Elle est « tout feu, tout flamme » l’incandescente Silvana VUCIC ! L’artiste polymorphe nous revient au zénith de sa forme, en cette période bénie des dieux et de féérie, avec les festivités de la Noël, pour illuminer la scène de ses exploits. Un spectacle de danse avec le feu où accompagnée de ses deux comparses, Olivier et Laurent, la « brûlante » artiste illumine la nuit de figures oniriques et sensuelles…

 

AUXERRE : « Light my fire » clamait à la face du monde le bondissant et imprévisible Jim MORRISON, apôtre des DOORS, en 1967 ! Ce feu brûlant qui lui coulait dans les veines a su faire des émules de génération en génération à travers le monde. Incontestablement, l’égérie de la culture hybride et décalée de l’Yonne, la fantasque et troublante artiste d’origine serbe Silvana VUCIC, se consume des mêmes envies que l’éternel Roi Lézard californien. Dont on a commémoré dans une indifférence quasi générale (surtout en France alors que l’auteur de « The End » est inhumé au Père Lachaise depuis juillet 1971 le cinquantième anniversaire de sa disparition).

Ce feu rédempteur et purificateur, si mystérieux et tellement fascinant, la « Belle » tente de le dompter avec aisance et après beaucoup de travail depuis plusieurs semaines. Pas toute seule et avec précaution, certes. Aux côtés d’Olivier et de Laurent. Formant ainsi un trio atypique et inattendu, baptisé les CATS’FIRE. « Les Chats du feu » ?!

 

 

Une touche-à-tout de génie qui ose se mettre à nue…

 

L’avant-première de ce spectacle enflammé a eu lieu à Charbuy il y a peu. Vibrant, captivant, enivrant. L’ensorceleuse Silvana se transcende intérieurement avec sa grâce et par sa gestuelle sous les sonorités de la musique lénifiante, faisant rêver les spectateurs aux yeux écarquillés. De la magie, sans aucun doute. Noire, peut-être, à l’identique des tenues sombres portées par ces trois esthètes de l’art absolu qui n’hésitent pas à cracher le feu et à jongler avec l’incandescence ?

Eclectique jusqu’au bout des ongles, Silvana VUCIC accumule les talents. L’imaginaire est débridé. Les idées fourmillent dans un esprit qui tourne bien rond celui-là, à la différence du regretté MORRISON !

Photographie, plasticienne, peinture (y compris sur le corps car la jeune femme aime se « mettre à nue » même dans l’interprétation de ses œuvres), dessins, compositions, explorations multi-sensorielles composent cet incroyable patchwork de créativité qui fait de cette auxerroise d’adoption une artiste libre et complète. Tout ce qu’elle touche se mue en or côté inventivité !

Alors, travailler sur un projet où elle deviendrait la muse du feu sacré originel qui a su façonner l’humanité depuis la nuit des temps ne lui fait pas peur.

 

 

La recherche d’une créativité encore plus aboutie…

 

Sous la tutelle de l’association CREASIS & Cie, voilà que naît ce trio à l’appellation animalière qui fait penser au ronronnement du feu dans la cheminée ! Un doux feulement sur le papier mais très expressif dès sa représentation scénique. L’exercice est complémentaire. Chacun muni de ses accessoires offre sa technicité, sa fluidité harmonieuse à l’ensemble. Le plaisir est bien là, palpable, entre ce trio à l’esthétique parachevée. Preuve d’une grande complicité ouvrant sur l’amitié.

Et puis, par-dessus tout, il y a ce symbole de la puissance domptée, en apparence. Ce feu qui crée une atmosphère hypnotique, presque surnaturelle, faisant de Silvana VUCIC cette grande prêtresse toute de noir vêtue qui se livre là à un étrange rituel. Entre arts martiaux et jonglerie, immersion dans la période moyenâgeuse et univers circassien. Un melting-pot finement orchestré.

