Forcément, sa parole ne pouvait être laissée sous silence. Tant le personnage aura marqué de son empreinte, le plus souvent érudite, le paysage politique de l’Yonne depuis si longtemps. Près de deux décennies vécues aux responsabilités de la Ville d’Auxerre et de l’agglomération. Puis, plus rien ! Black-out total. Alors, retrouver Guy FEREZ, micro à la main lors d’une réunion publique du candidat investi par la majorité présidentielle aux législatives, Victor ALBRECHT, méritait bien que l’on s’y intéresse ! Pour constater in fine que ce chantre du verbe fort et de la formule n’a rien perdu de sa verve oratoire…

 

AUXERRE : Un « pro » de la communication, Guy FEREZ ? On ne peut que le confirmer, à l’écoute de ses propos lors de son intervention, jeudi en début de soirée, à l’occasion de l’un des ultimes meetings de campagne du candidat Victor ALBRECHT, en lice dans cette joute électorale sous l’étiquette « Ensemble ». Toujours à l’aise dans cet exercice qui ne le rebute jamais, l’ancien leader socialiste de l’Yonne, aujourd’hui rallié au pavillon « macroniste », ne se contente pas de dire quelques mots d’encouragement de plus au jeune « poulain » qu’il soutient dans cette course qui n’aura qu’un seul vainqueur sur la ligne d’arrivée au soir du 19 juin.

A ses côtés, les deux incarnations actuelles de la politique socio-démocrate et centriste qui plaît à l’ancien édile d’Auxerre. Deux candidats qui sont entrés en scène dans l’arène des législatives il y a déjà quelques semaines en officialisant leur binôme. Le rendant crédible, assurément aux yeux des électeurs.

 

 

Un tandem de choc qui ne pratique pas la langue de bois…

 

Mathieu DEBAIN, d’une part, figure de proue de la vie institutionnelle et politique locale qui a su, avec le concept « S’Engager pour l’Auxerrois », prendre attache avec la citoyenneté et ses principes pour poser tout haut les questions sur les grands sujets sociétaux que beaucoup se posaient tout bas. Une personnalité marquante de l’opposition municipale auxerroise qui n’hésite pas à parler clair pour proposer fort !

Victor ALBRECHT, ensuite, un jeune loup aux dents aiguisées, un trentenaire à la tête bien faite, qui n’a pas attendu cette échéance élective pour prendre des initiatives et le faire savoir autour de lui. Sa proximité avec les instances suprêmes de la Macronie lui a donné des ailes. Ses missions stratégiques, également.

Etre responsable du pôle élection de la présidentielle pour le compte du président sortant constitue une ligne appréciable, à mettre à profit sur la carte de visite. Face à la montagne alpestre que représente le député sortant, Guillaume LARRIVE, il sera nécessaire de mettre les bouchées doubles pour se faire remarquer.

Ce fut l’argument de bataille de cette campagne qui aura permis au ticket de la composante « Ensemble » de sillonner le terrain. Tant en Puisaye qu’en Forterre, que sur le Coulangeois ou l’Aillantais. Visitant un maximum de communes en tenant si possible des rencontres avec le public.

 

 

 

Le rôle de l’Etat et de la Nation dans le contexte sociétal…

 

Pour l’un de ces ultimes rendez-vous avec la capitale de l’Yonne, à la Maison de quartier des Piedalloues, noire de monde, l’ancien élu d’Auxerre aura endossé un rôle de sage conseiller, soucieux de délivrer des messages forts que les deux écoutants se devront d’appliquer avec méthode. Ce ne sont pas des ordres. Juste de solides recommandations, distillées avec empathie, sur ce rôle de député.

Guy FEREZ est formel dans ses explicatifs : « être député d’un territoire, c’est être l’élu de l’ensemble de la nation. C’est donc l’ensemble des joies, des peines, des espérances, des projets qui portent une nation. C’est à ce titre là que le député intervient dans sa circonscription ».

