Dans le cadre de notre développement, nous recherchons des correspondants rémunérés, contacter Thierry Bret 06.20.31.05.53

Désindustrialisation : le réveil, l’agitation et des mensonges ?

C’est un prêté pour un rendu. La réponse du berger à la bergère, avec le romantisme bucolique en moins. Une chose est sûre : les dates des futures échéances départementales et régionales sont à peine connues de tous (les 13 et 20 juin 2021) que déjà les candidats lancés dans la course à la présidence de l’hémicycle de Bourgogne Franche-Comté affûtent leurs armes à grand renfort d’arguments saillants sur tous les sujets mis en lumière par l’actualité.

Ceux-ci n’ont d’autres vocations que de faire mouche pour déstabiliser le plus possible l’adversaire et lui porter l’estocade fatale qui l’éliminerait de manière définitive de la compétition. Et ce, bien avant les deux tours de scrutin lors de prises de parole en réaction à des faits précis !

Parmi les items inéluctables qui s’invitent dans les débats, celui de la désindustrialisation de notre territoire. Un serpent de mer aussi vieux qu’Hérode quant à ses origines mais qui représente un enjeu fondamental à la pérennité de notre économie. Surtout, après les conséquences néfastes qui sont imputables à la crise sanitaire et ce besoin d’indépendance, voire d’autonomie, à retrouver au plus vite dans l’appropriation locale de produits de première nécessité.

La thématique que personne ne peut contester vis-à-vis de l’intérêt de son questionnement vient donc de s’inviter cette semaine dans ces joutes contradictoires par le prisme de communiqués de presse successifs.

Confirmant de facto l’opposition en règle entre deux politiques divergentes qui traduisent dans les faits que l’unité territoriale, un vœu pieu parfois souhaité par bon nombre de nos concitoyens de la société civile, n’est donc pas envisageable pour demain !

 

2 200 emplois industriels menacés de disparation à l’heure actuelle

 

Qu’en est-il précisément à la lecture de ce dossier ? D’un côté, le Rassemblement National qui a décoché la première banderille contestataire, dénonce par la plume de son leader médiatique Julien ODOUL l’abandon de l’Etat et le désintérêt de l’exécutif régional sur le nécessaire besoin de relocaliser l’activité industrielle en Bourgogne Franche-Comté.

Les faits étayés par le président du groupe RN sont les suivants : dans le cadre du plan de relance, le gouvernement a annoncé que le nombre de programmes de relocalisation soutenus par l’Etat était à l’équivalence de 65 initiatives, déployées partout dans l’Hexagone.

Or, l’élu de l’Yonne déplore que « seulement deux projets seront soutenus sur notre territoire ». Un manque d’ambition flagrant selon le représentant du parti bleu marine, qui « démontre le désintérêt manifeste de l’exécutif socialiste de la région pour l’industrie».

Et de rappeler que notre contrée a subi de plein fouet l’abandon de l’Etat de toute politique industrielle et ce, depuis fort longtemps.

Chiffres à l’appui, Julien ODOUL égrène les plans sociaux actuels, prétextés par la crise sanitaire qui menacent les entreprises de la région : KONECRANES, LMT BELIN, SKF, MBF Aluminium ou encore GENERAL ELECTRIC.

Entre 2006 et 2015, les dix territoires les plus industrialisés de Bourgogne Franche-Comté ont perdu la bagatelle de 29 000 emplois industriels ! Deux mille deux cents salariés vivent aujourd’hui dans l’angoisse avec une épée de Damoclès au-dessus de leurs têtes car leurs postes sont remis en cause.

« Nous ferons de la relocalisation industrielle l’une des priorités pendant le prochain mandat régional, conclut le porte-étendard du Rassemblement National. Dont acte.

 

Un fonds de relocalisation doté de 20 millions d’euros pour répondre aux besoins…

 

Dès le lendemain de cette escarmouche, la présidente de l’organe régional Marie-Guite DUFAY répondait du tac au tac au conseiller de l’opposition. Sans fioritures mais en faisant part de sa profonde surprise sur l’objet « infondé » de ces attaques.

« Cette prise de position est plutôt étonnante, écrit-elle, quand on sait que le RN n’a pas voté le vaste programme destiné à accompagner la relance économique de notre territoire, soit une enveloppe de 540 millions d’euros… ».

L’élue de Franche-Comté insiste un peu plus loin dans le texte en précisant que de nombreux dispositifs vertueux, novateurs et inventifs ont ainsi été déployés. A l’instar du fonds de relocalisation régional.

Soit 20 millions d’euros qui ont pour double effet de permettre de nouvelles implantations d’entreprises sur notre territoire et d’accompagner la modernisation de sites industriels en déclin de compétitivité. Donc, en risque d’être délocalisés dans un proche immédiat.

« Une mesure où le Rassemblement National a encore une fois voté contre sa mise en place, souligne la présidente de la Région.

Au plan comptable, une dizaine d’entreprises ont déjà bénéficié de subventions régionales à cet égard : c’est le cas d’EMCO France qui relocalise à Dampierre dans le Jura 100 % des fabrications spécifiques de tapis d’entrée jusque-là conçus en Allemagne ; ANTOLIN à Besançon où l’équipementier automobile conforte son implantation au lieu de la transporter à l’étranger ; MDA à Avoudrey (Doubs) un acteur économique qui intervient dans la conception d’articles de maroquinerie et enfin, dans l’Yonne, la société PREMIER TECH, à Senan.

Cette dernière doit investir pour internaliser la fabrication de certains équipements destinés au marché de l’assainissement collectif et préserver ainsi vingt-deux emplois.

En conclusion, pour Marie-Guite DUFAY, c’est clair : « Julien ODOUL se réveille, s’agite mais ne propage que des mensonges ! ».

Puis d’ajouter en conclusion que « 110 projets industriels sont accompagnés en Bourgogne Franche-Comté à hauteur de 80 millions d’euros dans le cadre du plan « France Relance », qui engendre une concertation permanente entre l’Etat et la Région… ».

Ce qui fait en résumé que notre territoire est le premier à être le plus accompagné au niveau national puisque qu’il capte 9 % des projets industriels et plus de 7 % du montant total des aides.

On le voit aux termes de ces deux exposés contraires : la bataille de la désindustrialisation régionale au plan stricto sensu politique nous promet encore de belles passes d’armes au cours des semaines et mois à venir ! Pourvu qu’elles soient profitables in fine aux seuls industriels et à leurs salariés !

 

Thierry BRET

 

 

Articles

Bannière droite accueil