Municipales : en finir avec le cauchemar du second tour…

Il semble bien que cette fois-ci, cela soit la bonne ! Après moult péripéties et atermoiements en tout genre, le gouvernement a enfin arrêté la date du second tour de ces interminables élections municipales.

Une série aux contours nébuleux et tentaculaires digne des « Feux de l’Amour » qui arrivera enfin à son terme. Si et seulement si, les conditions sanitaires inhérentes à la propagation du coronavirus l’autorisent le dimanche 28 juin.

Plusieurs hypothèses avaient circulé au préalable dans les alcôves de l’Hôtel de Matignon, avant que le Premier ministre Edouard PHILIPPE ne tranche définitivement la question.

Repoussées initialement au mois de juin, puis évoquées sur celui-ci de juillet avant une nouvelle probabilité prévue à l’automne en septembre et octobre où surgissaient à la surface les deux tours de l’échéance, les élections municipales furent même envisagées durant un temps au début de l’année prochaine.

Le mois de janvier 2021 avait été biffé sur certains agendas ministériels en dernier recours de la persistance accrue de la pandémie dans nos rues. C’est vrai : le premier mois de l’année est propice à l’organisation de ce type de concertation grand public au vu de sa météo, c’est bien connu !

 

Les électeurs seront-ils mobilisés le 28 juin ?

 

Finalement, après une kyrielle de circonvolutions et de prises de tête administratives à la française, le chef du gouvernement a fait le choix d’arbitrer et de clore les débats qui ont animé la sphère politique nationale durant plusieurs semaines. Autour d’une thématique se situant, il est vrai, aux antipodes des priorités élémentaires des Français en ces jours sombres même si la démocratie doit triompher de l’adversité.

Qu’importe finalement : le second tour de ces élections qui demeureront dans les annales des politologues par leur côté logistique inhabituel se tiendra bel et bien le dimanche 28 juin.    

Pour autant, ce ne sera pas aussi simple à réaliser dans la pratique. Sans omettre que côté mobilisation, les électeurs des cinq mille agglomérations et grandes villes de l’Hexagone concernés par ce scrutin ne sont pas sûrs d’être présents en masse au rendez-vous.

Il suffirait que le soleil soit de la partie pour donner une irrésistible envie à ces Français sortis du confinement, privés de plages et de plans d’eau, de liberté et de mouvements, de vouloir respirer une grande bouffée d’air pur bien au-delà des cent kilomètres autorisés !

L’organisation du premier tour, le dimanche 15 mars, dès les prémices de la crise sanitaire sans précédent que nous avons connue, avait déjà des failles dans sa formulation logistique : cela a laissé des traces indélébiles dans les mémoires de nos concitoyens.

 

Ce sera un scrutin avec masque obligatoire !

 

Bon nombre d’assesseurs s’étaient fait portés pâles à quelques heures du vote. D’autres ont eu beaucoup moins de chance en devenant les victimes collatérales du coronavirus qui s’est répandu entre l’urne et les isoloirs malgré les gestes barrières et les mesures de distanciation physique déjà préconisées à l’époque.

Sans compter les électeurs eux-mêmes, voire certains candidats, qui n’ont pu passer à travers les mailles de ce filet malgré les protections. En sera-t-il de même lors de ce second tour ?

L’avis des scientifiques a été consulté. Personne n’y trouve rien à redire du moment que les gestes barrières et les mesures de protection usuelles soient respectés.

Le ministre de l’Intérieur Christophe CASTANER l’a d’ailleurs claironné à qui voulait l’entendre : ce second tour se fera masqué ou ne se fera pas ! Dont acte !

 

Les avis divergent entre les candidats…

 

Bien sûr, il demeure encore de nombreuses incertitudes quant à l’organisation de la campagne devant précéder obligatoirement ce vote. Et là, l’Union nationale de la sphère politique a une fois de plus volé en éclats !

Il y a les partisans du vote électronique. Il y a ceux qui choisissent de faire campagne comme si de rien n’était à l’extérieur. D’autres sont totalement opposés à la tenue de ces municipales le 28 juin pour des considérations partisanes en considérant qu’il y aura des déséquilibres flagrants entre les candidats.

Plusieurs réclament la réorganisation des deux tours de scrutin à l’automne jugeant que l’intervalle entre mars et juin fausse la donne.

Enfin, il y a ceux qui fustigent la décision prise par le gouvernement en lui demandant d’annuler sine die les deux tours, et de facto les résultats déjà obtenus dès le premier rendez-vous électoral, pour tout recommencer à zéro en 2021 dans des conditions adéquates…

Bref : ce n’est plus une élection, c’est un véritable cauchemar pour l’Etat qui souhaite en finir au plus vite avec ce maudit scrutin programmé bien malgré lui au plus mauvais moment de cet inoubliable calendrier 2020 !

Thierry BRET

 

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