Législatives : gueule de bois au Château pour « Jupiter » !

« Le verdict des législatives n’est pas revenu favorable à la majorité présidentielle qui ne réitère pas son succès d’il y a cinq ans. L’ère du compromis et du louvoiement est donc arrivée au Palais Bourbon où la NUPES n’a pas réussi à placer son leader à Matignon et où le RN fait une entrée remarquée sans le besoin de proportionnelle…Elisabeth BORNE est confortée… ». « Le verdict des législatives n’est pas revenu favorable à la majorité présidentielle qui ne réitère pas son succès d’il y a cinq ans. L’ère du compromis et du louvoiement est donc arrivée au Palais Bourbon où la NUPES n’a pas réussi à placer son leader à Matignon et où le RN fait une entrée remarquée sans le besoin de proportionnelle…Elisabeth BORNE est confortée… ». Crédit Photos : D.R.

La claque ! D’une majorité absolue et écrasante obtenue lors de la première mandature, la majorité présidentielle se retrouve amputée de bon nombre de ses parlementaires à l’issue des deux tours des législatives. Une élection qui, décidément, n’est nullement comparable aux précédentes.

Ce scrutin aura vu in fine la poussée inexorable et prévisible des souverainistes et des réfractaires de tout poil aux quatre coins de l’Hexagone. Y compris dans des bastions jusque-là historiques tenus par les représentants des anciennes forces en présence, socialistes et droite républicaine réunies, aujourd’hui condamnées à jouer les seconds couteaux afin de ne pas se faire oublier. De manière définitive…

Serait-ce une surprise en soi ? Que nenni ! Tous les indicateurs le mentionnaient, sondages à l’appui, depuis très longtemps. La France allait basculer en ce printemps 2022 vers l’inconnu. Pour le meilleur ou pour le pire ?

 

 

Pas de fastes superfétatoires après le succès à la présidentielle…

 

L’épisode des Gilets jaunes, l’érosion constante du pouvoir d’achat, la crise de confiance envers les politiques, l’envolée inflationniste des prix, la multitude d’affaires juridiques touchant des décideurs et de grands « moralisateurs » de la chose publique, la volonté devenue systématique du changement à tout crin…sont autant de facteurs qui expliquent en partie ce grand chambardement qui vient de frapper le pays. Une onde de choc, façon tsunami à la puissance dix qui devrait se propager durablement et dont on ne maîtrise absolument pas les effets à venir…

L’exécutif élyséen doit bien l’admettre : les résultats dont le verdict est tombé lourdement au soir de ce 19 juin ne sont pas ceux escomptés initialement. Surtout après le succès du Président de la République qui a su renouveler son bail cinq années supplémentaires au Château.

Une reconduction qui n’aura pas été si euphorique que cela. Loin s’en faut ! Une victoire à la Pyrrhus d’Emmanuel MACRON obtenue avec la plus petite des marges de manœuvre sur la rivale de toujours, l’inoxydable Marine LE PEN, en embuscade lors de ces présidentielles. D’ailleurs, le locataire de l’Elysée le pressentait-il intérieurement ? Il n’y eut pas de fastes superfétatoires au Trocadéro dès que les résultats de son succès furent connus. L’anticipation d’un semi-échec pour les législatives ?

 

 

Un scrutin dont l’objectif a été modifié par Jean-Luc MELENCHON…

 

Comment convaincre alors celles et ceux qui ne se rendent plus aux urnes ?  Un vrai dilemme ! Celles et ceux qui forment aujourd’hui, et de très loin, le premier parti de France, un bataillon imperméable à toutes les promesses électorales, sorte de litotes répétitives et récurrentes à rejeter au fond des oubliettes : celui des abstentionnistes !

Ah que de belles promesses, faites ici ou là, pour tenter de s’accaparer coûte que coûte du précieux sésame que le citoyen français possède encore parmi ses rares libertés pour faire entendre sa voix au nom de la démocratie et qu’il peut brandir telle une menace de sanction dans l’isoloir : son bulletin de vote !

On aura entendu tout et son contraire parmi les innombrables propositions constituant les professions de foi (certaines émises dans la plus grande tradition fantaisiste) de tous les partis engagés dans la course. Même Jean-Luc MELENCHON, jamais en reste pour occuper le devant de la scène et prendre trois longueurs d’avance médiatiques sur ses concurrents, avait modifié les objectifs de ce scrutin, le transformant en un « plébiscite » naturel en sa faveur pour qu’il devienne le futur Premier ministre de l’Etat !

 

 

Trop d’austérité et de fermeté tuent l’empathie que veulent les Français…

 

Comment faire comprendre aux Françaises et aux Français qu’une nouvelle ère commence, que de nouveaux caps viennent d’être franchis (il suffit de regarder la conjoncture internationale et ses innombrables ramifications d’ordre économiques, environnementales et sociétales) pour s’en convaincre, que l’on désire les écouter davantage après le résultat si mitigé de la présidentielle, en proposant une « nouvelle politique », et « une nouvelle forme de gouvernance » dixit Emmanuel MACRON qui suppose de la consultation participative et citoyenne alors que dans le même temps, on nomme une super technocrate dont les compétences ne sont certes pas discutables mais qui gère ses dossiers avec austérité et fermeté sans l’once d’une quelconque empathie à Matignon ?

On appelle cela un double effet de langage entre la réalité des actes et les désirs vers lesquels on aimerait tendre. Oui mais voilà, un mois et demi après cette nomination qui conforte l’incompréhension de cette stratégie, les Français, loin d’être veaux comme le prétendait au contraire le Général de GAULLE jadis, n’ont pas suivi la ligne présidentielle les 12 et 19 juin.

 

 

Une noria de conséquences qui rend la France ingouvernable…

 

Conséquence : jamais les abstentionnistes n’ont été aussi nombreux à bouder les bureaux de vote parce que ne croyant plus à ces belles paroles surfaites et sans grand intérêt que leur bassinent en boucle au quotidien les chaînes audio en continue.

Conséquence : il s’en est fallu d’un cheveu que la NUPES (Nouvelle Union Populaire Ecologiste et Sociale) ne réussisse son tour de force façon coup de poker en plaçant le maximum de députés à ses couleurs très disparates dans l’hémicycle. D’ailleurs, dès le lendemain de l’élection, les premières divergences éclataient quant à savoir si chacun conservait sa préférence partisane selon son groupe politique ou non !

Conséquence : alors que le débat sur l’inclusion de la proportionnelle figure toujours aux calendes grecques des priorités politiques, le Rassemblement National est sorti triomphant et pétri de pouvoir en envoyant 89 de ses représentants dont certains sont néophytes à la chose publique siégés sur les bancs de l’illustre Palais Bourbon. Sans que cette proportionnelle soit mise en application. On suppose que le score des souverainistes aurait pu être encore plus important dans le cas contraire !

Conséquence : la France apparaît plus que jamais ingouvernable entre toutes ces composantes qui vont s’affronter comme des harpies dès les premières séances dans l’hémicycle afin de trouver l’improbable consensus.

Dernier élément en date : en choisissant de conforter Elisabeth BORNE à son poste de cheffe de gouvernement, qui demeurera invariable quant à la politique définie pour le pays, Emmanuel MACRON apporte enfin une réponse claire et nette aux Français malgré le verdict des suffrages. Il restera « jupitérien » !

 

Thierry BRET

 

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