Debout, faisant face à l’assistance qui mémorise chaque parole prononcée, Victor ALBRECHT et Mathieu DEBAIN enregistrent mentalement ces mots. Puis, Guy FEREZ poursuit : « Il faudra que la future majorité qui demain accompagnera le président de la République puisse porter une vision. Qu’est-ce qu’un Etat comme le nôtre en termes de solidarité ? Qu’est-ce qu’une nation comme la nôtre en termes d’éducation et de formation ? Que signifie aujourd’hui l’Etat providence ? Quel est le rôle de notre nation dans le concert européen ? ».

En arrière-plan, Jean-Baptiste LEMOYNE approuve en dodelinant du chef. Monique HADRBOLEC suit les échanges avec concentration. Mahfoud AOMAR qui prendra la parole quelques instants plus tard acquiesce. La sénatrice Marie EVRARD ou encore le président du Parti Radical de l’Yonne, Jacques HOJLO semblent apprécier la démonstration faite par l’orateur qui tenait autrefois les rênes de la première ville de l’Yonne.

 

  

 

« Je suis la bonne personne pour répondre aux enjeux du territoire »…

 

Plaidant pour un retour très fort de l’Etat aux côtés des citoyens, Guy FEREZ tendra une perche évidente à Victor ALBRECHT qui, outre le fait de retracer son parcours depuis sa prime jeunesse jusqu’à ses brillantes études lui permettant de s’immiscer dans les arcanes de l’Europe lors de différents voyages en Pologne ou ailleurs, veut être en cas d’élection utile à son territoire.

« Vous savez, martèlera-t-il à maintes reprises, je suis la bonne personne pour répondre aux enjeux de notre circonscription ».

Calme, posé, esquissant de temps à autre un petit sourire, Victor ALBRECHT ne se lance pas dans un cours magistral digne d’un « concours d’entrée à l’ENA ! » - une pique adressée à son principal adversaire Guillaume LARRIVE qui l’avait qualifié de « grouillot à la solde du chef de l’Etat » -, choisissant volontairement de ne pas égrener tous les aspects de son programme. Il préfère le dialogue direct avec une salle toute acquise à ses convictions. Qui lui posera une multitude de questions, savamment préparées en amont ?

Réponse indirecte de l’intéressé non sans humour : « les interrogations que l’on nous a posées n’étaient pas les mêmes d’une réunion publique à une autre ! ».  

Tonnerre d’applaudissements dans la salle : c’est sûr quel que ce soit l’issue du résultat dimanche soir, on reparlera à l’avenir de ce jeune homme qui a de la suite dans les idées !

 

Thierry BRET

 

 

Cinq facteurs ont prêté serment au centre de tri de Saint-Denis-lès-Sens, une soixantaine sur la région Bourgogne-Franche-Comté depuis le début de l’année. Une tradition qui perdure depuis plus de deux cents ans.

 

SAINT-DENIS-LES-SENS : L’événement était à marquer d’une pierre blanche pour les cinq nouvelles recrues qui rejoignaient les 65 000 facteurs de La Poste, une cérémonie en bonne et due forme perpétuée depuis plus de deux siècles. Par décret du 29 août 1790 relatif aux Postes et Messageries, promulgué par proclamation du roi, les commissaires aux postes, administrateurs et employés furent tenus de prêter serment « de garder et observer fidèlement la loi due au secret des lettres ». Tout manquement devait être dénoncé aux tribunaux.

 

Un serment qui se prête sur la valeur confiance…

 

« La prestation de serment n’est pas qu’une formalité administrative » précise le directeur d’établissement Kemal OZKARA, s’adressant aux facteurs.

« L’engagement que vous allez prendre est l’acte fondateur de vos vies de postiers. Cet engagement vise à maintenir la confiance de nos clients, de nos collaborateurs car la confiance est une valeur cardinale pour La Poste ».

Alex CONNAULT, colonel réserviste de la Gendarmerie nationale et manager à la direction des ventes s’est montré très attaché à ce serment qu’il a lui-même prêté il y a une vingtaine d’années.

