L’AJA en Ligue 1 : l’état de grâce enfin pour Auxerre ?

« Avec le retour de l’AJA parmi l’élite du football hexagonal, Auxerre et le département de l’Yonne jouent gros en termes d’image et de retombées économiques. Si les atouts existent, l’effort sur la communication et la prise d’initiatives devra être optimisé dès le début de saison en s’appuyant autour du club emblématique bourguignon, mais pas seulement… ». « Avec le retour de l’AJA parmi l’élite du football hexagonal, Auxerre et le département de l’Yonne jouent gros en termes d’image et de retombées économiques. Si les atouts existent, l’effort sur la communication et la prise d’initiatives devra être optimisé dès le début de saison en s’appuyant autour du club emblématique bourguignon, mais pas seulement… ». Crédit Photos : Thierry BRET.

L’exaltation est palpable dans tous les sens du terme ! Légitime, elle l’est à plus d’un titre car les affres du temps commençaient à peser lourdement sur le devenir sportif de ce club emblématique de l’Yonne. L’un des modèles du genre dans l’Hexagone du football, du fait de son état d’esprit quasi paternaliste et bon enfant qui y règne depuis des lustres, accentué par un centre de formation que beaucoup envient dans le sérail professionnel.

Dix ans de purgatoire en Ligue 2, cela suffisait amplement. Tant pour les supporters, toujours fidèles aux valeurs intrinsèques promues par la structure, que pour les partenaires, assidus qui n’auront jamais, pour certains, baisser la garde du soutien financier indéfectible, même dans les pires moments de doutes et de questionnements.

L’allégresse, on a pu la contempler de plus près lors de la réception officielle, sise à l’ Abbaye Saint-Germain dès le lendemain du succès, brillante dans les yeux de ces « gamins » auréolés de la précieuse victoire qui propulse donc le club fétiche des Auxerrois parmi l’élite du sport français.

Le retour en Ligue 1 ! Un rêve devenu réalité pour ces « minots » dont la moyenne d’âge est minime – il suffit d’observer ces visages encore juvéniles emplis d’insouciance – qui ont su toucher le Graal lors de conditions dantesques dans l’antre d’un autre grand du football tricolore déchu, Saint-Etienne.

 

 

La convergence de multiples ingrédients synonymes de succès…

 

Chapeau bas, donc à cette fringante équipe qui depuis deux à trois saisons déjà avaient réellement mis le bout de son nez – voire un  peu plus ! – dans l’interstice offert par ces barrages permettant d’accéder à la division supérieure. Et un, et deux, et trois tentatives rapprochées au fil de ces dernières saisons, avant de franchir ce Rubicon de l’exceptionnel qui se convertit en une réalité désormais tangible.

Chapeau bas, aussi, à l’un de ces managers habitués à ces joutes de l’extrême – il en est à sa cinquième accession -, dont le calme olympien peut engendrer parfois des colères noires sans pour autant se départir de son humour si caractéristique et de sa relation à l’autre, travaillée au cordeau avec bonhommie et humanisme.

Un Jean-Marc FURLAN qui aura été le déterminant catalyseur, l’homme de la situation, et la dynamique de ces bonnes volontés, dans la pratique d’un football épuré de ses miasmes et aspérités, ne visant que la victoire afin d’enflammer le public de l’Abbé Deschamps aujourd’hui revenu.

Chapeau bas, enfin, à l’actionnaire majoritaire du club, devenu de facto le président de l’entité : l’entrepreneur chinois James ZHOU. Un business man comblé et audacieux qui aura su franchir la barrière de la langue et des mentalités imputables à nos différences géographiques pour miser sur le bon cheval, en espèces sonnantes et trébuchantes sur ses propres deniers d’investisseurs, sur un étalon gagnant baptisé l’AJA.

Avec en toile de fond, une résultante faite de réciprocité dont on parle finalement fort peu mais qui a fait réellement ses preuves dans l’ex-Empire du Milieu : assurer le développement du football dans le plus grand pays de la planète par son nombre d’habitants et jouant les trouble-fêtes dans la suprématie économique mondiale depuis une dizaine d’années.

Il suffirait d’ajouter au pédigrée de ce club historique son parcours vécu tant dans les compétitions nationales (championnats, Coupe de France), voire européennes, pour mieux appréhender l’attente insupportable qui angoissait les supporters au moment des tirs au but devant départager les deux prétendants au sésame suprême ! Sans en oublier ces pièces maîtresses comme le furent jadis Jean-Claude HAMEL, à la présidence ou l’incontournable mais toujours aussi vif d’esprit et du verbe, Guy ROUX !

 

 

Quelles retombées réelles pour Auxerre et le département ?

 

Mais, au-delà de cette réalité sportive tant souhaitée, le retour parmi l’élite nationale du club de l’Yonne doit également se muer dès la nouvelle saison en autant de retombées profitables pour la Ville que pour le département.

Sur le volet de l’attractivité du territoire, version touristique ce qui semble être une évidence en termes d’image. Certainement sur la thématique du culturel si l’on y greffe des évènementiels ayant du corps et un degré d’importance hors des murs. Et, on croise les doigts pour ce dernier point, surtout dans le domaine primordial de l’économie.

Déjà, les partenaires historiques de l’AJA se frottent les mains rien qu’à l’idée de faire converger clients, fournisseurs et partenaires dans les loges selon les affiches alléchantes qui seront proposées lors de cette antépénultième édition du championnat de France, celle de 2022/2023.

Déjà, les professionnels de l’hôtellerie, de la restauration et des métiers de bouche envisagent de doper leurs chiffres d’affaires lors de ces mêmes rencontres où l’on verrait affluer les suiveurs des clubs mythiques de la Ligue 1 dans les parages : on pense évidemment à ceux du Paris-Saint-Germain comme à ceux de Lyon ou de Marseille. Signalons dans les agendas les rendez-vous, façon derby, qui opposeront les deux clubs voisins que sont l’ESTAC (Troyes) et l’AJA !

 

 

Une trilogie trop réductrice de nos réelles potentialités…

 

Un bémol, toutefois, les arrêtés préfectoraux peuvent parfois pleuvoir – cela s’est vu dans le passé lorsque l’AJ Auxerre évoluait dans la cour des grands – et interdire à la vente des produits (alcoolisés) dans un périmètre bien défini, et pénaliser, outre les commerces et les bars, les hôtels qui ne peuvent servir jusqu’à une simple mignonette dans la chambre de leurs propres clients ! Sans omettre, aussi, la fermeture sine die des établissements selon la configuration des matchs…

En carence de visibilité à l’échelle nationale, Auxerre (et l’Yonne) doivent tirer profit de ce retour en grâce footballistique au sommet, et au-delà de simples retransmissions audiovisuelles éphémères. Sans que l’AJA ne cannibalise tout sur son passage au détriment d’autres clubs sportifs locaux – certains s’en inquiètent déjà dans le landerneau – et n’en résume la seule identité icaunaise.

Comme ce fut le cas autrefois à la grande époque du club, où le quidam vivant hors de nos frontières ne connaissait rien à rien de ce département, hormis l’AJA, le chablis et Guy ROUX. Une belle trilogie, au demeurant, mais tellement réductrice de nos réelles potentialités !

 

Thierry BRET

 

 

 

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