 

 

 

Féline, sauvageonne, indomptable (« Angélique marquise des Anges » pour les plus anciens ayant des références cinématographiques !), Silvana VUCIC endosse tous les qualificatifs, au vu de sa brillante prestation. L’artiste s’ouvre à une créativité encore plus aboutie, faisant éclore ses envies à fleur de derme, entre sensibilité et intuition. L’émotivité est présente.  

La performance ne fait que débuter. Ce soir à Bazarnes, si les conditions météorologiques le permettent car le feu, c’est bien connu, n’aime ni la pluie ni le vent. Un peu plus tard à Auxerre, à la mi-décembre.

Ailleurs sans doute dès que ce spectacle bluffant à bien des égards et insolite franchira les frontières de l’Yonne. Une représentation lumineuse qui devrait se propager comme une trainée de poudre à l’échelle régionale, voire nationale, du fait du charisme de son artiste « incendiaire » et éclairée…

 

Thierry BRET

 

 

 

 

La belle initiative altruiste de la semaine est à mettre à l’actif de la municipalité de Monéteau. Illuminer en orange le bâtiment de la mairie. Un acte non anodin qui ne situe pas dans la prochaine configuration des fêtes de fin d’année. Non, il s’agit là d’un acte militant pour marquer son soutien à la Journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes. Un militantisme qui aurait pu déborder dans d’autres grandes localités de l’Yonne, restées elles dans la pénombre…

 

BILLET :

 

Lundi

 

Interrogé sur les vacances de fin d’année, le secrétaire d'Etat chargé du Tourisme Jean-Baptiste LEMOYNE l’a déclaré haut et fort ce matin sur France Info : « nous sommes outillés pour faire face à cette nouvelle vague de COVID-19… ». La verve et l’enthousiasme de l’ancien président de l’agence Yonne Tourisme sont bien connus. Ce qui l’était sans doute moins ce jour-là, c’était l’arrivée prochaine d’un certain variant sud-africain « Omicron », susceptible de rabattre bien des cartes…

 

Mardi 

 

La Coupe du monde de football 2022 attribuée au Qatar sera-t-elle celle de la honte ? Entachée depuis longtemps de soupçons de corruption, la grande « fête » sportive attendue par des dizaines de millions de personnes devra compter avec le nombre de travailleurs morts sur les chantiers de construction des infrastructures devant accueillir les compétitions. Originaires pour la plupart du Pakistan, d’Inde, du Népal ou du Bangladesh, ils seraient ainsi plusieurs milliers à avoir perdu la vie, exposés à des chaleurs extrêmes. Le chiffre terrifiant de 6 500 victimes a même été avancé ! Transformant les stades en véritables cimetières…

 

 

Mercredi 

 

Des tensions avaient éclaté en août dernier à Auxerre, entre des militants de l’association de protection animale « Respectons » et le cirque de Rome, venu planter son chapiteau quelques jours dans le chef-lieu de l’Yonne. Les premiers accusant les seconds de faire vivre leurs animaux dans des cages et de maltraitance, en leur faisant exécuter des numéros de dressage sous la contrainte. Les camions et caravanes ont depuis repris la route. Mais subsiste pour longtemps encore, trace de leur passage, sous forme d’un affichage sauvage protéiforme, à l’image de ce visuel capté boulevard Vauban à Auxerre, dont les habitants n’ont pas fini de « bouffer » du lion !

 

 

Jeudi

  

Ce jeudi 25 novembre marque la journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes. L’initiative prise par la municipalité de Monéteau d’illuminer en orange ce soir-là les bâtiments de la mairie, couleur symbole de cette journée est à saluer des deux mains. Et si chaque commune relevait le défi et colorait à l’unisson ses bâtiments les plus emblématiques… ? Tour de l’horloge à Auxerre, Hôtel de ville de Sens, remparts d’Avallon, pont de Joigny, Hôtel dieu de Tonnerre… Belle façon de sensibiliser le plus grand monde et rappeler qu’en 2020, les violences conjugales ont augmenté de 10 %, faisant au total près de 160 000 victimes.