« Une des plus grandes preuves de confiance que l’on peut donner et qui a une valeur juridique, c’est le recommandé »

Kemal OZKARA d’ajouter que ça montre également « la pérennité de l’entreprise pour continuer à embaucher, on prépare La Poste de demain. Donc pour ça, on a besoin de renouveler nos départs en retraite pour maintenir une qualité de service importante pour nos clients ».

 

 

 

« On bouge tout le temps et c’est dynamique… »…

 

Parmi les agents qui prêtaient serment ce jour-là : Johanna est factrice depuis juillet 2021. Elle a obtenu un CDI. « Je suis passionnée par le métier de facteur depuis que je suis toute petite. Je trouve que c’est un métier exceptionnel ». « C’est une fierté et ça donne encore plus envie ».

Pour Justine, entrée à La Poste il y a huit ans « par hasard », c’est également une fierté. Ce qui lui plaît le plus, c’est « la relation avec les clients, le fait d’être indépendant et libre une fois dehors ».

Catline a intégré La Poste en mai 2018 puis a signé un CDI en novembre dernier. « On bouge tout le temps, il n’y a aucune journée qui se ressemble. C’est dynamique ».

 

Floriane BOIVIN

 

 

 

« Essayez-moi ! » : proposait-il aux électeurs de la première circonscription de l’Yonne lors de sa participation initiale aux échéances législatives de 2012. Aujourd’hui, le mot d’ordre est quelque peu différent pour le natif de Mulhouse, âgé de 45 ans qui siège depuis une décennie dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale. Ce serait plutôt « Confirmez-moi » ! Un troisième mandat qui sera beaucoup plus difficile à conquérir face à des concurrents désireux de « déboulonner » le représentant de la droite républicaine…

 

AUXERRE: Veillée d’armes ou presque pour le favori de l’union de la droite, du centre, des républicains et des indépendants ! Celui qui se présente aux suffrages des Icaunais, électeurs de la première circonscription de l’Yonne pour la troisième fois consécutive veut renouveler son bail de député.

Cinq années supplémentaires à l’Assemblée Nationale pour y défendre les intérêts de son territoire de prédilection et l’avenir de ses habitants, c’est son vœu le plus cher.

Un vœu qui, s’il est loin d’être pieu, n’est pas forcément acquis pour autant pour Guillaume LARRIVE car la lutte pour obtenir l’une des deux places qualificatives pour accéder au second tour de ce scrutin aux multiples équations semble très serrée.

 

 

La presse nationale se penche sur cette circonscription…

 

D’ailleurs, l’enjeu qui est de taille pour l’ancien candidat à la présidence des Républicains intéresse de près les observateurs médiatiques nationaux.

Ainsi, dans son édition datée du 08 juin, « Le Figaro » revient longuement sur le match au résultat incertain qui oppose le député sortant à l’un de ses dauphins, le jeune trublion de la nouvelle scène politique départementale, Victor ALBRECHT, qui du haut de ses trente ans, pourrait peut-être créer la surprise au soir du 19 juin. Lui et ses partisans en sont intimement convaincus, s’il passe évidemment avec la manière l’écueil fatidique du premier tour éliminatoire !

Une candidature à prendre avec considération et sérieux car le garçon, investi par la majorité présidentielle, n’est pas un perdreau de l’année. Même si ses expériences électives (municipale à Charny-Orée-de-Puisaye ou lors des régionales de 2019) n’ont guère été convaincantes au niveau des résultats escomptés.

 

 

Nonobstant, le chef du pôle élections des récentes présidentielles chez « En Marche » veut surfer sur la dynamique victorieuse d’Emmanuel MACRON. Une dynamique, qui toutefois, peine à se mettre en ordre de bataille depuis un mois et semble un peu grippé.

