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Régionaliser le centre 15 : une hérésie de technocrates ?

L’idée en soi est proprement insupportable à l’entendement commun. Inacceptable, même ! Vu de l’Yonne, mais aussi de la Nièvre voisine qui en subirait des conséquences similaires. Néfastes, bien évidemment !

Celles d’une paupérisation accrue et sans retenue de la présence médicale qui démontre au quotidien toutes ses limites depuis bientôt un an avec l’apparition de ce coronavirus de malheur.

Comment à l’heure de ce désir de proximité à tout crin de la part de nos concitoyens, du développement des circuits courts tant au niveau du besoin alimentaire que des liens administratifs à renforcer coûte que coûte autour de nous pour gagner en efficience, peut-on imaginer une seule seconde la suppression du Centre de réception et de régulation des appels d’urgence du SAMU, basé à Auxerre ?

Faut-il vivre sur une autre planète hors de notre système solaire ou être déconnecté de la réalité du terrain pour ne pas prendre en compte tous les impératifs sociétaux et sanitaires que cela engendrerait si une telle décision aussi arbitraire et illogique était appliquée d’ici quelques mois !

La récente adhésion, à l’unanimité, du conseil municipal de la localité périphérique d’Auxerre, APPOIGNY, à vouloir rejoindre le collectif d’élus qui se mobilise depuis décembre bec et ongles pour conserver ce service médical dans l’Yonne relance le dossier parmi le sérail politique.

Un débat qui pour l’heure est totalement occulté des priorités citoyennes du fait de la présence empirique de la pandémie et de sa campagne de vaccination pour y faire face.

Mais, que l’on ne se méprenne pas sur les intentions réelles des partisans de ce transfert de compétences sanitaires vers la capitale de la Bourgogne Franche-Comté en 2022 au nom de la maîtrise économique : tôt ou tard, le sujet refera immanquablement surface tel un hideux serpent de mer.

 

 

Vers une solution alternative favorable aux habitants de l’Yonne ?

 

 

Pour l’heure, l’Agence régionale de Santé (ARS) écarte toute idée d’accélérer le processus qui mènerait à l’application définitive de ce sujet. La priorité des priorités se situe ailleurs. Dans la gestion au quotidien de la crise sanitaire qui est très loin d’être terminée.

De leur côté, les élus de l’Yonne ne perdent pas le fil de la mobilisation générale pour tenter de contrecarrer ce transfert de compétences vers Dijon qui aurait des répercussions incommensurables sur leurs administrés.

Voire de proposer des solutions alternatives qui soient profitables aux habitants de ce territoire. Comme la mutualisation du centre 15 avec le centre d’appels du SDIS, le Service départemental d’Incendie et de Secours.

Non seulement, c’est le centre de réception et de régulation des appels d’urgence du SAMU qui est directement impacté par ce projet régional de santé qui s’inscrit parmi les grands axes de réflexion de l’ARS ; mais en outre, il est aussi question de supprimer l’hélicoptère du centre hospitalier auxerrois.

Peut-on décemment envisager l’élimination de ce moyen de transport aérien basique mais ô combien salvateur dans le cas d’interventions urgentes ? On croit rêver alors que nous sommes au XXIème siècle, à l’heure des progrès technologiques dont certains sont obtenus en nanosecondes !

 

Ne pas laisser s’accroître le terreau de la désertification médicale…

 

Devant cette injustice d’une future application des possibilités thérapeutiques à deux vitesses selon que l’on réside dans une grande métropole ou que l’on vive dans un territoire semi-urbain et semi-rural un peu éloigné (c’est le cas de la Nièvre et de l’Yonne), les élus ne décolèrent pas.

Tous, et quel que soient leurs obédiences idéologiques, fustigent cette suprématie technocratique qui nous condamne à nous adapter tant que bien mal à des décisions prises dans les alcôves de la gouvernance.

Rejoints dans leur combat par les acteurs de la santé qui poussent eux aussi des cris d’orfraie devant ces choix stratégiques inadaptés, ils en appellent désormais à l’ensemble des citoyens à soutenir comme un seul homme ce collectif de défense des urgences et des secours de notre département.

Le 18 décembre dernier, plusieurs élus de l’Yonne s’engageaient en créant ce collectif de défense pour rétablir les droits sanitaires de notre territoire.

Il s’agissait du député de la première circonscription Guillaume LARRIVE, de Patrick GENDRAUD, président du Conseil départemental, du président de l’Agglo de l’Auxerrois et maire d’Auxerre Crescent MARAULT, ou encore de Christophe BONNEFOND, vice-président du Département et président du SDIS 89.

Beaucoup d’autres les ont rejoint depuis puisque deux cents collectivités de l’Yonne à ce jour soutiennent l’initiative en refusant de laisser s’accroître ce terreau favorable à la désertification médicale.

L’après crise de la COVID-19 débouchera nécessairement sur une nouvelle passe d’armes entre les différents protagonistes de ce délicat dossier, loin d’être bouclé en vérité. La santé n’a pas de prix : il ne faudrait pas que les habitants de l’Yonne et de la Nièvre, déjà éprouvés par le traumatisme du coronavirus, se sentent lésés avec la suppression de ces services vitaux de proximité !

 

Thierry BRET

 

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