Le monde des arts et de la culture aura payé un lourd tribut en cette funeste journée de ce vendredi 06 avril, au demeurant très ordinaire à vivre sur le calendrier de notre quotidien. Mais, il faut croire que le Dieu des baladins et autres saltimbanques avait biffé ce jour précis sur son agenda pour rappeler à lui plusieurs personnalités à la personnalité bien trempée qui ont su apporter un supplément d’âme indispensable à l’existence de nos contemporains que nous regrettons à jamais. Véronique COLLUCCI, l’ex-épouse de COLUCHE, devait se languir de ne plus entendre les blagues persifleuses et farouches de son ancien compagnon, créateur des Restos du Cœur ; l’humoriste et chansonnier Patrick FONT, à l’âge de 77 ans, laissera son compère et complice de toujours, Philippe VAL, dans une tristesse profonde tandis que l’auteur/interprète du célèbre morceau « Tombé du Ciel », l’immense Jacques HIGELIN, vient d’y accéder, lui-aussi, à cet âge qui semble si fatidique en cette sournoise journée. L’un des artistes les populaires de l’Yonne, le poète et chanteur GERARD-ANDRE, a voulu rendre un ultime hommage à sa façon à celui qu’il avait côtoyé à maintes reprises…

ETAIS LA SAUVIN : Comme beaucoup de monde, je ne m’attendais pas à la disparition de Jacques HIGELIN. Je suis très triste. A l’instar de Georges BRASSENS, Jacques HIGELIN était avant tout un poète, un grand poète populaire.

J’ai eu la chance de l’avoir, à quelques reprises, côtoyé.

Son regard sur les gens était toujours plein d’amour et les mots partagés avec lui toujours empreints de bonté et probablement d’amour. Toujours, l’injustice le révoltait.  

J’aimais, bien sûr, l’homme qui savait s’engager pour les meilleures causes car il les servait mais ne s’en servait pas pour lui.

Un jour à la Mutualité de Paris, lors d’une manifestation de solidarité avec le Chili, à laquelle je participais, il est resté jusqu’au bout et, après son intervention, il prolongea très tard sa présence dans les coulisses afin de parler avec tout le monde et de partager ce moment inoubliable. Il n’affichait pas la distance qu’ont trop souvent certains artistes et à ses côtés, on se sentait bien.

Sur scène j’aimais énormément sa liberté. Il n’était pas formaté : il me faisait penser à FOLON. Un jour, c’était à Ivry sur Seine, sous un grand chapiteau, je l’ai vu faire monter un copain (qu’il avait reconnu dans la salle) pour jouer de l’harmonica avec lui, en totale improvisation. À un autre moment, sur scène

toujours, il a reconnu devant le podium le chanteur Allain LEPREST (disparu il y a quelques années). Et le voilà qui, en plein spectacle, se met à converser longuement avec lui, comme s’ils étaient seuls au monde ! 

Jacques HIGELIN respirait la franchise. Sa spontanéité n’était pas feinte ou calculée.

J’aimais aussi beaucoup le musicien qui était loin, très loin, de la mode et des tendances musicales du moment, dictées par les impératifs du show-business.

J’espère, qu’à l’occasion des spectacles à La Closerie (salle d’Etais la Sauvin), nous pourrons rendre hommage à ce grand poète. Un, ou plusieurs hommages, pour faire connaître à celles et ceux qui ne le savent pas, la grandeur de cet artiste éternel...

Gérard-André et Thierry BRET

Impulser une nouvelle vigueur au traditionnel clivage entre la droite et la gauche n’a rien d’utopique pour l’éditorialiste qui a eu l’opportunité d’expliquer sa vision de la politique lors d’une conférence déclinée par le Cercle Condorcet à Auxerre. Rappelant que le véritable socle de l’adhésion au projet d’Emmanuel MACRON ne dépassait pas les 18 %, le journaliste d’Alternatives économiques affirme que les forces de gauche peuvent encore jouer un rôle primordial dans le pays à condition de repartir à la reconquête de son électorat naturel, y compris celui des classes moyennes, et en laissant au vestiaire, cette fois-ci, le volet de la trahison idéologique…

AUXERRE : « Il faut casser définitivement la dynamique inégalitaire qui sévit dans ce pays depuis si longtemps ! ». Débateur hors pair, fin exégète de la vie politique et économique depuis plusieurs décades, Philippe FREMEAUX, figure emblématique de l’intelligentsia de la presse nationale, a fait étape dans l’Yonne il y a peu, à l’occasion de la publication de son dernier ouvrage. Un opus sobrement intitulé : « Après Macron », paru en début d’année aux éditions du Petit Matin.