 

Vendredi

 

La 37ème campagne d’hiver des Restos du Cœur vient d’être lancée. Les responsables de l’antenne auxerroise veulent recueillir un maximum de jouets en perspective de l’arbre de Noël qu’ils souhaitent organiser à destination des plus démunis… A leur création à l’automne 1985, il n’est pas certain que COLUCHE ait pu imaginer que 36 ans après, les restos seraient toujours là et même devenus indispensables… « Enfoiré ! ».

 

Samedi

 

Eric ZEMMOUR est à deux doigts de se déclarer candidat aux prochaines présidentielles. Voire même depuis son déplacement à Marseille ce samedi, à un doigt de le faire… Doigt d’honneur ou de déshonneur, chacun jugera mais en tous les cas, un geste déplacé bien loin d’une stature présidentielle. Comme dirait François FILLON : « Imagine-t-on un seul instant le Général de GAULLE, etc… ».

 

Dimanche

 

Depuis l’enquête diffusée jeudi dans le cadre de l’émission « Envoyé spécial », Nicolas HULOT est dans la tourmente. Son nom venant grossir la liste des personnalités politiques ou médiatiques visées ces derniers mois par des accusations de viols ou agressions sexuelles. Longtemps circonscrite à la planète artistique, la déferlante « Me too » balaiera-t-elle un jour ces deux mondes où l’omerta et le non-dit sont encore trop présents ?

 

Dominique BERNERD

 

La passion du métier, jusqu’au bout du micro ! La présidente de la Chambre départementale des notaires de l’Yonne Maryse BELLIAU a pu dire quelques mots lors de la cérémonie de remise de diplômes aux étudiants du BTS Notariat du groupe scolaire Saint-Joseph-la-Salle. Des mots de bienveillance et d’encouragement destinés aux jeunes lauréats de ce précieux sésame devant les emmener vers la vie active…

 

AUXERRE : Entre le monde du notariat et le groupe d’enseignement privé de l’Auxerrois, la relation est quasi fusionnelle. Et ce, depuis fort longtemps, date de la première signature de ce partenariat intelligent qui permet aux jeunes gens suivant leur scolarité au sein de l’établissement lassalien de pouvoir s’immerger le temps d’un stage dans une étude. Une aubaine intellectuelle qui facilite la découverte des divers aspects de la profession.

Alors quand il s’agit de remettre les prix sanctionnant l’aboutissement de deux années studieuses et d’efforts qui forgent déjà le mental et l’appétence des lauréats à cette future filière, il est clair que la chambre départementale du notariat ne boude pas son plaisir.

 

 

Le sens de l’adaptabilité entre le présentiel et les cours à distance…

 

En témoigne la présence de plusieurs de ses représentants (Me Laurent TOPIN ou Me Hervé CHANTIER), trop heureux d’observer les moments émotionnels vécus par celles et ceux (plutôt rares par ailleurs tant la féminisation est prégnante dans ce cycle d’études), qui ont enfin perçu le « salaire » de l’apprenant : le diplôme officiel !

François-Xavier WILLIG, nouveau patron de l’établissement catholique comptant le plus grand nombre d’élèves en ses murs sur le département, ouvrait le bal, avec ses mots de bienvenue.

Des paroles salvatrices à bien des égards car exprimées pour saluer le travail de ces jeunes étudiants contraints de s’adapter à la délicate réalité de la crise sanitaire. Pas si simple, au demeurant, d’avoir été si souvent balloté au cours de cet épisode de sinistre facture entre le présentiel en jauge réduite et le suivi de cours à distance avec tous les aléas informatiques que cela peut comporter en zone rurale.

Bref, l’adaptabilité est une vertu que ces apprenants aux métiers du chiffre et du droit ont eu à pratiquer durant cette période sans que cela n’altère nullement leurs résultats définitifs avec l’obtention de l’examen.

 

 

Le diplôme : loin d’être anodin pour les parents et les étudiants !

 

« Ce sont de beaux résultats que nous avons là s’est contenté de dire François-Xavier WILLIG, qui a parfaitement résumé le ressenti de la soirée.

