d’un débat avec un invité en lien avec le film. « Depuis un moment on n’a plus de bar dans le village, en tant que conseillère municipale je trouvais ça triste qu’on n’ait pas de lieux pour se retrouver, c’est l’un de nos objectifs, créer du lien et ouvrir des questions. » Ironie de l’histoire, l’association se finance principalement grâce aux tickets d’entrées et aux recettes de la buvette.

Un trait d’union culturel

En plus de créer du lien, l’association muscle l’offre culturelle en rendant accessible à tout un village des évènements bien souvent réservés aux villes. « Nous croyons très fort dans le pouvoir de la fiction et la capacité qu’elle peut avoir pour modifier nos vies, infléchir leur trajectoire », confie Marie Bähr. Depuis deux ans maintenant, la conseillère municipale et ses bénévoles tractent et collent des affiches pour inciter les Saint-Brisiens à venir assister aux projections « Curieusement y’a peu de gens du village qui viennent. C’est plutôt un réseau de gens intéressés qui viennent des villages alentour mais aussi d’Auxerre, affirme la présidente. La culture n’est pas toujours prise au sérieux ou alors sur le plan du divertissement ce qui est autre chose. C’est difficile de donner envie à un public qui n’est pas toujours très amateur ». Pour autant, la présidente continue de se démener : « On n’a pas un gros budget pour défrayer nos invités mais on se débrouille. »

Arthur Londres

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