Abordant tour à tour la laïcité et les communautarismes qui clivent notre société, évoquant le poids de la transition écologique qui ne peut se comparer à un quelconque supplément d’âme destiné aux bobos dans le vent, Philippe FREMEAUX s’est présenté au public icaunais en fervent défenseur de la cause environnementale, base indispensable à l’amélioration de la qualité de vie des classes populaires.

2022 déjà dans le viseur pour anticiper l’après MACRON…

Fustigeant le Front national et ses 35 % d’électeurs, puisés pour une large part parmi cette frange de la population oubliée par les socialistes depuis François MITTERRAND, l’orateur a concentré l’essentiel de ses propos sur la reconstruction de la gauche, après l’ère Emmanuel MACRON.

« Emmanuel MACRON, c’est François HOLLANDE qui sait enfin prendre des décisions moins l’ISF !, plaisante notre confrère en déroulant ses explications analytiques sur le comportement stratégique du chef de l’Etat, l’homme s’est lancé beaucoup de défis. Si ceux-ci ne sont pas relevés, l’enjeu est de reconstruire la gauche pour assurer l’alternance lors des prochaines échéances électorales présidentielles… ».

Chacun fourbit déjà ses armes pour 2022, date butoir si loin et si proche à la fois.

« La crainte serait de subir une alternance liée à une droite radicalisée, poursuit l’homme de lettres, on ne peut bâtir réellement un après MACRON que si certaines conditions sont enfin réunies pour la gauche. Il faut surtout les faire partager à un maximum d’acteurs… Quand MACRON fait l’éloge du premier de cordée, la gauche doit dire qu’elle incarne une égalité véritable des possibles via le logement, la santé et la défense des retraites, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui… ».

Une gauche incapable de mettre en place un programme socio-démocrate

Constatant avec amertume que la gauche n’a pas su aborder le nécessaire virage inspiré par les idéaux socio-démocratiques, Philippe FREMEAUX a le sentiment que 1983 fut une année charnière quand François MITTERAND a trahi les siens.

« La gauche a été incapable de porter cette vision nécessaire du progrès, en essayant d’éradiquer réellement le chômage de masse. L’accompagnement économique n’a pas suivi tandis que la construction européenne a été instrumentalisée. De là, est apparue la puissante progression du Front national… ».

Seule la période de gouvernance incarnée par Lionel JOSPIN trouve grâce aux yeux du conférencier. « C’est l’un des rares à avoir fait ce qu’il avait annoncé ! Son discours séduisait les classes moyennes et populaires avec du réalisme macro-économique, mis en œuvre autour d’une réforme audacieuse qui se traduisait par l’adoption des 35 heures… ».

Sévère sur la politique appliquée par François HOLLANDE (« il a tenté de reproduire MITTERRAND en moins bien »), le journaliste reste catégorique dans son jugement : « Il a dit qu’il avait réussi au terme de son quinquennat : en vérité, ce fut un bide, avec cette politique de falot… François HOLLANDE est resté prisonnier de son logiciel qu’il a appris durant ses études ! ».

Critiquant l’ancien pensionnaire de l’Elysée pour son manque de discernement sur le devenir de l’Europe, l’orateur s’interroge sur l’absence d’un nouveau programme orienté vers l’emploi des jeunes qui n’a jamais vu le jour.

Quant à Benoît HAMON, malheureux candidat à la dernière présidentielle avec ses 6 % de suffrages, « il possédait une vision trop pessimiste de la société pour convaincre les classes populaires ». Même si le revenu universel et les vraies attentes sociales (santé, retraite, éducation…) que ce dernier avait mis en exergue durant sa campagne auraient pu séduire l’opinion.

