Présidentielle : le face à face d’une France fracturée ?

« L’incertitude domine quant au verdict du second tour de la présidentielle 2022 le 24 avril qui opposera les mêmes qualifiés qu’en 2017. Une situation paradoxale, finalement, alors que bon nombre de Français ne souhaitait pas revivre le remake de la présidentielle précédente… ». « L’incertitude domine quant au verdict du second tour de la présidentielle 2022 le 24 avril qui opposera les mêmes qualifiés qu’en 2017. Une situation paradoxale, finalement, alors que bon nombre de Français ne souhaitait pas revivre le remake de la présidentielle précédente… ». Crédit Photos : Thierry BRET et D.R.

Prévisible depuis cinq ans, le scénario révélé au soir du premier tour de scrutin de la présidentielle n’est donc pas une surprise en soi. Tous les pronostiqueurs s’accordaient à penser depuis plusieurs mois que les résultats issus des urnes le 10 avril traduiraient forcément une opposition nette entre cette France au double visage qui prévaut en ce début de vingt-et-unième siècle, les souverainistes du Rassemblement National, ardents défenseurs du patriotisme hexagonal et de la sécurité renforcée d’un côté face aux partisans de la modération, du libéralisme et de l’unité européenne de l’autre incarnés par La République en Marche.

Une France que tout oppose dans les faits et que le futur Président de la République se devra de réconcilier vaille que vaille et dans un souci unificateur dès le 25 avril au matin. Ce sera son chantier initial. Un labeur dur de surcroît et loin d’être facile à  réaliser compte tenu des écarts abyssaux qui existent au niveau idéologique entre ces diverses strates de la population française.

 

 

Un match retour nettement plus serré qu’en 2017…

 

Dans les faits, cette confrontation du deuxième tour présente une affiche qui nous est déjà connue. Celle de 2017 où Marine LE PEN et Emmanuel MACRON s’étaient déjà affrontés à grands coups d’arguments contradictoires pour gagner la suprématie des suffrages. Avec à son épicentre, le fameux débat télévisé où Marine LE PEN commit des impairs, qualifiés de « débutante » en matière de communication et de gestuelles, qui lui furent fatals quelques jours plus tard dans les bureaux de vote.

On se souvient du score de cette première manche qui tourna en faveur radicale de l’actuel locataire de l’Elysée : 66,10 % contre 33,90 % !

Une évidence qui n’est un secret de Polichinelle pour personne : il n’en sera pas de même pour le match retour survenant un quinquennat plus tard. Les informations délivrées par les instituts de sondage qui tâtent au quotidien le pouls du terrain (bien que de nombreux Français n’aient jamais été intégrés dans le moindre panel interrogatif ne serait-ce qu’une fois dans leur existence !) tendent vers ce resserrement inexorable et ténu devant offrir le résultat final, aujourd’hui indécis selon les marges d’erreur de ces fameux sondages. Même dans le cas d’une abstention record de la jeune génération et des déçus de la politique qui s’envolerait vers des pics immémoriaux !

 

 

Une affiche que ne voulait pas bon nombre de Français…

 

En cela, force est de constater que les promesses faites par le candidat de l’époque 2017, soit Emmanuel MACRON, de réduire à la portion congrue les formations de l’extrême de l’espace hexagonal se sont montrées totalement infructueuses.

Pire : les fractures sociales, technologiques, sécuritaires et celles du pouvoir d’achat, galvanisant aujourd’hui les esprits souverainistes des partis à la gauche de la gauche (LFI, Lutte Ouvrière, NPA) et à la droite de la droite (Rassemblement National, Debout la France, Reconquête !), se sont lourdement accentuées.

Provoquant des ondes de choc profondes dans notre société qui sont venues happer les illusions de plus d’un de nos concitoyens au cours de cette dernière mandature.

Un constat sociétal qui a finalement débouché sur la confrontation qui se présente à nous le 24 avril que d’aucun espérait avec un esprit revanchard, que d’autres souhaitaient en imaginant bénéficier du sacro-saint « front républicain » (celui-ci se met petit à petit en place entre les deux tours avec son lot d’incertitudes du côté du report des voix des Républicains ou de La France Insoumise en faveur de l’actuel Président de la République) mais que beaucoup de nos compatriotes ne voulaient pas revivre, au bout du compte. Peut-être par dépit après par rapport à leurs propres analyses du bilan écoulé. Sans doute par envie de voir s’opposer, aussi, dans un souci de « dégagisme », d’autres visages de la politique nationale plus prompts à répondre à leurs aspirations quotidiennes.

 

 

Un verdict où l’abstention et les votes blancs pèseront dans la balance…

 

Aussi, ne devra-t-on pas être surpris de voir s’envoler le nombre de bulletins blancs dans les urnes, au soir de la journée dominicale prochaine si chère aux yeux des suiveurs de la vie politique française et des éditorialistes des chaînes en boucle qui ont de quoi se rassasier durant l’ultime semaine de campagne !

A l’instar des partisans de Jean-Luc MELENCHON (il aura loupé le coche de fort peu pour ne pas créer l’énorme surprise de cette élection), dont 37,65 % d’entre eux ont pris la décision après l’organisation d’une consultation officielle à la demande de leur leader charismatique de déposer un bulletin vierge de tout patronyme le 24 avril. Et encore, pourrait-on souffler en ironisant : ceux-là au moins iront quand même dans les isoloirs ! Ce qui ne sera peut-être pas le cas de tous, si le soleil est au-rendez- vous !

  

Thierry BRET

 

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