Invariablement puisque tel est son leitmotiv, la directrice de l’enseignement supérieur dispensé au sein du groupe scolaire Céline MARTI évoqua les valeurs intrinsèques que le millier d’élèves reçoivent lors de leur passage dans cet antre du savoir et de l’érudition ; des valeurs devant accompagner ces jeunes pousses à la tête bien pleine tout au long de leur cheminement terrestre.

Puis, en présence d’une équipe enseignante remerciée pour son implication, les titulaires des deux dernières sessions d’examen furent appelés tour à tour sur le devant de la scène afin d’émarger le livret scolaire et toucher enfin le Graal de leur réussite. Un morceau de papier beaucoup moins anodin qu’il n’y paraît aux yeux des parents et des élèves concernés par cette réception !

 

 

L’ouverture à l’apprentissage : une innovation indispensable entre vie professionnelle et études…

 

Le témoignage d’anciennes diplômées fut intéressant à plus d’un titre, tant sur la perception personnelle de leur passage en ces murs que de leur intégration au cœur de la vie active. Force est de constater que bon nombre de récipiendaires du fameux diplôme se situe désormais aux antipodes… du notariat !

Mais, les bases pédagogiques inculquées par les enseignants ainsi que les valeurs vertueuses lassaliennes demeurent dans les esprits, à l’instar de certains commentaires dont celui de la jeune Cassandra CHALONS, aujourd’hui en poste chez DOMANYS.

Notons, que l’établissement Saint-Joseph s’est ouvert également à la pratique de l’apprentissage depuis le printemps 2020. Deux étudiantes ont suivi en effet ce chemin novateur en s’insérant dans une étude notariale. Elles furent trois cette année à suivre ce parcours initiatique de l’alternance, y compris l’un des rares représentants du sexe masculin.

C’est une certitude : la rencontre entre le monde scolaire et l’univers professionnel s’inscrit donc parmi les grandes priorités de ce BTS qui n’en finit pas de séduire celles et ceux qui en empruntent la voie…

 

Thierry BRET

 

 

Le matin à Druyes-les-Belles-Fontaines, le soir même à Saint Privé. Mais entre les deux destinations, le même dénominateur commun. Celui de la défense de la téléphonie mobile et de la fibre optique pour qu’elles soient accessibles à tous ! Présent lors de la pose du 36ème nœud de raccordement optique dans le fief de la comtesse Mahaut de Courtenay, le député Guillaume LARRIVE souhaite que le territoire de l’Yonne soit enfin connecté au monde…

 

DRUYES-LES-BELLES-FONTAINES : La froidure du petit matin blafard, annonciateur des premières chutes de neige sur la Puisaye-Forterre, ne l’aura pas arrêté en si bon chemin. Le député de la première circonscription de l’Yonne ne voulait manquer à aucun prix la pose officielle de ce NRO (nœud de raccordement optique), précieux auxiliaire utile au déploiement de la fibre à grande vitesse sur le territoire. Preuve manifeste alors qu’on aurait pu encore en douter il y a quelques semaines, entre deux sempiternelles coupures de réseau Internet, que les choses avancent sur ce registre.

Lors de sa prise de parole, survenant en conclusion de la phase cérémoniale de l’exercice, le parlementaire a rappelé que la Bourgogne et par évidence le territoire de l’Yonne ne pouvaient être privés durablement de la fibre optique.    

« Nous sommes la porte de la Bourgogne par rapport à Paris et à l’Ile-de-France, un territoire qui possède une très forte identité, de la gastronomie et des pieds de vigne, une richesse patrimoniale. C’est pourquoi nous voulons être résolument connectés sur la dynamique de la métropole francilienne… ».

 

 

L’efficacité de l’ingénierie administrative et financière au service de la fibre…

 

Mais, attention, la vision stratégique de l’élu Les Républicains qui avait également en corollaire une pensée pour le verdict devant confirmer la présence de Valérie PECRESSE qu’il soutient mordicus au second tour de cette pseudo élection primaire LR ne s’inscrit pas dans un prolongement sans fard de cette relation.