La République en marche, parti peu structuré mais très hégémonique

Quant au président actuel, il a bénéficié du terreau nécessaire favorisant son accession au pouvoir suprême. La volonté du « dégagisme » parmi la classe politique, la convergence affirmée de cesser les querelles de comptoir entre la gauche et la droite, sont autant d’arguments ayant parachevé le succès du jeune prodige de 39 ans au palais de l’Elysée. Toutefois, dubitatif, Philippe FREMEAUX questionne l’assistance sur les alternatives possibles à l’instant « t ».

« C’est clair, précise-t-il goguenard, on ne sait pas où vont les socialistes : si rénovation il y a, c’est hors les murs ! Quant aux écologistes, ils ont totalement disparu du paysage de l’Assemblée nationale : il plane une incertitude sur leur positionnement. A droite, la physionomie n’est guère enviable : divisée, laminée, elle se cherche un leader charismatique mais ne le trouve pas. Le Front national traverse une crise identitaire importante avec la perte de crédibilité de sa dirigeante qui aura manqué totalement son rendez-vous avec les Français au soir d’un certain débat télévisé. Quant à la France insoumise, certes, le mouvement dispose d’un leader au charisme évident mais il s’est isolé en cultivant son rôle de premier opposant en permanence. Tout cela profite à Emmanuel MACRON qui a choisi d’occuper une position centriste avec LREM, jeune mouvement qui est peu structuré mais très hégémonique… ».

Alors, cette victoire de mai 2017 est-elle réellement un concours de circonstance ? « Oui, affirme Philippe FREMEAUX, objectivement, le futur président de la République a été pris au dépourvu car il ne s’y attendait pas. Ce n’est ni un orateur ni une personne empruntée d’une réelle aura. Mais, il a su incarner au bon moment la promesse d’un changement radical populaire qui ne voulait pas de l’extrême droite ni de Benoît Hamon ni de la France insoumise et encore moins des Républicains… Bref : c’est un ralliement avec des composantes de la droite modérée et une gauche réaliste qui ont conduit le jeune candidat à la tête de l’Etat… ».

Captant une belle prise de guerre dans le camp des écologistes (Nicolas HULOT), caressant dans le bon sens du poil les partisans de la suppression de l’ISF, séduisant le patronat avec une réelle volonté d’accélérer enfin les processus de la relance économique, éradiquant du paysage, en partie, la taxe d’habitation en saupoudrant de justice sociale et en balayant les conservatismes, Emmanuel MACRON a su redonner de l’espoir à la nation toute entière au lendemain de son élection. Sachant que celles et ceux qui lui ont accordé sa voix ne souhaitent pas son échec, au risque de conforter au pouvoir la droite radicalisée ou les extrêmes.

Louables intentions, mais pour combien de temps ?

Certains corporatismes comme les cheminots et les syndicats d’ouvriers, mais aussi les professionnels de santé ou des milieux agricoles, pourraient très vite perturber la ligne actuelle de la politique gouvernementale. Eu égard à l’actualité sociale.

« Tous ceux qui espéraient davantage de libération démocratique de la part du macronisme sont déçus !, assène Philippe FREMEAUX.  

Le chemin conduisant à la réélection de l’actuel président sera soit parsemé d’embûches soit à vivre comme un véritable parcours du combattant…

Originaire de Bourgogne, le talentueux chef du « REBSTOCK La Petite Provence » à Heilbronn quittera le temps du défi culinaire proposé par le CIFA de l’Yonne ce mercredi 21 mars à Auxerre son territoire de prédilection, le Baden-Würtenberg, qui lui a permis aux côtés de son épouse Béate d’obtenir un Bib gourmand et deux fourchettes au Michelin depuis 2011. Adepte d’une savoureuse cuisine provençale qu’il mitonne dans son établissement gastronomique allemand, Dominique CHAMPROUX aura à cœur de montrer à ses pairs le chemin parcouru depuis une trentaine d’années vécues dans le pays de Goethe.