En outre, si le Rassemblement National présente un candidat totalement inconnu des circuits relationnels habituels (Daniel GRENON), il faudra en revanche compter sur la présence de la représentante de la NUPES, Florence LOURY pour engranger un maximum des voix. L’égérie d’Europe Ecologie Les Verts et conseillère municipale d’opposition à Auxerre, pourrait, quant à elle, bénéficier de la large cote d’amour des électeurs de gauche au niveau hexagonal – la formation voulue par Jean-Luc MELENCHON tutoie les sommets selon les derniers sondages à égalité avec Ensemble, le mouvement présidentiel – mais, de là à créer la sensation providentielle en virant en tête et à se qualifier ?

 

 

Un match à distance entre deux équipes de campagne…

 

A quarante-huit heures du premier tour de scrutin, Guillaume LARRIVE reste donc confiant sur ses potentialités et croit en sa bonne étoile, lui qui souhaite mordicus défendre dès l’été sa proposition de loi pour accélérer l’implantation de médecins dans les territoires prioritaires comme ceux de l’Yonne – pour mémoire, il manque une cinquantaine de généralistes sur ce seul département -.

Ragaillardi par la récente accession de l’AJ Auxerre en Ligue 1, il n’hésite pas à poser, le temps d’un cliché, avec ses fidèles soutiens tel un coach sportif donnant le cap et la feuille de route à son équipe avant une rencontre décisive.

Un combat des chefs qui est donc engagé à distance avec son principal challenger, Victor ALBRECHT, qui lui de son côté, profite du soutien d’un certain…Guy ROUX que l’on ne présente plus dans l’univers footballistique ! Verdict de la partie numéro un : dimanche soir aux alentours de 21 heures !

 

Thierry BRET

 

Treize ! Ne serait-ce pas un chiffre porte-bonheur pour les lauréats de ce rendez-vous honorifique ? Un évènement, biffé dans les agendas de celles et ceux qui créent de la valeur ajoutée à leur entreprise et qui espèrent briller sous le feu nourri des projecteurs ? Concours proposé chaque année par la Banque Populaire régionale et la Chambre de Métiers et de l’Artisanat,  ce prix distinctif récompense l’audace, l’excellence et l’innovation. Trois mots incontournables qui qualifient ce que doit être réellement un entrepreneur…

 

SEIGNELAY : Ils n’ont pas d’idées les chefs d’entreprise de l’Yonne ? Que nenni, « ma brave dame » ! Ceux de l’artisanat, des services et du commerce qui ont pu longuement expliquer face à un public de spécialistes – la fine fleur de la sphère économique du cru – la vision de leurs projets professionnels ont su démontrer l’inverse !

D’ailleurs, pour avoir su titiller la fibre experte et toujours aiguisée des membres du jury, les dossiers de candidatures devraient être tirés au cordeau. Les banquiers n’ont pas, en effet, la réputation de faire les choses à moitié lorsqu’ils analysent prévisionnels en main un projet professionnel et ses perspectives !

 

 

L’humilité s’invite à ce rendez-vous…

 

Alors, oui, Yann NUNES, directeur de territoire de la Banque Populaire Bourgogne Franche-Comté (n’omettons pas les Pays de l’Ain !), ne pouvait qu’afficher un large sourire dès sa prise de parole introductive. Le garçon marquait ainsi son soulagement après la délicate période de confinement qui aura pu perturber le déroulé des éditions antérieures.

Il est vrai que le « Stars et Métiers » se déguste, quel que soit le millésime, comme un bon vin. La convivialité y est de mise. Les sourires des lauréats traduisent leur sincérité. Il n’y a pas de tralalas superfétatoires dans la mise en scénographie de ces artisans qui bossent durs pour y arriver. L’humilité est aussi au rendez-vous. Bien exprimée, elle peut faire couler parfois des larmes…

Le cru 2022 aura permis à 31 entreprises d’être distinguées au plan régional. Dont trois sur le territoire de l’Yonne, dans les catégories suivantes : l’innovation, la responsabilité et l’entrepreneuriat. Seule la quatrième discipline, celle de l’exportation, aura fait défaut, confirmant son absence depuis plusieurs années dans le panorama de l’Yonne. A croire qu’il n’y a pas d’artisans qui écoulent leur production à l’international ?