« Nous ne voulons pas devenir une banlieue moche de Paris, proclame Guillaume LARRIVE, nous, nous voulons nous connecter de manière positive à la première métropole de France et profiter de nos atouts… ».

Certes, reconnaîtra l’élu, peut-être y a-t-il eu trop de retard sur la prolifération de l’équipement numérique dans l’Yonne.

« Oui, mais aujourd’hui, ce retard est en passe d’être comblé ! ». A sa grande satisfaction. Grâce au Conseil départemental dont il salue l’efficience, grâce à une ingénierie administrative et financière de qualité, le déploiement de la fibre est beaucoup plus qu’une simple réalité.

 

 

S’adressant à Lionel ANSELMO, vice-président d’ALTITUDE Infra, « l’acteur technique que vous êtes est solide ! ».

Il destinera un autre de ses remerciements au président de la Communauté de communes de Puisaye-Forterre, Jean-Philippe SAULNIER-ARRIGHI, « les EPCI, établissements publics de coopération intercommunale apportent au nom des communes également leur contribution au financement de ces opérations ».

Des gestes effectués au nom du sacro-saint principe de l’union du territoire afin de faire ruisseler vers les entreprises et les ménages cet indispensable outil de communication qu’est la fibre optique.

 

Ne pas oublier l’autre volet de la communication technologique : la téléphonie mobile !

 

La fibre à la maison sera disponible pour les habitants de ce secteur de la Puisaye-Forterre d’ici la fin 2022. Au plus tard, début de l’année suivante.

Pour autant, le député LR n’en oublie pas l’autre volet capital de ce renforcement de la communication technologique sur le territoire. Celui de la téléphonie.

Car trop de zones géographiques restent encore murées dans le silence absolu du vidé sidéral. D’où la rencontre le soir même, concoctée à Saint Privé entre les élus locaux, le vice-président en charge du dossier numérique au Département Pascal HENRIAT et les responsables départementaux des opérateurs ORANGE et de SFR. Histoire de faire bouger les lignes (téléphoniques !) et d’accélérer le processus de modernisation ?

Il est impossible en effet de dissocier le numérique de la téléphonie mobile quand on parle de progrès techniques en matière de communication. L’un ne va pas sans l’autre, évidemment et de cela Guillaume LARRIVE en a la parfaite conscience.

Lui qui peine à envoyer des images filmées par ses soins alimentant les réseaux sociaux (plus de trois heures de connexion sont nécessaires depuis son appartement d’Auxerre) contre 75 secondes chrono dans son pied à terre parisien ! Vivement 2022 !

 

Thierry BRET

 

 

« Nous avons besoin de numériser notre démocratie, avec le vote électronique qui élargira la participation, réduira les coûts et modernisera l’image de la politique… ». Cette déclaration était inscrite dans le programme d’Emmanuel MACRON en 2017. Ragots et fake news vont bon train. L’Etat est soupçonné de vouloir faire aboutir cette réforme pour le scrutin 2022 ! Est-ce raisonnable à cinq mois du vote ?

 

TRIBUNE : On peut arguer de trois raisons majeures en faveur du vote électronique : face au développement de la pandémie, on limite les déplacements dans les bureaux. C’est le pouvoir de voter en toute tranquillité depuis  son ordinateur ou son smartphone. C’est peut-être le moyen judicieux de réduire l’abstention.

Mis à part le fait qu’on a déjà réfléchi à la création d’une carte d’identité électronique, on peut rester dubitatif face aux fraudes possibles. Le gouvernement avait déjà renoncé à cette mise en place lors des dernières élections régionales. L’idée reste présente dans l’esprit de beaucoup, y compris dans la tête de députés LREM comme Alain PEREA.

 

Le vote électronique va à l’encontre des grands principes électoraux !

 

Sur le plan juridique, le vote électronique pose aussi question. Car il interroge trois des principes fondamentaux du droit électoral : l’indépendance du vote, sa sincérité, et la dignité du scrutin. L’intimité et le secret du vote sont indispensables pour garantir son indépendance. Mais « qui dit que personne ne sera manipulée par une tierce personne derrière son écran lors du vote ?, s’interroge Gilles TOULEMONDE, maître de conférence à l’université de Lille et spécialiste du droit constitutionnel. Personne ne peut le garantir ! ».