HEILBRONN (Allemagne) : Sélectionné parmi les treize meilleurs des dix mille restaurants répertoriés dans le haut du panier chez nos voisins d’Outre-Rhin, le « REBSTOCK La Petite Provence » possède un palmarès éloquent auprès des aficionados et des critiques de la gastronomie.

Depuis le 06 juillet 2010, c’est la toque française, Dominique CHAMPROUX, en compagnie de son épouse, qui préside à la destinée si particulière de cette table couronnée par les plus grandes références de ce segment incontournable des arts de vivre.

L’une des plus belles cartes de visite en Allemagne…

Qu’il s’agisse du Gault et Millau, de Varta, de Schlemmer Atlas, de Gusto et Berstellmann : le verdict dans l’appréciation professionnelle de cette étape culinaire est sans appel. Grâce à son chef bourguignon, natif de la Nièvre, l’établissement intègre aujourd’hui les meilleures références de la gastronomie internationale en Allemagne. Même « American Express » lui a attribué le titre d’un des meilleurs services et accueil proposé pour l’année 2014.

C’est peu dire que le retour du seul régional de l’étape de cette édition IRON COOK 2018 est attendu comme celle du Messie. Et que les mémoires ravivées des plus anciens représentants du jury, articulé autour de douze personnes, fonctionneront au quart de tour pour se souvenir de l’excellent parcours effectué par l’enfant prodige qui avait su décrocher en 1985 le CAP option cuisine au lycée professionnel de Cosne sur Loire.

« Après des années d’expérience en Angleterre, en Allemagne et en France, au détour de restaurants étoilés ou trois toques au Gault et Millau), j’avais envie de voler de mes propres ailes, explique Dominique CHAMPROUX, quand vous êtes employé au sein d’une maison, vous avez toujours des entraves qui vous empêchent de réaliser vos désirs. Dès que vous basculez dans l’entrepreneuriat, vous gagnez en liberté. Aux côtés de mon épouse, nous avons construit ce restaurant dont elle est l’âme à part entière. Elle me laisse le temps libre pour que je puisse travailler à mon inspiration, même s’il est parfois difficile de concilier vie privée et vie professionnelle… ».

Vivre avec la pression mais être fier de son engagement professionnel

Malgré les vicissitudes engendrées par un quotidien débordant de créativité et d’énergie, le couple conserve le cap en cette nouvelle année 2018. Avec des ambitions mesurées qui n’ont d’autres objectifs que de satisfaire une clientèle fidèle à la cuisine hexagonale, avec six à huit nouveaux plats proposés à la carte cette saison.

« Depuis sept ans, le Bib gourmand qualifie notre savoir-faire, concède Dominique CHAMPROUX, à l’instar des 13 points que Gault et Millau nous a accordés. Quelle que soit l’horaire choisi, j’aime me lever le matin en retrouvant au fond de moi cette petite étincelle qui nourrit la passion que j’éprouve pour ce métier, incontestablement le plus beau du monde selon moi. Même si, tous les jours, nous vivons avec une pression que nous supportons volontiers sur nos épaules et dans nos cœurs… ».

Il est vrai que se positionner à la toute première place des restaurants de la ville d’Heilbronn (140 000 habitants) et être considéré comme l’un des 350 meilleurs établissements culinaires en Allemagne ne permettent pas au hasard de prendre les rênes de sa destinée. Seuls le travail, le perfectionnisme et l’abnégation demeurent les garants d’une telle réussite…

Un chef rodé à la dynamique des concours, souvent titré et bien placé

Depuis septembre 2005, Dominique CHAMPROUX a accumulé les participations à des concours professionnels vertueux dans sa quête à s’accorder du plaisir et surtout à le partager. Demi-finaliste du trophée du cuisinier de l’année 2015 à Salzburg en Autriche, le Bourguignon possède déjà des titres de noblesse grâce à quelques retentissantes victoires obtenues çà et là : comme au concours de la cuisine des fromages à Lyon (2007) ou au concours national de l’Accord parfait de Talence.

Grand favori de l’épreuve auxerroise, Dominique CHAMPROUX ? Incontestablement, même si le garçon demeure très humble et respectueux envers ses futurs adversaires.

