Le coronavirus tue l’innocence : elle venait d’avoir 16 ans…

Effroyable nouvelle que celle-ci. Diffusée à l’heure du petit déjeuner en cette printanière journée du vendredi 27 mars. A vous dégoûter à jamais d’avaler la moindre goutte de thé ou de café. A recracher sur le champ le morceau de pain, enduit de confiture maison, faisant office d’en-cas matinal.

Un visage radieux, celui d’une adolescente, rayonnante de bonheur et pleine de vie, s’élargit petit à petit sur l’écran de télévision. Celui de Julie. Jolie jeune fille qui a été arrachée trop tôt à une existence si prometteuse et joyeuse. Sordide et pathétique, à la fois.

L’auteur de ce drame atroce n’est pas l’œuvre d’un sinistre criminel. L’un de ceux qui fait régulièrement la « une » de ces tabloïds de seconde zone. En quête de sa folie meurtrière compulsive au détour de pérégrinations qui le mène à assouvir ses actes ignobles aux quatre coins de l’Hexagone. D’une bassesse d’un autre âge.

Pris dans la nasse de la police, il n’échapperait pas à la justice rendue par les hommes. Du moins, l’espère-t-on. Condamné, l’assassin aurait de quoi ruminer longuement sur sa piteuse et morne existence lors d’une peine carcérale à durée incompressible dans la noirceur d’une geôle.

Mais là, le coupable de ce crime odieux, celui de l’innocence foudroyée en pleine croissance de la jeunesse, ne sera jamais puni. Et l’on s’en prend à haïr ce monde sans foi ni loi qui prive ainsi de vie une demoiselle qui avait toute l’existence devant elle pour s’épanouir dans la réussite. La tête emplie de certitudes et de rêves, d’espérances et de projets.

« Et si en plus y’a personne » s’interrogeait d’une voix mélancolique mais un tantinet philosophe Alain SOUCHON en 2005, faisant part de ses doutes sur l’existence de Dieu. De tous les dieux que vénèrent les hommes, et ce quel que soit leur religion…

Car à l’annonce de cette funeste dépêche, à l’instar de celles que nous relaient à longueur de ces tristes journées l’ensemble des médias depuis plusieurs semaines, comment ne pas s’interroger sur la divine présence en sondant au plus profond de son âme ? Mais, là n’est pas vraiment la question. Personne, par ailleurs, ne possède les réponses.

 

 

L’humanité entre grandeur d’âme et vile représentation…

 

En cet instant précis, la perte de cette jeune fille infectée par ce coronavirus est totalement insupportable à la pensée. Même si les exégètes en la matière soliloquent, parfois avec désinvolture, devant les caméras qui tournent en boucle pour affirmer et réaffirmer encore et encore, graphiques à l’appui, que la pathologie de ce coronavirus si virulent n’affecte au plan de la mortalité qu’une large majorité de seniors. Soit à peu près 85 % de cette frange de la population. A croire que ces derniers auraient même fait déjà leur temps en ce bas monde.

Comme l’a témoigné en direct un sinistre abruti au micro radiophonique de Jean-Jacques BOURDIN (RMC/BFM) en début de semaine. L’infâme interlocuteur a bien signifié son opposition à tout confinement économique du pays, étant un professionnel de la route qui avait des livraisons à assurer coûte que coûte, que la mortalité vertigineuse des anciens ne le concernait pas le moins du monde et qu’il avait une existence à vivre en parfait égoïste qu’il était.

Malheureusement, des exemples de cette trempe, il s’en produit chaque jour. Démontrant que l’humanité si, elle possède ses grandeurs d’âme dont ce personnel soignant dévoué à la perfection dans le respect du serment d’Hippocrate, prêt à donner de leur vie pour sauver celles des autres, n’en possède pas moins ses obscurs représentants. La lie de la société, telle est la formule.

 

Avoir du respect envers l'autre en n’importe quelle circonstance…

 

Celles et ceux qui profitent du malheur d’autrui pour arnaquer du mieux possible son prochain sur les réseaux sociaux en leur vendant n’importe quel produit miraculeux à des tarifs prohibitifs.

Celles et ceux qui osent voler de précieux masques de protection et du gel hydro-alcoolique qui ont pour objectif de préserver la vie des soignants et des praticiens afin de se constituer des stocks à n’en plus finir chez eux.

Celles et ceux qui profèrent des menaces de mort à l’adresse du professeur Didier RAOULT, parce que ce dernier, iconoclaste et décalé dans sa sphère professionnelle, prône les vertus de la chloroquine pour tenter de trouver la solution adéquate à cette pandémie qui emporte tout sur son passage.

Celles et ceux qui insultent les forces de l’ordre, ces derniers agissant dans la bienveillance de sécuriser les inconscients stupides qui continuent encore à sortir malgré le confinement à la recherche dont on ne sait quoi.

Celles et ceux de ces voisins acariâtres et nauséabonds qui intimident par courriels anonymes évidemment les personnels de santé vivant près de chez eux pour qu’ils ne fréquentent plus leurs quartier sous peine de contamination générale.

Celles et ceux de ces décervelés qui ne croyaient pas à l’existence expansionniste de cette épidémie dès le début et qui continuaient à serrer les mains et à faire des bises au tout venant durant des semaines en se gaussant de cette plaisanterie…

Peut-être qu’en ce jour maudit, celui de la perte de cette âme innocente, la première arrachée des siens à l’âge de 16 ans par cette immonde saloperie, prendrez-vous enfin conscience de la réalité des choses. Et du respect que vous devez à autrui en n’importe quelle circonstance.

Le renouvellement de quinze jours supplémentaires de la période de confinement jusqu’au 15 avril vous y aidera sans doute…Du moins, peut-on l’espérer.

 

Thierry BRET

 

 

 

 

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