Ségur de la santé : la filière du médico-social trinque…

« Face à l’injustice du Ségur de la Santé, des collectifs réunissant l’ensemble des acteurs de la filière du secteur social et médico-social se développement à travers l’Hexagone en demandant la reconnaissance salariale et institutionnelle de ces professions. Des métiers indispensables à l’accompagnement des personnes handicapées qui ont été totalement exclus du dispositif voulu par le gouvernement… ». « Face à l’injustice du Ségur de la Santé, des collectifs réunissant l’ensemble des acteurs de la filière du secteur social et médico-social se développement à travers l’Hexagone en demandant la reconnaissance salariale et institutionnelle de ces professions. Des métiers indispensables à l’accompagnement des personnes handicapées qui ont été totalement exclus du dispositif voulu par le gouvernement… ». Crédit Photos : D.R.

Le « Ségur de la Santé » est-il devenu la montagne qui a accouché d’une minuscule petite souris ? Ou la confirmation, une fois de plus, que rien n’évolue jamais dans le bon sens en ce bas monde !

Pourtant, en amont de l’initiative gouvernementale, tout semblait paver d’excellentes intentions. Reconsidérer, en les valorisant à juste titre, les personnels de la filière sanitaire mobilisés sur le pont de la lutte contre la pandémie durant près de vingt-quatre mois ne pouvait être que louable et très sympathique sur le papier. Surtout que cette reconsidération était synonyme de coups de pouce légitimes sur les salaires.

Oui, mais, à l’annonce du rendu de la copie définitive, l’effet de la douche écossaise éclaboussa celles et ceux de ces professionnels qui espéraient enfin bénéficier d’un petit quelque chose. Ce pécule supplémentaire, se présentant sous la forme d’une prime à hauteur de 183 euros, que certains allaient toucher, à défaut de tous les autres. Les honnis du système, les oubliés de la feuille de route ministérielle, sic !

 

 

La blessure dans l’amour propre des salariés et cadres du secteur est profonde…

 

Celles et ceux qui n’ont pu intégrer les cases de la bonne conscience gouvernementale, sous prétexte qu’ils n’étaient pas concernés par ladite mesure. Drôle de manière de faire valoir les droits à l’équité !

Partant d’un sentiment largement consensuel et partagé par beaucoup en amont, le gouvernement a donc trouvé le moyen de créer de la division, des doutes et des atermoiements, là où il ne devait pas y en avoir, auprès d’une frange de professionnels, notamment ceux qui évoluent sur le registre du pur médico-social et non pas de la santé, au sens étymologique du terme.

Un curieux sens disruptif de l’appréciation sémantique, en vérité, alors que la COVID lorsqu’elle s’est abattue sans crier gare sur telle ou telle personne en France lors de ses pics pandémiques successifs ne faisait pas le distinguo en matière d’interventions sanitaires d’urgence !

Alors, pourquoi cette nouvelle discorde au sein de ce corporatisme, largement éprouvé par deux années de délicates circonstances ? La revalorisation salariale et la reconnaissance pour l’ensemble des professionnels du secteur social et médico-social auraient dû estomper les nombreuses craintes de ces milliers de salariés et cadres de ce secteur du médico-social qui se sentent désormais délaissés. Voire blessés dans leur amour propre.

 

 

Des collectifs se créent pour mieux se faire entendre et crier à l’injustice…

 

Auxiliaires de soins, éducateurs spécialisés, assistantes de direction, personnels administratifs, etc…autant de « rebus » de ce dispositif sociétal novateur sur le papier qui ne leur accordera in fine aucun droits et avantages supplémentaire. Pas même la moindre considération puisque ces personnes sont devenues les invisibles, voire les parias, du système. Les « NEETS » selon le sabir officiel et angliciste de l’INSEE qui catalogue ainsi les exclus du quotidien.

Dès lors, partout en France, se sont organisés à l’appel de ces personnes injustement laissées pour compte sur le bord du chemin des collectifs. Des structures non formelles pour mieux faire entendre leur voix qui regroupent toutes les composantes lésées par ce dispositif anti-fédérateur.

On y retrouve des présidents et directeurs généraux d’associations gestionnaires de centres médico-sociaux agissant sur l’Hexagone ; on y voit converger les professionnels de la filière eux-mêmes ; on y entend aussi les familles de ces enfants victimes de handicaps et de traumatismes, quand ce ne sont pas les personnes handicapées qui s’expriment elles-mêmes sur le sujet !

 

 

Une injustice qui se transforme en schisme entre les corporations…

 

Tous, en appellent à la justice sociale, à la reconnaissance de ces métiers indispensables à l’accompagnement de ces milliers d’enfants, adolescents et adultes ne pouvant se mouvoir ou raisonner seuls dans notre environnement si impitoyable pour les invalides.

Des collectifs qui éclosent çà et là pour pointer du doigt le mal-être des soignants, des aides-soignants, des personnels administratifs, des accompagnants.

Mal-être de l’existence ordinaire devant des conditions de travail de plus en plus précaires et complexes à appréhender, mais aussi mal-être face à la crise des vocations et des recrutements. Qui s’en étonnerait d’ailleurs puisque les métiers de ces filières (le secteur du social et du médico-social) sont payés aux dires de leurs acteurs investis de cette noble mission sociétale à coup de lance-pierre depuis tant d’années !

Bref, au lieu de jouer la carte de l’apaisement, le gouvernement a choisi de créer un schisme, une scission inutile qui n’avait pas lieu d’être dans ce monde si polyvalent et complémentaire de la santé et de son accompagnement en France.

Une différenciation incompréhensible entre le milieu du pur sanitaire, qui percevra bel et bien les accessits de ce Ségur et les autres, les « invisibles » du médico-social, rejetés aux calendes grecques de l’oubli.

Un triste constat qui dès lors mobilisent ces collectifs partout dans le pays autour d’une seule et unique réponse au niveau de l’engagement étatique : que ce dernier revoit sa feuille de route stratégique en assurant l’extension des propositions du Ségur à tous les métiers du secteur social et médico-social, sans aucune distinction.

Une étape obligatoire et nécessaire se rapportant à la revalorisation de ces professionnels qui exercent quotidiennement leur précieux savoir-faire dans l’ombre, au service des personnes vulnérables. Celles qui n’ont jamais voix au chapitre ou presque en ce jour d’élection…

 

Thierry BRET

 

 

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