« Je pense que ce concours avec l’âge de Thierry LAMBERT (52 ans) et le mien (50 ans) deviendra très vite un combat de générations, des plus existants ! Personnellement, ma présence se traduit au niveau mental avec beaucoup de sérénité. D’ailleurs, ce qui compte le plus pour moi aujourd’hui, ce n’est pas le classement mais le fait de concourir. Même si je termine à la quatrième et dernière place du classement, mes clients reviendront quand même. Partout, dans ces épreuves complexes à gérer tant au niveau physique que psychologique, il existe un lauréat et un dernier. Mais, au final, nous aurons tous gagné ce mercredi en ayant pu accéder à l’un des quatre fauteuils de finalistes de ce défi hors du commun… ».

Une cuisine provençale malgré ses racines bourguignonnes…

Quant aux thèmes de ce challenge Icaunais pertinent, incluant le travail du sandre et des écrevisses, cela plonge Dominique dans sa prime jeunesse.

« Mes parents étaient pêcheurs et moi enfant, je les accompagnais les pieds dans l´eau avec mes bottes en caoutchouc. Je ramassais les écrevisses à la main qui se cachaient derrière les pierres mouillées. Concernant l´agneau, la viande numéro 1 en Provence et les produits exotiques que l´on travaille en hiver, surtout quand il n´y a pas grand-chose sur le marché, représentent une belle source d’inspiration… ».

Adepte de la cuisine Nature, celle qui se conçoit avec un grand « N » en respect avec tout ce quelle produit naturellement (herbes, fleurs, arbres) mais aussi par le biais de petits producteurs, Dominique CHAMPROUX aborde son art telle une aventure finement ciselée au fond de l’assiette. Invitant ainsi à une véritable promenade dans la nature ses clients qui, au fil de leur dégustation, découvriront des recettes avec des goûts, des structures et des couleurs différents mais toujours dans le respect du terroir. Celui de la Provence ! Même s’il aime et respecte sa Bourgogne natale…Curieux paradoxe pour celui qui a eu droit au feu des projecteurs médiatiques de la télévision allemande et de grands quotidiens nationaux.

DIJON : Figurant à la cinquième position des auteurs les plus lus en France l’année dernière, la fille de l’inénarrable Joël de ROSNAY fera une halte très remarquée et appréciable le mardi 20 mars au Grand Hôtel de La Cloche dans la cité des Ducs, capitale de Bourgogne, siège de l’une des structures culturelles et intellectuelles les plus populaires de notre contrée, le Club des Ecrivains de Bourgogne. En acceptant l’invitation de la fameuse structure où agissent avec passion et brio des spécialistes des lettres et de la plume tels notre confrère Bernard LECOMTE, Gérard GAUTIER, Didier CORNAILLE, Claudine VINCENOT, Claude CHAPUIS…, la conférencière d’un soir aura l’opportunité de pouvoir évoquer la conception de sa dernière œuvre, publiée récemment chez Héloïse d’ORMESSON : « Sentinelle de la pluie ». Cet entretien sera animé par Yannick PETIT, exégète en littérature et chroniqueur de rubriques littéraires chez bon nombre de nos confrères. Il s’en suivra une séance de dédicaces à l’issue de cette soirée qui débutera dès 18h30…

Alors que le budget de l’Etat progresse de 13 % cette année pour tenter de résorber les inégalités patentes entre les représentantes de la gent féminine et les hommes dans notre société dite moderne ; les disparités salariales dans le domaine de l’emploi se creusent avec un différentiel de 26 % en défaveur des femmes quel que ce soit l’univers professionnel où elles exercent leur savoir-faire. Pourtant, le message de la préfète de la région Bourgogne Franche-Comté, Christiane BARRET, en visite dans l’Yonne à l’occasion de la journée spécifique du 08 mars (celle du droit des femmes) s’est voulu résolument optimiste dans ce haut lieu de l’émancipation de la condition féminine que symbolise la Maison Colette…

SAINT-SAUVEUR EN PUISAYE : Choisir l’ancien lieu de résidence de l’une des plus grandes figures de l’émancipation de la féminité en France pour y commémorer la célébration de la Journée internationale du Droit des femmes ne manque pas de symboles. Ni de poids. L’âme de l’écrivain qui a bravé une kyrielle d’interdits durant sa longue existence devait planer au-dessus de cette assistance, composée pour l’essentiel de femmes aux origines sociales diverses.

