Les véhicules autonomes, une avancée positive pour la société : et si l’Yonne candidatait pour une série de tests ?

« Profitant du Salon AUTONOMY de Paris, la Communauté d’intérêt MOVIN’ON portée par la MACIF et une douzaine de grandes entreprises ont dévoilé le rendu de leur rapport consacré au déploiement et à l’utilité des véhicules autonomes. La mobilité inclusive et durable, nouvel enjeu de société ? ». « Profitant du Salon AUTONOMY de Paris, la Communauté d’intérêt MOVIN’ON portée par la MACIF et une douzaine de grandes entreprises ont dévoilé le rendu de leur rapport consacré au déploiement et à l’utilité des véhicules autonomes. La mobilité inclusive et durable, nouvel enjeu de société ? ». Crédit Photos : Jimmy HAMELIN et D.R.

Première étape des actions menées par la Communauté d’intérêt MOVIN’ON pour faire du véhicule autonome une réalité, le rapport issu de ses travaux a été rendu public lors du Salon AUTONOMY à Paris. Deux autres axes prioritaires, portés par ce groupement à l’initiative de la MACIF et une douzaine de grandes entreprises, devraient suivre : l’analyse de la mobilité dans les territoires ruraux et périurbains et une phase d’expérimentation dès 2022…

 

PARIS : Profitant d’une conférence de presse donnée au Salon AUTONOMY à Paris (les 19 et 20 mai derniers), la Communauté d’intérêt « MOVIN’ON » a fait part de ses analyses sur les travaux consacrés au véhicule autonome et à sa réalité, loin d’être virtuelle.

Convaincue que ce moyen de locomotion partagé pourrait être une solution enviable permettant de favoriser la mobilité inclusive et durable, notamment dans les territoires ruraux et périurbains, la MACIF devait lancer courant 2019 cette entité où se sont agrégées depuis une douzaine d’entreprises dont GROUPAMA, FAURECIA, MICHELIN, MICROSOFT, VINCI, ORANGE ou encore la SNCF.

L’objectif de ce groupe de travail est de déployer des solutions de véhicule autonome au sein de MOVIN’ON qui réunit au niveau planétaire les entreprises, les villes, les pays mais aussi les citoyens désireux de faire avancer la mobilité durable.

La cellule de réflexion a engagé un certain nombre de travaux sur une période de douze mois visant à appréhender les dimensions environnementales, sociales, économiques, juridiques et politiques du véhicule autonome.

Pilote des travaux de la Communauté d’intérêt, Yann ARNAUD, directeur réponses besoins sociétaires et innovation de la MACIF, résume la philosophie de ce vaste chantier : « Si demain, le véhicule autonome peut redonner de la mobilité à celles et à ceux qui en sont privés, de partager un bien, de moins peser sur l’environnement et de remettre de la vie et de l’activité dans les centres villes, alors ce sera une réelle avancée positive pour la société… ».

 

Une réflexion explorant une mobilité plus durable et plus inclusive…

 

Ainsi, à titre d’exemple, la navette autonome partagée serait l’un des vecteurs de cette mobilité pouvant désenclaver les territoires, accélérer la transition écologique et surtout faciliter les déplacements des populations, aidant notamment à un meilleur accès à l’emploi.

Parmi les constats et recommandations essentiels qui découlent de cette étude intéressante, quatre axes majeurs y ont été répertoriés.

 

 

Primo, les travaux de la Communauté d’intérêt montrent la nécessité de penser le développement des véhicules autonomes à partir des besoins des publics exclus de la mobilité. Conséquence : le déploiement du véhicule autonome ne s’établirait pas en concurrence de l’automobile traditionnelle mais en complément de celle-ci dans les territoires ruraux et périurbains. Les développer inciterait à la mobilité optimale des seniors ou des personnes victimes d’un handicap ainsi que les déplacements des habitants de zones périphériques et rurales qui restent dépendants de la voiture et n’ont pas ou peu d’accès à des transports collectifs. Cela concerne environ 15 millions de nos concitoyens dans l’Hexagone !

Résoudre l’équation de la mobilité (le « droit des droits » selon le sociologue Eric LE BRETON) solutionnerait sans doute les problématiques liées à l’insertion sociale, l’accès à l’emploi, à la santé, à l’éducation, à la culture, aux loisirs.

 

Seulement 6 tests réalisés sur des zones à faible densité de population…

 

Second volet analytique de ce rapport : celui de la mobilité durable. L’étude souligne la forte incertitude qui demeure quant à l’impact environnemental des véhicules autonomes. Tout dépendra de la volonté de l’Etat à favoriser à l’avenir une mobilité collective et la plus partagée possible. Un enjeu majeur pour contenir, voire réduire les émissions de Co2 puisque 29 % de ces rejets nocifs à la planète sont imputables aux transports en France.

Tertio, le rôle des territoires est prépondérant. Le rapport insiste lourdement sur l’importance d’associer les collectivités locales (gestionnaires des voiries, garantes de l’ordre public et pourvoyeuses des services régulant la mobilité) aux expérimentations technologiques et à la stratégie nationale de développement des véhicules autonomes.

Précisons que depuis 2015, si plus de 120 expérimentations se sont déjà déroulées dans le pays, seulement six d’entre elles l’ont été dans des zones peu denses. Là où précisément les besoins de mobilité autonome y constitueraient pourtant un véritable progrès servant l’engagement des élus…

 

 

Les premières expérimentations grandeur nature prévues en 2022…

 

Dernier item fondamental pour la Communauté d’intérêt : le sens de la technologie. Un axiome élémentaire qui donne la priorité à une réflexion sur le sens et les effets induits de l’émergence du véhicule autonome. Jusqu’ici, les acteurs de ce secteur ont majoritairement privilégié une approche technologique de cet objet. Sur cent mille publications scientifiques consacrées au véhicule autonome, seulement 185 se rapportent à son impact tangible sur la mobilité.

S’interrogeant sur le droit, la mobilité inclusive et durable, les modèles d’affaires, les données, l’assurance, l’acceptabilité ou encore les politiques publiques, les travaux de l’entité ont permis d’identifier et de recenser les controverses non-techniques qui entourent le véhicule autonome.

Cette démarche pose dans les faits les fondations essentielles à la réussite du déploiement de ce mode de locomotion dans le futur.

Avant le terme de l’année, il sera judicieux d’identifier ceux des territoires ruraux et périurbains de notre pays qui seront alors susceptibles d’accueillir les futurs véhicules autonomes et préparer ainsi une phase d’expérimentation.

Dès 2022, l’idéal sera de tester dans une zone à faible densité un modèle de véhicule autonome pouvant être répliqué ailleurs. Et si le département de l’Yonne qui en comporte quelques-unes de ces zones peu denses se portait candidat à ce test grandeur nature aux retombées nationales ?

 

Thierry BRET

 

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