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Sens : Le carrousel fait tourner les têtes depuis 80 ans

Sens : Le carrousel fait tourner les têtes depuis 80 ans

Floriane Boivin9 février 2026

Véritable institution du centre-ville, le carrousel du parvis de la Cathédrale Saint-Etienne a retrouvé sa place après une cure de jouvence. Entre mécanique d'époque et sujets modernes, il reste le passage obligé des familles sénonaises.

Carrousel sur le parvis de la cathédrale de Sens (Crédit : Floriane Boivin)

Sous l’ombre protectrice de la cathédrale Saint-Étienne, le carrousel a repris sa danse. Cette structure de huit tonnes et sept mètres de diamètre n’est pas un simple divertissement : c’est une initiation aux joies de la fête foraine. Construit dans les Ardennes dans les années 1940, il a longtemps parcouru les fêtes foraines avant de s’ancrer durablement dans le paysage de la cité de Brennus il y a vingt ans.

Une mécanique historique, un look moderne

Si le carrousel semble immuable, il a pourtant su évoluer sous l’impulsion de la maison « Les Croustillons d’Albert », qui en a fait l’acquisition il y a deux décennies. Norman Sicault, à la tête de l'entreprise, veille sur ce patrimoine avec passion. « Il y a beaucoup de choses qui ne sont plus d’origine, comme les sujets, le tout a été changé. Mais la mécanique et la structure du manège le sont » explique-t-il.

Pour séduire les nouvelles générations, les chevaux de bois ont parfois dû céder la place à des bolides plus contemporains. La gondole d'autrefois a été remplacée par deux petites voitures, car « ça plaisait plus aux enfants ». Même constat pour les motos qui ont rejoint le bestiaire : « On essaie de rester dans le style carrousel mais d’avoir des choses au goût du jour. Les enfants voient quand un sujet change, ils aiment bien ».

Un ancrage local et affectif

Plus qu’un manège, l’objet est une œuvre d’art locale. Certains de ses panneaux arborent des reproductions d’œuvres du Musée de Sens, peintes par l’artiste Emma Deco. Pour Norman Sicault, ce carrousel « n’a pas de prix ». Il est aussi le lieu des premières émotions fortes pour les bambins : « Pour les tout-petits, les parents se mettent à côté, ça les rassure » note le propriétaire.

Tenu au quotidien par Pascal depuis trois ans (succédant à la famille Lamoureux), le manège a pourtant connu une belle frayeur en juillet 2024, lorsqu'un violent orage l'a littéralement soulevé. Heureusement, le diagnostic fut rassurant : « C’était très impressionnant visuellement, mais il n’y avait rien mécaniquement » se souvient Norman Sicault.

Une maintenance complète et un carrousel attendu

Après un mois d'absence pour une révision totale (plancher refait, chapiteau neuf et façades revernies) le carrousel brille de nouveau sur le parvis. Et la fidélité des Sénonais ne se dément pas, quel que soit l'emplacement.

Les Croustillons d’Albert s'installeront sur la fête foraine courant avril puis en juillet en bas du Cours Tarbé, un site choisi pour pallier les travaux des Promenades. Un pari qui s'est avéré payant finalement : « On était un peu sceptique mais on a été très agréablement surpris. Donc on réitère cette année » conclut Norman Sicault. En attendant, c'est bien face à la cathédrale que les souvenirs continuent de se construire, un tour après l'autre.

Floriane Boivin

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