17e au classement général et pire attaque de Ligue 1 avec 13 buts inscrits, l’AJ Auxerre n’est pas parvenue à renforcer son secteur offensif lors des dernières heures du mercato hivernal. La faute à un vrai-faux retour de Gaëtan Perrin qui s’est finalement engagé à Lille. En dépit de ce deal déchu, quel bilan faire du mercato auxerrois ?

Avec 3 arrivées et 2 départs, l’AJ Auxerre a misé sur la continuité cet hiver plutôt que le chamboulement, après un mercato d’été agité.
Matondo, un deal en or
Vendu au nouveau riche du Paris FC pour 17,5 millions d’euros, bonus compris, Rudy Matondo entre dans l’histoire en devenant la deuxième plus grosse vente de l’AJ Auxerre, juste derrière le transfert de Djibril Cissé chez les Reds de Liverpool en 2004. Un cadeau béni pour les finances auxerroises à l’heure où les revenus liés aux droits TV sont en berne, et que l’AJ Auxerre accusait encore 13,9 millions d’euros de déficit, en 2023-2024, dans les derniers comptes rendus publics par la DNCG. L’opération est d’autant plus réussie que le joueur de 17 ans compte seulement 661 minutes de jeu en professionnelle et que les dirigeants auxerrois ont su anticiper son départ avec l’arrivée du milieu de terrain Naouirou Ahamada. Un bon coup pour l’AJA qui récupère librement un joueur à fort potentiel - qui avait coûté 12 millions d’euros à Crystal Palace en 2023 - et dont les principales qualités sont semblables à celles de Matondo. Dans l’opération maintien, le départ du milieu relayeur de 17 ans ne devrait pas peser sportivement.
Autre recrue de ce mercato d’appoint, le défenseur suisso-américain de 22 ans Bryan Okoh s’est engagé jusqu’en 2029 avec le maillot à la croix de Malte. Un transfert à 2,5 millions d’euros qui interroge. Arrivé pour stabiliser une défense à la peine depuis le début de saison, le natif de Houston semble être un nouveau pari, d’autant qu’il n’était pas titulaire indiscutable dans son club suisse de Lausanne alors que Christophe Pélissier demandait en début d’année des renforts d’expérience. Cependant, avec son mètre 91 et ses passages dans la galaxie Red Bull, réputée pour former des talents bruts, il offre une option supplémentaire à l'entraîneur auxerrois qui a dû apprécier son entrée décisive dimanche dernier contre Toulouse (0-0).
Le pari Faivre
La pire attaque de Ligue 1 n’a enregistré qu’une seule arrivée offensive tandis que le frustrant ailier Ibrahim Osman est parti à Birmingham. La nouvelle pioche s’appelle Romain Faivre, ailier droit gaucher, ex-golden boy du Stade brestois, avec qui il a inscrit 14 buts et 10 passes décisives entre 2020 et 2022. Un renfort de poids ? Si son talent est indéniable, ses piges express au mieux moyennes, au pire ratées, à l’OL, Lorient, Bournemouth et Al-Tawioun jettent un point d’interrogation sur sa capacité à rendre l’attaque auxerroise plus efficace. Sa première titularisation mi-figue mi-raisin contre Toulouse prouve que le joueur a des qualités mais qu’il faudra du temps pour que le faux-pied de 27 ans retrouve de son éclat. En attendant, son profil donne une option supplémentaire à Christophe Pélissier puisqu’il peut également évoluer au poste de numéro 10… Peut-être qu’en cette semaine de chandeleur, l’ancien brestois sera inspiré face au Paris FC. Pour marquer, l’attaque auxerroise aura bien besoin de ses belles galettes.
Perrin… Anatomie d’un cauchemar
Pour les supporters auxerrois, les dernières 48 h du mercato hivernal relèvent de la pire des fictions. Dimanche soir, l'AJ Auxerre, qui s’était positionnée sur l’attaquant de Chelsea Diatro Fofana, se fait griller la priorité par Strasbourg, club appartenant au propriétaire des Blues… L’AJA repart donc à la recherche d’un dernier renfort offensif de poids, et ça tombe bien, voilà plusieurs semaines que les dirigeants auxerrois discutent avec leur ex-coqueluche parti s’exiler en Russie, Gaëtan Perrin. Le 2 février en fin de matinée, le deal est bouclé avec Krasnodar. Tout est prêt pour voir le héros d’un club revenir, mais c’est finalement Lille qui surenchérit et remporte la mise, Perrin ne reviendra pas à Auxerre. Il est 14 h 30, les supporters sont sous le choc et jusqu’à 20h, heure de la fermeture du marché des transferts, aucun mouvement n’aura lieu. Pourquoi avoir attendu le dernier jour du mercato hivernal pour se renforcer à un poste prioritaire ? Pourquoi aucun plan B n’a été anticipé ? Si les dirigeants auxerrois se sont défendus et accusent Perrin d’avoir “posé un lapin”, ce feuilleton confirme une théorie millénaire : il ne faut jamais se remettre avec son ex. En attendant, les bourguignons devront faire avec les forces en présence. Avec 0,7 but par match, l’AJ Auxerre a encore ses chances de se maintenir y compris avec cette moyenne de but, à condition de prendre plus de points. En 2009, Grenoble s'était maintenu en Ligue 1 avec une moyenne de 0,63 but par match.
Arthur Londres