En matière de sincérité, comment être sûr que le candidat validé sur son écran soit bien comptabilisé tel quel lors du recensement des voix ? Là encore, la fiabilité des plateformes peut interroger, même si une technologie comme la blockchain faciliterait le contrôle de la conformité du scrutin, dans la mesure où elle permet un horodatage et une vérification croisée des opérations de vote.

Qu’en est-il de la dignité du scrutin ? « Voter, c’est se rendre dans un espace dédié pour ça. C’est un moment précieux de la démocratie, estime Gilles TOULEMONDE. Le vote électronique va donc à l’encontre des grands principes électoraux... ».

 

 

Gabriel ATTAL crie à la fake-news !

 

Le gouvernement envisagerait très sérieusement la possibilité de pouvoir faire voter électroniquement pour la prochaine présidentielle. C'est ce qu'affirme, ou plutôt dénonce, un message très partagé sur les réseaux sociaux. La publication, relayée notamment par Florian PHILIPPOT, président des Patriotes, affirme que le vote électronique sera mis en place et qu'il permettra des « fraudes massives ». 

Les messages, partagés plusieurs milliers de fois, alertent sur des « fraudes à venir ». C'est faux et archifaux s’égosille le porte-parole du gouvernement Gabriel ATTAL. Si le vote à distance a été évoqué pendant le quinquennat, il ne sera pas mis en place pour 2022. 

 

De quelles fraudes avons-nous peur ?

 

Il peut exister une possibilité de vote électronique, en préfecture et par anticipation, une semaine avant l’élection. Rien n’est certain ni même voté et à quoi cela peut-il servir ? Pour beaucoup, c’est juste pour favoriser les fraudes au profit du pouvoir.

Il existe déjà des machines électroniques mais selon Chantal ENGUEHARD, maître de conférence à l’université de Nantes : « personne ne peut savoir ce qui s'est passé dans l'ordinateur de vote pendant son utilisation : ni les électeurs, ni les membres du bureau de vote, ni la puissance publique ». Et de poursuivre en affirmant que la liste des incidents techniques liés au vote électronique est longue comme le bras ! En conclusion : « la fraude est possible et démontrée ». Ce qui n’est pas très rassurant…

Même si rien n’a été prouvé, l’élection présidentielle de Donald TRUMP fut largement écornée par la fraude électronique dans quelques états majeurs comme le Wisconsin, la Pennsylvanie et le Michigan. A l’heure de la dématérialisation, dans les entreprises comme dans les administrations, un secteur résiste toujours à l’envahisseur numérique.

Au cœur de la pratique démocratique, le vote reste, dans nombre d’états modernes, un rituel très physique. Ce rituel est pourtant largement boudé par les électeurs dans nombre de démocraties participatives, dont la modernisation est considérée, de l’Estonie à l’Inde, comme un levier de participation.

En rendant le vote plus accessible physiquement et/ou plus facile matériellement, on le rendrait plus massif. L’hypothèse justifie des expériences, plus ou moins développées, comme en Suisse ou à Moscou, mais elle pose aussi de nombreuses questions. A commencer par celle, centrale, de la fiabilité et de la véracité du scrutin. Même si le vote papier n'est pas idéal ni sans défaut : en raison de bulletins complexes (Etats-Unis) ou à cause de bureaux de vote trop petits, voire tenus par des personnes peu expérimentées (lors des primaires françaises).

La confiance des Français vis-à-vis de tous les pouvoirs, politiques, scientifiques ou économiques, est déjà au plus bas. Alors, permettre le vote électronique pour les prochaines présidentielles risquerait de mettre le feu aux poudres. Pour celles et ceux qui connaissent les aventures d’Astérix le Gaulois, après vouloir jouer « La surprise du chef », notre président désirerait se draper des « Lauriers de César »…En version numérique ?!

 

Jean-Paul ALLOU

 

 

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