Ensemble à 100 % : les couples y survivront-ils ?

Pour certains, cette période de disette de vie sociale, économique et culturelle aura été synonyme de retrouvailles agréables et amoureuses. D’autres, en revanche, attendent avec vive impatience un retour à la normalité pour reprendre la clé des champs. Voire la poudre d’escampette, loin de leurs obligations maritales !

Pour tous, une chose est sûre : les mesures exceptionnelles propres à cet épisode de confinement hors normes auront été prétextes à redécouvrir l’autre avec laquelle/lequel on partage son existence. Sans doute avec un regard tout neuf. Ou en ayant fermé les yeux sur les travers de son/sa conjoint(e), selon les cas.

Au-delà des interdits et autres restrictions qui contraignent le quotidien de chacun d’entre nous jusqu’aux moindres de ses faits et gestes, cette mise entre parenthèses forcée s’avèrera in fine très passionnante. A plus d’un titre.

Elle aura permis à celles et ceux qui vivent en couple de s’immerger bien au-delà des convenances habituelles au gré du partage des tâches familières, de la gestion de la progéniture ou du simple fait de cuisiner ensemble en famille.

D’ailleurs que l’on ne s’y trompe point : il n’y a jamais eu autant de rendez-vous culinaires déclinés sur les chaînes de la télévision française que depuis le début de cette quarantaine à tacite reconduction bimensuelle.

Les chefs y vont de leurs recettes gourmandes à concevoir en toute simplicité avec les moyens du bord et des ingrédients choisis à la sauvette. A les regarder faire, ce serait presque un jeu d’enfant que chacun peut tester depuis chez soi dans sa cuisine, les yeux rivés sur l’écran du téléviseur.  

L’apport des réseaux sociaux et des techniques audiovisuelles est en cela formidable. Alors que beaucoup les croyaient à la solde de l’individualisme pur jus, ils facilitent ce nécessaire rapprochement entre les hommes. C’est l’un des versants positifs de cet enfermement, bien malgré soi. Car, il accentue le lien familial qui soude les uns et les autres, face à l’adversité.

 

Vivre en vase clos avec l’être cher est-il facteur de risques ?

 

Mais, attention, toute médaille possède son revers, c’est bien connu. Il ne serait pas étonnant qu’au terme de plusieurs semaines de cet étrange retranchement dans leurs quatre murs, des couples volent en éclat !

Déjà, quelques statistiques alarmistes nous arrivent de l’étranger. Elles corroborent les premiers doutes que l’on pouvait avoir sur la question.

Dans la ville de Wuhan, berceau de ce coronavirus à la propagation si meurtrière, le retour à la normale ne se vit pas de la manière la plus idyllique qu’il soit pour celles et ceux qui ont été pourtant confinés ensemble durant huit longues semaines.

Les demandes de divorce pullulent. Et les dossiers s’entassent pêle-mêle sur les bureaux des avocats qui ne savent plus par quel bout commencer dans le traitement de ces affaires de famille !

Le taux de séparation concernerait déjà 38 % des couples légitimes de la ville (!) ; à croire que les Chinois se sont sentis à l’étroit dans leur univers claquemuré.

Mais, ailleurs, la vie à deux ne semble pas aussi évidente qu’elle en a l’air. La Tunisie annonce elle-aussi une forte proportion de demandes de divorce à la suite de cette pandémie qui commet des ravages collatéraux très importants dans les relations à vivre à deux.

En Israël, certains psychologues tirent là-aussi la sonnette d’alarme : le confinement et la privation de libertés engendreraient des conséquences durables et néfastes pour les hymens. Bref : de vivre en vase clos avec l’être cher comporterai-il sa part de risques pour la pérennité du couple in fine ?

Une autre facette de cette promiscuité non voulue et que nul ne peut ignorer aujourd’hui se rapporte aux couples en total désaccord, et ce depuis longtemps. A ce titre, les forces de l’ordre, gendarmerie comme police nationale, restent sur le qui-vive dans l’approche systémique de ce délicat chapitre.

Les violences conjugales voient leur courbe s’accroître à la vitesse de la lumière. Là-aussi, les chiffres ne prêtent guère à l’optimisme. Entre 28 et 32 % de hausse sur le sol français. Où, cependant, de nouvelles initiatives gouvernementales sont prises pour tenter de juguler l’impossible. Avec discrétion et sûreté pour celles qui en subissent les coups et leurs conséquences.

Saluons, donc, la création de ce code spécifique à faire connaître aux professionnels des officines de pharmacie. Baptisé « Masque 19 », ce précieux sésame glissé à l’oreille du pharmacien déclenchera alors toute une série de mesures sériées et appropriées pour que la victime de violences conjugales ne demeure pas seule face à ces inéluctables problématiques existentielles de vie à deux.

Positif ou négatif : ce retour d’expérience à la relation binaire ne laissera personne indifférent une fois la sortie de crise venue. Il sera toujours temps, après coup, d’en tirer tous les enseignements. Pour le meilleur ou pour le pire…

Thierry BRET

 

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