Avant d’en connaître davantage sur l’emblématique personnage de la littérature française, aux multiples facettes et à l’immense talent, le public écouta de manière attentive les propos de la représentante de l’Etat en Bourgogne Franche-Comté, la préfète Christiane BARRET.

Cette dernière a été accueillie par le préfet de l’Yonne Patrice LATRON et le président du Conseil départemental, Patrick GENDRAUD. Le patron de l’exécutif départemental devait évoquer le rôle de pionnière que ces femmes de progrès et idéalistes ont su jouer à travers l’Histoire citant entre autres Olympe de GOUGES et naturellement COLETTE. Clin d’œil espiègle de l’homme politique au moment de clore son discours : la part des femmes dans l’hémicycle du Département est la plus représentée par rapport aux hommes avec 22 conseillères féminines élues contre 21 messieurs seulement. Une situation rarissime parmi l’échiquier politique en France…

Il faut du temps avant que les femmes ne soient mises en avant…

Oser exprimer leurs talents ! C’est par ce biais introductif que la préfète de région a introduit son intervention en insistant sur les rapports distendus qui existent entre les deux sexes dans les milieux professionnels. Constatant avec amertume que les différences dans la vie active sont récurrentes, et le plus souvent importantes au détriment de ce public. « D’ailleurs, précisa-t-elle, les femmes subissent des activités professionnelles sous la forme de temps partiel plutôt qu’elles ne les choisissent… ».

Réclamant l’égalité une bonne fois pour toute dans notre société, Christiane BARRET expliqua les démarches prises en sens par la secrétaire d’Etat à la condition féminine qui multiplie les déplacements à travers l’Hexagone, porteuse de messages limpides pouvant à terme faire bouger les lignes. L’un des vecteurs pouvant accélérer ce changement de paradigme sociétal sera sans aucun doute l’apport du numérique. Un virage vers lequel les femmes doivent s’engouffrer y compris au plan professionnel.

« Curieusement, alors que le secteur du numérique et de la digitalisation doit nous permettre de relancer l’économie, peu de femmes sont réellement attirées par cette filière. Il ne faudrait pas vivre une fracture supplémentaire avec cet élément indissociable de la communication et des échanges envers l’autre… ».

En France, de nombreuses initiatives ont pourtant vu le jour au cours de ces dernières semaines sous la forme de constitution d’ateliers. Une vingtaine sont apparus sur notre territoire afin d’interpeller les femmes à propos de ce sujet sérieux.

Lutter contre le harcèlement physique et moral…

Quant à la culture, elle apparaît aussi comme une clé de voûte nécessaire à l’émancipation féminine. Même si, regrette Christiane BARRET, le chemin pour y parvenir de manière équitable est encore bien loin et parfois pavé de retards incompréhensibles. Suivra une énumération de données statistiques édifiantes autour de la proportion des femmes à exercer telle ou telle typologie de métiers : 27 % sont auteurs, 20 % présentent enfin les journaux télévisés mais seulement 4 % d’entre elles mènent à la baguette l’orchestre qu’elles dirigent.

La préfète de Région ne pouvait clore son allocution sans s’insurger contre la situation régulière des violences physiques et morales faites aux femmes. Visant en particulier le harcèlement passif qui est à proscrire, à la fois sur son lieu de travail mais aussi parmi les établissements scolaires.

Elle illustra ses arguments en faisant référence à la visite le 05 mars dernier à Dijon de Brigitte MACRON, première dame de France, et du ministre de l’Education nationale, Jean-Michel BLANQUER, venus à la rencontre des enseignants et élèves bourguignons. Prévenir le sexisme était le thème majeur de cette immersion pédagogique qui fut orchestrée autour de discussions et de scénettes théâtrales…

Un débat autour de la personnalité de COLETTE et de ses engagements permit de poursuivre les échanges avec le public dans ce site où s’imprégnèrent durablement la passion et la liberté…

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