 

 

 

Des entrepreneurs en vrais capitaines de vaisseaux…

 

Installé dans le paysage de l’évènementiel économique depuis 2007, le prix « Stars et Métiers » est aujourd’hui inscrit dans le marbre pour celles et ceux qui tentent depuis leur chance. Figurer sur le devant de la scène, trophée en main, représente un moment de joie, additionné de fierté pour ces couples d’artisans, parfois, ces associés, souvent, ou ces personnes individuelles qui réussissent leur parcours professionnel et le font savoir publiquement.

La responsabilité managériale, le dynamisme qui va de pair, la concrétisation de besoins technologiques, bref, la stature de l’entrepreneur qui se mue au fil du temps et des expériences en capitaine de vaisseau sur l’océan plus que mouvementé de l’entrepreneuriat sont autant de critères de choix qui permettent de la part d’un jury de désigner un vainqueur.

 

 

Des idées plein la tête pour faire avancer les entreprises…

 

Les lauréats ? Parlons-en, justement. Non seulement, ils ont vu tomber dans leurs besaces la coquette somme de mille euros pour leur activité. Mais, en outre, ils auront eu l’opportunité oratoire de pouvoir livrer à chaud leurs commentaires.

Ce sera le cas de Damien BELLAT, de la société éponyme, une SARL, qui concourait pour l’obtention du Prix de l’Innovation. La création d’un système de câbles chauffants antigel pour les vignes aura séduit le jury, conquis par cette mise à profit de l’automatisme au service de la viticulture.

Puis, Sébastien LUCAS accèdera à la scène. L’entrepreneur parlera de son activité, orientée vers l’impression d’étiquettes (une SASU baptisée sobrement « LUCAS Etiquettes » a été créée) et plébiscitée dans la catégorie « Responsable ». Où démarche environnementale et hausse des emplois ont su faire le reste dans le choix des jurés.

Dirigeant de la structure « ACTP Micro Injection », Eric RAGOT rejoint ensuite le plateau pour y recevoir à son tour son précieux sésame. Catégorie : « Entrepreneur ». La société stocke suffisamment de matières premières et de produits finis afin de pouvoir répondre à ses clients dans des délais très courts. Une longueur d’avance qui se sera retrouvée in fine lors de la prononciation du verdict, officialisant son prix !

Ces récompenses furent offertes sous les yeux de Jean-Pierre RICHARD, président de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de l’Yonne (aux anges devant la pertinence de ces différents concepts) et Jean-Michel CHARNU, président de la SOCAMA, leader du cautionnement mutuel dans l’Hexagone, un partenaire clé du réseau des Banques Populaires et de la chambre consulaire.

 

Thierry BRET

 

 

 

Les impacts du numérique sur l’environnement sont multiples. Ils sont présents à toutes les étapes du cycle de vie des ordinateurs et autres objets connectés, de l’extraction de métaux précieux employés pour leur fabrication, à leur transport et leur utilisation. Avec ce constat sans appel : le numérique représente aujourd’hui plus de 4 % des émissions de gaz à effet de serre à travers la planète. Un chiffre appelé à doubler d’ici 2025. Le sujet est d’importance et n’a pas échappé à l’association « NumYco ». Pour sa première table ronde, le jour de son inauguration, elle avait choisi comme thème, « Les enjeux environnementaux du numérique ».

 

AUXERRE : Aussi paradoxal que cela puisse paraitre, plus on « dématérialise », plus on utilise de matière et d’énergie. Cobalt, Indium, Silicium, Tantale…, autant de métaux rares à l’extraction particulièrement polluante, nécessaires à la fabrication d’ordinateurs ou smartphones. La simple consultation d’une vidéo en streaming pendant une heure équivaut à la consommation annuelle électrique d’un réfrigérateur !

Aux impacts environnementaux du numérique, se rajoutent aussi des impacts sociaux, rappelle Alexandre FOULON, président de « NumYco « : « dès l’instant où l’on va faire fabriquer dans des pays étrangers où les règles du travail et notamment concernant les enfants, ne sont pas tout à fait les mêmes que chez nous… ».

 

Entretenir ses appareils numériques grâce aux mises à jour régulières…

 

Autre problématique majeure, celle du recyclage et de la valorisation des anciens matériels. D’autant qu’en trente ans, la durée d’utilisation moyenne d’un ordinateur a été divisée par trois, passant de onze à quatre ans. Pour Christophe IENZER, conseiller numérique à la CCI de l’Yonne, le sujet est d’autant plus prégnant qu’il y a urgence à trouver des solutions : « je suis aujourd’hui enseveli sous une montagne d’appareils électroniques en fin de vie, sans réelles solutions proposées pour leur recyclage, avec le risque final de les voir envoyés dans des montagnes de déchets en Afrique ou enfouis dans le sol. La difficulté étant de trouver des entreprises pouvant me proposer des solutions concrètes pour me débarrasser de ces appareils et leur donner une deuxième vie, récupérer leurs composants, recycler les plastiques, etc. ».

D’où l’importance, souligne Alexandre FOULON à prioriser dans ses achats, des matériels avec une durée de vie plus longue, « et de les entretenir en faisant notamment des mises à jour régulières permettant de les conserver ainsi plus longtemps… ».  

 

 

 

Réduire l’empreinte écologique : la priorité pour tous les acteurs de l’économie…

 

Pas de solutions « miracle » mais une dynamique se met en place progressivement avec le label « numérique responsable », une démarche globale visant à réduire l’empreinte écologique, sociale et économique des technologies liées à la communication et l’information. Autant d’axes d’action multiples, dont certains restent toutefois à identifier, explique Silvère DENIS, délégué général de BFC Numérique : « nous réfléchissons à la mise en place d’un diagnostic à proposer d’abord aux entreprises numériques et demain, plus largement à l’ensemble des acteurs économiques, pour pouvoir identifier plus finement l’impact du numérique et surtout, par où commencer pour s’améliorer. Aujourd’hui, cela reste très compliqué d’identifier les axes sur lesquels on peut agir et le bénéfice que l’on peut en attendre, mais c’est un domaine qui va évoluer rapidement, ne serait-ce que par la législation… ».

 

 

Des aides financières peuvent être mobilisées en ce sens, rappelle Bénédicte DOLIDZE, coordinatrice du Pôle Transition Écologique de l’Agence Économique Régionale Bourgogne-Franche-Comté (AER-BFC) : « notamment celles de l’ADEME, mais aussi du Conseil Régional, en particulier pour les plus petites entreprises de moins de 50 salariés faisant appel à un bureau d’études extérieur, qui peuvent tabler sur des aides de l’ordre de 70 %. Il ne faut surtout pas s’en priver, au risque de rentrer dans du green-washing… ».

 

 

Un nouveau festival qui verra le jour à Sens dès l’automne…

 

De cette réflexion autour du numérique responsable, va naître à l’automne prochain à Sens, du 19 au 21 octobre, le festival « ArboreSens », premier du genre sur le territoire, consacré aux impacts du numérique sur l’environnement. Avec pour objectif, explique Cyril ALIDRA, directeur du Pôle relation usagers et transformation de l'administration de la Communauté d'Agglomération du Grand Sénonais, « de sensibiliser à la fois sur l’impact du numérique mais aussi de parler de façon positive et montrer les solutions existantes, de partager les bonnes pratiques et cela, à destination du grand public et plus particulièrement, des jeunes générations… ».

Un festival qu’il souhaite d’ores et déjà installer dans la durée et en faire un rendez-vous annuel pour créer une dynamique « d’écosystème territorial ». 

 

Dominique BERNERD

 

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